The Walking Dead RPG

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- /!\ Le meilleur ami de l'Homme -
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MessageSujet: /! Le meilleur ami de l'Homme   Lun 18 Déc 2017 - 11:56
Ils n’étaient sortis que tous les deux cette fois. Impossible de nier qu’ils en avaient besoin. Depuis la dernière fois, avec Mark, leurs vies s’étaient comme… effritées. Swann se souvenait de ce délicieux entredeux, après le séisme mais avant l’arrivée de l’ex-mari. Il avait sincèrement été heureux à ce moment-là ; en dépit de ce qu’il avait fait à Evelyn, en dépit de ceux qui le raillaient plus encore. Jamais il n’aurait imaginé que sa relation avec Joann puisse l’entraîner dans une telle spirale. Mais il devait y croire, pas vrai ? Alors qu’il posait ses yeux gris sur sa silhouette, il voulait croire que désormais, ça irait mieux. Ils allaient pouvoir vivre leur amour atypique, sans se préoccuper des médisants au QI d’huître trisomique, sans s’accrocher au souvenir morbide d’un homme torturé dans une bibliothèque.

Ils avaient pu avoir une petite voiture mais n’envisageaient pas pas d’aller plus loin qu’Hawley. L’idée était toujours de rapporter des utilitaires qui n’étaient jamais de trop en hiver : couvertures, oreillers, vêtements chauds ; sans compter de la vaisselle neuve, des outils, bref. Tout ce qui aidait à améliorer leur quotidien hormis les ressources élémentaires. A peine avaient-ils distancés la barricade en bonne voie de reconstruction que l’étudiant confia :

- Enfin… ça fait du bien de ne plus… enfin… d’être que tous les deux.

Car il était malheureusement devenu difficile d’avoir un tête-à-tête sur le camp. Déjà parce qu’ils vivaient avec Joy qui semblait prendre un malin plaisir à les empêcher de vivre leur intimité ; et même à l’extérieur, la crise de l’escort-girl à la fête de Stanley n’avait pas persuadé tout le monde de les laisser tranquille. Ils ne pouvaient plus vraiment exister sans un commentaire, une remarque ou une plaisanterie mal placée. Même pour quelqu’un comme Swann, habitué à laisser couler sans faire montre d’une émotion, ça commençait à devenir très lourd. En même temps : qui ne serait agacé de vivre entouré d’une bande de crétins ?

- Tu sais…, poursuivit-il en abordant un virage dans une route forestière, ces derniers jours, j’en suis venu à me dire des fois que… peut-être… peut-être qu’on a plus notre place là-bas, il marqua un silence ; c’était un aveu énorme, surtout quand on connaissait sa ferveur sa appliquer les ambitions du sénateur, je veux dire… je crois en tout ce que j’ai dit, tout ce qu’on a déjà fait, tout ce qu’on pourrait faire… mais pour la majorité, ils sont trop stupides. C’est comme donner l’arme nucléaire à des poulets et s’attendre à ce qu’ils dominent le monde, il n’y avait bien qu’à Joann qu’il pouvait confier ça, mais il se rattrapa avec un sourire un peu gêné, les mains sur le volant, enfin, j’y ai juste pensé deux ou trois fois mais… c’est stupide. On ne sera jamais mieux que là-bas.

Une fois de plus, il la regarda à la dérobé. En fait, il aurait dû la laisser conduire, parce qu’il mourrait d’envie de la contempler. Tout le temps, à chaque instant. Comme s’il n’avait pas pu le faire ces dernières semaines et qu’il devait se réabreuver de son image. Elle était belle. Malgré tout ce qu’ils avaient traversé, bien qu’ils aient été rapprochés, qu’ils ne ressentent plus cette barrière invisible entre eux… elle restait sa magnifique et charismatique Joann. Sans doute l’était-elle plus encore maintenant qu’elle était libre des chaînes qui l’entravaient encore.
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Joann Cain
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MessageSujet: Re: /!\ Le meilleur ami de l'Homme   Lun 18 Déc 2017 - 14:21


Le meilleur ami de l'Homme  
Ft Swann
L'impression que son crâne allait exploser était omniprésente au Fort, la même chose d'ailleurs au sein de la baraque. Joy était au courant, ce n'était pas pour autant qu'elle cessait de les emmerder à longueur de temps, mais en un sens, Joann préférait ça au silence morbide, tout comme aux haussements de voix, dont avait été victime la gamine suite à leurs aveux. Les choses reprenaient peu à peu leur cours normal, du moins si on retirait de sa tête les images sordides qui s'y accumulaient parfois. Ça, couplé aux assauts incessants des idiots du « village », terminait par lui taper sur le système alors, quand l'occasion de filer en duo s'était présentée, Joann n'avait clairement pas craché dessus. La Canadienne avait besoin de ce moment particulier, et peu importait les macchabées qu'ils pouvaient croiser d'ailleurs, le simple fait d'être au calme avec la seule personne capable de la comprendre - et réciproquement -, suffisait à apaiser les tensions. Certes ce ne serait guère une balade de santé, ni même une promenade qu'un couple moderne pouvait s’octroyer pour passer le temps, mais avec lui les choses semblaient plus simples même si, de toute évidence, rien ne serait jamais plus semblable à ce qu'ils avaient vécu après le séisme.

Les yeux rivés sur l'asphalte qu'avalaient les pneus de la bagnole, Joann songea à ce qu'il serait possible de ramener du raid. De tout et de rien, ce qu'ils trouveraient, en un sens ce qui, bien qu'elle s'en cognait, dès lors qu'ils se suffisaient à l'un l'autre et qu'ils avaient de quoi voir venir, leur permettrait de gagner des points auprès des autres. Ces enfoirés de basse classe pouvaient bien baver sur leurs dos, en attendant, qui se remuait encore pour subvenir à leurs besoins ? Eux, eux et ceux en qui elle avait confiance même si, depuis quelques temps, leur mentir semblait lui trouer la poitrine mieux qu'une balle ne l'aurait fait. A cette idée, l'escort glissa une main dans ses mèches pour les ramener sur son épaule puis tourna les yeux vers Swann dont le timbre l'invitait naturellement à boire ses paroles. Un sourire fila la commissure de ses lèvres en guise de réponse à ses dires. Elle n'en pensait pas moins et si, toutefois, ils avaient pu rester seuls pour les jours à venir, sans que personne ne vienne interférer entre eux, elle n'en aurait été que plus heureuse encore.

Heureuse, l'était-elle au fond ? Elle pouvait l'affirmer sans tergiverser cependant, tout ce passait bien mieux avant que leurs petites manigances ne prennent vie, avant que le projet parte à vau-l'eau et qu'ils soient forcés de revoir leurs ambitions pour des gestes plus viles et bien moins calculés. Ce n'était qu'une tâche d'huile sur la toile parfaite qu'ils désiraient être ensemble non ? Et une tâche, bien que tenace, pouvait disparaître avec le bon détergeant.... Rien n'est impossible lui disait bien souvent son père, il n'avait pas tort même si, le concernant, l'impasse dans laquelle il se trouvait n'avait guère trouvé de solution envisageable. Mais Joann n'était pas comme lui, elle ne ferait pas les mêmes erreurs et savait tenir compte de celles commises, tout comme l'étudiant contre les traits duquel ses yeux s'attardèrent de longues secondes. Swann se confiait, elle l'écoutait, c'était toujours ainsi et jamais différent, comme si sur terre il n'y avait aucune autre oreille capable d'imprimer ses dires en sachant qu'elle aurait pu elle même les lui servir. Partir..... Tout quitter et ne pas se retourner, dans l'univers précédent, quand tout allait pour le mieux, sans nul doute lui aurait-elle proposé l'alternative mais ici, alors que ses yeux déviaient de lui pour contempler les dégâts de l'Homme – car c'était bien lui qui avait plongé le monde dans le chaos non ? - elle savait que ce serait bien plus pénible que d'avoir à subir les railleries de congénères aux cervelles atrophiées.

Arquant les sourcils à l'allusion aux poulets, la jeune femme se mordit la lèvre inférieure avant d'éclater de rire une fois qu'il eut conclu sa phrase. Jamais elle n'avait ri de cette manière, du moins pas avec lui. N'était-ce pas la preuve vivante que les choses se dénouaient naturellement, qu'ils parvenaient lentement – mais sûrement – à construire quelque chose de solide que rien ni personne ne pourrait faire exploser ? Elle en eut l'impression à l'instant alors qu'un voile humide et rieur comblait ses yeux qu'elle reporta dans les siens. Ce qu'elle aimait sa manière de voir les choses et ses comparaisons – pour le moins uniques et surprenantes – jusqu'ici elle ne les avait pas vraiment remarqué du moins, elle les avait entendu certes puis imprimées dans un coin de sa mémoire mais ici, libre de penser et d'agir sans plus de chaîne aux poignets et aux chevilles, simplement car il avait chassé son pire démon, Joann semblait prendre goût aux choses les plus futiles.

- J'ris pas d'toi, pas du tout. Lâcha-t-elle entre deux soubresauts du thorax. Sa main rejoignit même son genou pour prouver ses dires plus que quelconques autres arguments vocaux. Mais l'image des poulets ahuris devant la bombe A est terrible Swann.... C'est terriblement drôle.

Rieuse, quelques rictus non contrôlés filèrent ses lèvres qu'elle termina par pincer pour réprimer l'hilarité qui la contenait. C'était agréable en un sens, comprendre que peu importait ce qui s'était passé, peu importait qu'on leur colle ces bâtons dans les roues, ils avaient cette aisance à rebondir. L'horreur ne les tenait pas vraiment, même si les derniers faits les avaient marqué au fer rouge, regrettaient-ils seulement leur implication dans la mort d'un homme qui ne méritait même pas de venir au monde ? Non, elle n'en avait cure, son âme sœur pouvait bien commettre les pires délits du monde, elle l'aimerait quoi qu'il arrive, quoi qu'il devienne, quoi qu'il décide ou fasse. Néanmoins, ce qu'il venait de lui confier l'invitait à réfléchir à ce qu'elle avait déjà pensé bien après avoir débriefé avec Donovan.

- Même si j'te suivrai n'importe où, que même le pire endroit m'conviendrait si tu y étais, j'pense pas que ce soit la meilleure manière de faire front. Lâcha-t-elle après avoir tempéré son fou rire.

Joann fronça les sourcils une minute simplement car la conversation rejoignait celle qu'ils avaient eu dans sa chambre avant que l'alcool n'entre en jeu.

- C'est pas à nous de partir, c'est à eux de s'habituer.... Les plus cons font toujours des erreurs et les erreurs se paient, rien n'est gratuit, même pas à l'heure actuelle.

Lentement, elle se positionna mieux sur le siège. Son épaule gauche embrassa les fibres et elle déposa la tempe contre l'appuie tête afin de contempler ses traits fins, ses prunelles grises fixes sur la route, ses cils qui battaient de temps à autre pour préserver la brillance vitale de ses pupilles.

- Pourquoi on devrait s'priver du confort ? Pour s'éviter les railleries et crétineries de bas étage ? Non, on sait faire face toi et moi, à tout c'qui peut arriver, tout c'qui arrivera encore. Sa main glissa de son genou à sa cuisse où elle planta délicatement les ongles pour s'obtenir ce léger frisson – de sa part – qu'elle adorait voir le saisir. Tu es plus fort et plus malin qu'eux..... et si on s'débrouille bien, d'ici peu ce qui gérait le camp et s'est cruellement foiré, ne sera plus qu'un vague souvenir, il suffit de penser que la bonne personne soit aux commandes et qu'on en tire profit mon ange.

Elle ne se rendit pas compte de son dernier mot, il était sorti naturellement, comme si – depuis l'instant où Mark avait subi les sèvices qu'il lui avait imposé – il était l'incarnation de ce même mot, en bien plus sombre mais pas moins beau.

- Mais oui ! Soupira-t-elle gorgée de bien être soudain. C'est tellement mieux quand il n'y a que toi et moi.... même les morts me paraissent plus sympas que ces crânes de moules atrophiées. Lui sourit-elle en fixant de nouveau la route.

Ils n'étaient plus très loin d'ailleurs, l'endroit choisi lui rappelait qu'avant tout ça, qu'avant la merde et que les militaires débarquent pour l'emmener elle et d'autres personnes, elle ne vivait pas si loin de l'endroit qu'ils rejoignaient le jour même. S'ils avaient le temps, et qu'ils n'étaient pas trop chagrinés par les rôdeurs, Joe l'emmènerait peut-être sur place, histoire de lui ouvrir un peu plus les portes de l'univers qu'elle foulait jadis.





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MessageSujet: Re: /!\ Le meilleur ami de l'Homme   Lun 18 Déc 2017 - 22:05
Il s’était d’abord raidi aux éclats de Joann : avait-il sorti une si grosse ânerie ? Il avait fallut qu’elle lui confirme ne pas être en train de se moquer pour qu’il savoure à juste titre son hilarité franche et communicative. Lui-même se laissa prendre au jeu et se mit à rire, le visage illuminé par cette expression qui lui était si peu naturelle. D’un coup, il retrouvait ses vingt-trois ans et sa petite-amie en faisait à peine dix-neuf. Sans la flatter ! On ne lui avait jamais dit qu’il était « drôle » et ne s’était jamais senti comme tel, alors… le compliment de l’escort-girl résonna en lui étrangement. Agréablement. S’il arrivait à l’amuser, c’était qu’il arrivait à faire autre chose de participer à ses cauchemars.

Elle renchérissait sur le fait que partir était une mauvaise idée mais était d’accord avec lui. Il ne lui en fallait pas plus. L’étudiant avait constaté comme depuis qu’ils étaient ensemble, son aînée s’était mise à dos une partie de ses fréquentations – Jason, Lucas, Clayton, pour ne citer qu’eux – mais il ne se sentait pas coupable le moins du monde. Ce n’était pas de sa faute s’ils étaient atrocement limités et ils méritaient à peine de respirer le même oxygène qu’elle. Lorsque son amante enfonça ses ongles dans sa cuisse, l’enivrant d’un discours valorisant, le cadet Blackmore se laissa ensorceler, grisé, et frissonna comme sous l’emprise d’un sortilège. Son sortilège. Il buvait ses paroles, acquiesçait sans broncher, croisa même son regard pour ne s’en sentir que plus sous le charme.

Oui ils savaient se débrouiller. Oui ils étaient plus fort. Oui ils tireraient profit à la moindre occasion de s’élever. Son attention quitta la route quelques secondes après qu’elle lui eut donné un surnom affectueux : ça aussi c’était la première fois. Son cœur battait fort. Elle avait réussi à les renvoyer aux premiers instants de leur union : quand la vie paraissait enfin leur sourire ; quand ils n’étaient pas encore rongés par un meurtre effroyable.

- Hum…, approuva-t-il à la dernière remarque de Joann, et au moins, les morts sont doués dans ce qu’ils sont censés faire…

Ce qui sous-entendait clairement que leurs contemporains étaient des manchots. La voiture ralentit pour s’arrêter sur le bord de la Hawley way. Ils entraient dans une zone résidentielle méchamment touchées par le passage du temps mais encore peu explorée par les membres de leur camp. Finir à pieds, à partir de là, serait bien plus pratique. Swann ôta le contact et sortit en glissant les clefs dans sa poche. Le froid le griffa immédiatement au visage, contrastant avec le chauffage qui régnait dans l’habitacle. A chaque expiration, une épaisse colonne de fumée s’élevait dans le ciel et à coup sûr, ses lèvres seraient gercées d’ici dix minutes.

- C’est dingue de se dire que finalement, l’une des personnes que j’estime le plus là-bas, c’est Takeo…, souleva-t-il après avoir contourné le véhicule pour rejoindre sa petite-amie et poursuivre la conversation, mais il a tendance à trop boire et… du coup à trop parler, non ?

Si le nippon ne tenait pas sa langue, ça allait sérieusement devenir un problème. Jusqu’à maintenant, il n’avait pas encore attiré l’attention mais au fur et à mesure, même les délires d’un ivrogne pourraient alerter quelqu’un s’ils tournaient trop autour des mêmes thèmes. Sur le sujet, il s’en remettait à la parole d’évangile, à savoir celle de Joann. Il fomenterait un nouveau crime sans y réfléchir à deux fois pour ses beaux yeux.
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Joann Cain
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MessageSujet: Re: /!\ Le meilleur ami de l'Homme   Lun 18 Déc 2017 - 22:51


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Ft Swann
Les parasites, doués dans ce qu'ils faisaient ? Un large sourire étira ses lèvres. Elle était plus ou moins du même avis même si, évidemment, elle trouvait les rôdeurs bien moins féroces une fois qu'une lame leur avait traversé la cervelle. Swann le savait, inutile de lui dire, profiter de leur moment en solo était bien plus plaisant qu'évoquer le sort des débiles, restés entre leurs quatre murs en attendant que l'hiver passe et que, les plus habiles ne reviennent les mains chargés de vivres. Un instant, alors que la voiture ralentissait aux abords de la bourgade où elle avait choisi de s'installer avant l'apocalypse, Joann se considéra comme la mère Noël, juste pour rire, juste pour ne pas gâcher le moment précieux qu'elle partageait avec lui. Certes la discussion n'était pas légère depuis le début du trajet mais, petit à petit, et sans doute car elle s'était prise à rire plus naturellement en sa compagnie, converser semblait plus simple que ça ne l'était lorsqu'ils avaient évoqué leur passé respectif.

Swann savait pas mal de choses la concernant, cependant, il ignorait peut-être des choses qu'elle espérait lui révéler le jour même, uniquement car ils étaient au bon moment, ou bon endroit... Un mois plus tôt, ouvrir les portes de son univers et possiblement briser le fantasme l'aurait effrayé, mais depuis sa discussion avec Stanley, depuis Mark et la torture, la jeune femme voulait simplement lui prouver ô combien il avait d'importance à ses prunelles noisette. L'étudiant l'adulait, elle en était consciente et le savait depuis des mois voir deux ans, mais lui.... Jusqu'ici bien qu'elle lui ait certifié l'aimer, Cain avait l'impression d'être trop mystérieuse au point qu'il se questionnait sans doute sur son cas et les zones d'ombre qu'il n'avait guère osé soulever suite à leur dernier conversation de « couple ».

Avant de quitter l'habitacle – une fois le moteur arrêté – la Canadienne vérifia qu'un chargeur était bien dans son flingue puis s'extirpa du véhicule pour redresser le nez sur les rues et avenues qu'elle avait arpenté autrefois. C'était morne et gris, sans vie aucune, la végétation avait reprit ses droits, l'hiver arrivant avait dénudé les arbres alentours, quant aux bâtiments, quelques lézardes s'y étaient creusées pour rendre le tout..... Et bien à l'image de la mort elle même. Sans mot dire, Cain ajusta son écharpe, frissonna une seconde lorsque le vent s'engouffra dans ses cheveux, puis esquissa un sourire lorsque son petit ami la rejoignit en reprenant le fil de leur conversation.

Takeo, ce nom l'invita à rouler des yeux simplement car elle songeait à l'esclandre de la soirée. Putain de connerie ! Même si elle le respectait légèrement plus désormais, elle ne pouvait pas nier les dires de Blackmore. Oui, le Bridé s'imbibait bien trop et boire – elle en savait quelque chose – déliait bien souvent les langues. Les concernant donc, car cet abruti était lié à eux désormais et elle l'espérait jusqu'à la tombe, ce n'était pas pour arranger leur compte.

- Cette andouille boit bien trop et c'est un sérieux problème. L'envoyer chez la connasse psycho-machinchose ? En capturant l'air de Swann son sourire précédant s'élargit et elle secoua la tête. Non, elle serait capable de fouiner trop en profondeur.... Je haies ces p'tins de psy, toujours à gratter pour satisfaire leur curiosité malsaine et, j'suis certaine que lorsqu'ils t'écoutent, en griffonnant dans leur carnet, c'est pas pour prendre des notes. Ils s'emmerdent.

N'était-ce pas les prémices d'une conversation banale ? Optant pour un oui intérieur, Joann avança en sa compagnie jusqu'à déboucher dans la rue où elle avait ses habitudes et confort bien avant que la mort ne fauche le monde. Un sourire de coin fila la commissure de ses lèvres puis, en prenant garde à ce qu'aucune merde ne leur pende au nez, elle reprit en frôlant l'épaule de son partenaire de la sienne.

- On a l'temps pas vrai ? Avoir son approbation lui était essentiel sans quoi, ils se contenteraient de piller ce qu'ils avaient à piller et ficheraient le camp mais, pour l'instant, et sans doute car il gelait parfois ces derniers jours, les morts n'étaient pas de la partie. Tu veux voir où j'vivais avant d'te connaître ?

Avant la merde, elle allait utiliser ces mots mais, pour lui, elle faisait un effort de vocabulaire puis, de toute évidence, cela passait mieux et donnait bien plus d'importance à l'étudiant donc elle sondait le regard gris.

- Tu seras l'unique personne à y entrer, après moi bien entendu. Sans vraiment le dire, Cain lui annonçait qu'aucun homme n'avait jamais foulé le seuil de SON appartement. C'était son cocon autrefois, l'endroit où elle se sentait presque en sécurité. J'ai pas envie de rentrer trop vite, qu'on profite un peu, même si c'est pas le Nirvana, puis personne le saura... Juste toi et moi. Sourit-elle afin de l'inciter au oui même si elle ne le forcerait pas.

Il choisirait, ils n'étaient qu'à deux pas. Remonter la rue, accéder au bloc d'appartements sympas - que de riches enfoirés pouvaient se payer lorsque tout tournait rond - et ils y seraient. Certes il y aurait sans doute quelques rôdeurs – ou non allez savoir – mais ils étaient aptes à les crever sans devoir trop se fouler. Leur duo fonctionnait bien, ce n'était pas d'hier et il lui semblait même que c'était plus évident encore depuis qu'ils s'adonnaient à d'autres genres de prouesses physique que  les raids extérieurs.





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MessageSujet: Re: /!\ Le meilleur ami de l'Homme   Mar 19 Déc 2017 - 21:11
Swann devina vaguement de qui voulait parler sa petite-amie en citant la « connasse psyco-machinchose ». Il avait oublié son prénom mais se souvenait effectivement d’une psychiatre avec un nom composé. Jusqu’à maintenant, il n’avait éprouvé aucune animosité envers cette femme, elle lui paraissait juste… étrangement inaccessible. Néanmoins puisque Joann ne l’appréciait pas, il se donna pour consigne de ne pas l’aimer non plus. De toute façon elle avait raison : pousser Takeo à se confier, c’était prendre le risque qu’il parler « trop ». Il n’y avait plus de secret professionnel alors rien n’empêcherait la médecin de rapporter les faits aux autorités plus compétentes si elle venait à être mise au courant.

- Il faut juste qu’il arrêter de se souler, approuva l’étudiant après un hochement de tête.

Il aura bien un moyen de pression, quitte à faire peser une menace sur ses épaules. Ce ne serait pas de gaieté de cœur mais il l’aurait cherché ! Par mimétisme, il sourit à son amante, et la détailla longuement après qu’elle ait frôlé son épaule avec la sienne. D’un signe de tête, le jeune homme confirma qu’ils n’étaient pas pressés et s’il s’attendait à ce qu’elle demande de traîner un peu, jamais Swann n’aurait imaginé une telle proposition. Il se figea d’un coup, la bouche légèrement ouverte, cherchant à assimiler d’où son aînée voulait en venir.

- Quoi ? Tu… tu habitais… là ?

Visiblement oui et il serait l’unique personne à y entrer. C’était juste… trop beau pour lui, non ? Le cadet Blackmore avait assimilé qu’il était important pour elle mais pensait que cela se limitait à sa vie au camp. Qu’il serait son « après » tandis que « l’avant » restait enfermé dans une boite. Une boîte qu’elle aurait préféré ne pas ouvrir. Pourtant, Joann lui proposait de faire le lien entre ses deux existences, de lui montrer son jardin secret. Il n’y avait pas de mot pour dire comme il était flatté, même s’il y avait de fortes chances pour que l’endroit ait été salement abîmé. Comme le reste.

- O-on peut prendre notre temps, assura-t-il.

De toute façon, c’était elle qui décidait ! Il n’était pas considéré comme un potentiel chef d’opération. Il suivait, comme toujours. Emboîtant le pas à l’escort-girl, il retint un instant les questions qui lui brûlaient les lèvres. Avait-il envie de relancer un sujet délicat ? Non… mais en même temps, il ne pourrait pas n’entrer qu’à moitié dans sa vie. Il lui fallait juste prendre sûr lui et accepter qu’elle avait vécu avant lui. Elle n’en était pas moins bien, ni moins digne ni moins extraordinaire.

- Je suppose que… que c’était après Mark ? Je veux dire… après que tu aies fuit ? Il n’osa pas lever ses yeux gris vers Joann, c’est dingue… de se dire qu’on habitait si proche avant déjà… tu veux m’expliquer comment… comment tu es arrivée ici ? Tu étais là depuis longtemps ?
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Joann Cain
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MessageSujet: Re: /!\ Le meilleur ami de l'Homme   Mar 19 Déc 2017 - 22:23


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L'idée le séduisait, il n'en fallut guère plus pour qu'un large sourire file ses lèvres et qu'elle reprenne l'avancée. Ce n'était plus loin, à quelques pas à peine, alors certes elle n'avait plus la clé depuis longtemps mais, avec un peu de jugeote, et en songeant à la manière dont elle avait évalué les chances d'ouvrir la porte de l’hôpital dans lequel ils s'étaient – malgré eux – trouvés des points communs, Cain ne doutait pas de ses capacités à déglinguer une clinche. Pas de coup de feu non, s'il y avait des rôdeurs dans le bâtiments, même pas loin de ce dernier, ça ne ferait que les attirer et bien que l'idée d'être bloquée avec lui, seul dans son ancien cocon, ne lui déplaisait guère, la Canadienne n'avait pas envie de mettre leurs vies en danger.... Encore moins celle du jeune homme qui lui emboîtait le pas. Attentive aux mouvements de la brise, aux quelques sons alentours, Joe sourcilla quand la voix de son compagnon retentit de nouveau. Il n'hésitait pas du moins, légèrement après tout ce n'était que légitime étant donné la dernière fois qu'ils avaient abordé pareil sujet mais, il semblait plus serein qu'à l'instant précis où des questions similaires avaient filé ses lèvres chaudes.

- Après oui, bien après même. Lâcha-t-elle.

La fuite, en réalité elle n'avait fait que ça durant près de neuf ans.... Elle changeait de ville comme un amateur de costume changeait de chemise, allant et venant entre les citées Américaines sans pouvoir trop s'éloigner d'elles. Son boulot ce passait généralement en métropole, pas dans les bourgades éloignées, sérieusement comment aurait-elle pu gagner sa vie en se coltinant des pécores du style de Rogers ? Un sourire fila ses lèvres, tout autant pour ce qui venait de lui passer par la tête que pour rassurer son petit ami. Ils n'avaient plus parlé de son passé, du moins autrement que de Mark mais un vent différent soufflait sur son existence dés à présent. Il lui avait fait un immense cadeau, il lui avait fait peur aussi, elle lui devait bien ça.... Dévoiler doucement ce qui se trouvait derrière le rideau, le laisser s'habituer au fait que même s'il l'estimait au plus haut qu'on puisse estimer une femme, elle était comme lui.

- On aurait pu se croiser.... Mais on sait tous les deux c'qu'on en aurait tiré comme conclusion. Cette fois, elle lui répéta cela comme si ce n'était plus qu'une boutade sans importance. Peu importé le passé, ils étaient ensemble à présent et rien n'y changerait quoi que ce soit. Pas même la mort, ni la torture, encore moins le fait que certains passaient le plus clair de leur temps à baver sur leurs gueules. Je t'aurai tout de même trouvé mignon, imbus d'toi même mais ça, on s'en fout.... ça m'plaît beaucoup.

Amusée, Joann traversa la voix principale et fronça les sourcils en voyant, aux abords de l'entrée de ce bloc d'appartements chics, une blatte immobile. Comme si les premières gelées l'avaient figé, il fixait un point invisible devant lui en tentant de gratter la lourde porte close face à lui. Avait-il vu quelque chose, quelqu'un ? Seul le fait d'entrer dans la bâtisse, ayant abrité ses nuits de plénitude morale et physique, lui offrirait une réponse. Swann l'avait même remarqué avant elle, si bien qu'elle le laissa aller au devant de la créature pour lui faire rapidement rejoindre le sol. Elle l'observa, attentive au reste et ne put s'empêcher de sourire de coin lorsque la lame de son couteau mit fin à cette existence mortifère et inutile. Séduite, Joann avança ensuite et remarqua que le battant principal, près duquel le macchabée s'attardait plus tôt, n'était pas vraiment clos. D'un geste sec, elle dégaina son 9mm et tira sur la clinche pour ouvrir. Le pied calé contre le bas de la porte, elle vérifia que rien de mauvais ne se présentait et invita le jeune homme à la suivre dans le premier corridor de marbre.

Blackmore ne s'attendait pas à ça, elle même non plus la première fois qu'elle y avait mis un pied, mais son boulot lui rapportait pas mal d'argent pour s'offrir pareil confort. C'était sans doute l'unique plus contrairement au fait de devoir se coltiner les conversations trop sérieuses – qu'elle peinait à suivre parfois – des quelques personnalités importantes qu'elle était sensée accompagner. Pour être certaine de ne guère être surprise, la jeune femme ferma la porte cette fois. Pour sortir ils n'auraient qu'à soulever la poignée, pas besoin de clé contrairement au dehors. Torches allumées afin de faire face à la pénombre, ils continuèrent dans le premier escalier et bientôt, elle lui fit signe de s'arrêter après avoir vérifié les pièces alentours, pas de créatures, parfait.... Elle n'eut plus qu'à dégrafer l'extincteur au fond du couloir, revenir vers la porte close de son chez elle, et de coller un bon coup sur le bouton pour que ce dernier lâche et qu'enfin la clarté les invite à éteindre les lampes. Quand il eut passé le seuil et investi les lieux vides de vie, Joann poussa rapidement la commode dans l'entrée contre le seuil ainsi, si quoi que ce soit désirait les surprendre, ils lui régleraient son compte avant.

Une couche de poussière monstre recouvrait parquets et meubles, même les quelques cadres étaient investis par l'absence de ménage. Pour autant, même si revenir ici ne lui soutirait aucun regret, Joann passa le doigt contre la laque du grand buffet du salon à l'extrémité du couloir. Depuis cette pièce on avait accès à une cuisine ouverte moderne, c'était vaste, la vue était même agréable depuis les baies vitrées couvertes du même filtre poussiéreux qui s’étendaient jusqu'au cuir du sofa. L'odeur n'était plus celle qu'elle avait connu, le renfermé tout simplement...

- Navrée, j'ai pas fais l'ménage depuis longtemps. Le taquina-t-elle avant de reprendre en bien plus de sérieux, avant qu'elle recule, avant que sa fierté et sa pudeurs ne l'étouffent encore. J'ai fui pendant neuf ans après lui avoir, pour la première et dernière fois d'ma vie, cassé la gueule. J'étais pas bien, j'avais la trouille,

Un rictus fila ses lèvres alors qu'elle déposait les mains sur le dossier du canapé en croisant brièvement son regard clair.

- j'ai même cru l'avoir tué mais non, je n'avais pas frappé assez fort.... Ici c'est le dernier endroit dans lequel je me suis posée, quelques années après avoir décidé que m'vendre moi, ou du moins ma compagnie, me permettrait de vivre plus décemment qu'en étant serveuse. Elle n'hésitait pas et n'hésiterait plus pour se confier à lui, elle était libre, plus de poids sur les épaules, plus de chaînes, simplement le désir d'être transparente à son regard brillant. Je ne me prostituais pas Swann, je l'ai jamais fait.....

Même si son cœur battait plus vite en évoquant ce point-ci, Joann trouvait important qu'il le sache, que plus une ombre ne vienne entacher ce qu'il s'imaginait depuis l'instant où elle avait coupé cour à ses interrogations.

- J'accompagnais des types riches à des soirées, certains avaient des idées cons oui mais je n'avais pour ordre que de me respecter moi, pas leurs fichues désirs. Je n'ai jamais couché pour de l'argent, je n'ai jamais couché en étant éprise de quelqu'un. Ses cils se redressèrent pour capturer la lueur particulière dans ses billes orageuses. Jusqu'à toi, et aucun autre homme n'est jamais entré ici, ni dans ma vie, sauf toi... Moi aussi je te choisirai toujours, peu importe ce que tu feras, ce que tu as fait.... Je peux et ne veux pas lutter contre ça, Dit-elle en avançant pour lui faire face. je suis à toi et ça sera toujours le cas, n'importe où, n'importe quand. Tu es très important pour moi Swann Blackmore, plus que n'importe qui ou n'importe quoi d'autre.

Elle avait besoin d'une réponse, peu importe laquelle, elle désirait simplement entendre sa voix à l'abri des murs qui désormais, et contrairement à lui, ne la protégeaient plus comme elle les imaginait fiables, solides et apaisants, jadis.





Showing no mercy...
I'm not a stranger. No i am yours, with crippled anger and tears that still drip sore..... I feel alone here and cold here though I don't want to die. But the only anesthetic that makes me feel anything kills inside... I am cut.

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MessageSujet: Re: /!\ Le meilleur ami de l'Homme   Mar 19 Déc 2017 - 23:22
Il fut soulagé de constater que Joann n’était pas déstabilisé par ses questions. L’assassinat de Mark était encore frais mais après tout, leurs consciences étaient habituées à absorber les horreurs désormais. C’était comme une maladie contre lequel s’immunisait l’organisme ; une fois le choc passé, ils assimilaient plus vite, ils vivaient avec. Ils auraient effectivement pu se croiser avant mais Swann savait également ce qu’il en aurait pensé. Le compliment de sa petite-amie le fit rougir, si bien qu’il préféra le silence à sa confidence, moins flatteuse : l’étudiant en économie qu’il avait été se serait certainement dit qu’elle était trop vieille pour lui et indigne avec ça. Au mieux, selon le contexte, il aurait fantasmé sur ce qui pourrait se passer avec elle une fois qu’il aurait payé assez cher. C’était réducteur, mais c’était l’image que son esprit d’étudiant étriqué par le conformisme avait du métier d’escort-girl. Une chose était néanmoins certaine : elle devait être encore plus belle « avant ».

Un vorace lui donna l’occasion d’échapper au mutisme qui pouvait devenir embarrassant. Ce dernier s’acharnait sur la porte de l’immeuble qu’ils rejoignaient et se fit perforer le crâne avant de réaliser qu’un potentiel repas l’approchait. Le temps que son aînée ouvre la porte, le jeune homme écarta le cadavre du chemin, puis la suivant à l’intérieur du corridor. C’était… wow. Les yeux écarquillés, il ne put s’empêcher de masquer le fait qu’il ne s’attendait absolument pas à ce genre d’endroit. Sans doute un préjugé encore une fois car autant il admirait Joann, autant lorsqu’il imaginait une femme en fuite, solitaire et escort, il visualisait un appartement de centre-ville purement utilitaire et mal fréquenté.

Une fois la poignée de l’ancien cocon de la trentenaire défoncée à coup d’extincteur, il put couper sa lampe-torche pour y entrer. Il se sentait un peu fébrile, comme un enfant à qui on annonçait son premier Noël. D’ici pourtant, ils ne repartiraient pas chargés de ressources, ni plus avisés, ni rien de palpable ; mais le jeune homme avait l’impression que c’était un tournant très important. Le lieu de vie de Joann n’avait rien à envier au pavillon des Blackmore et déjà, Swann comprit que son jugement était faussé : ils étaient de la même classe. Elle n’avait pas eu besoin d’attendre la fin du monde pour regarder les autres de haut.

- C’est vraiment… vraiment super, souffla-t-il après la petite plaisanterie, aussi attristé que la propriétaire par les lézardes qui couraient sur certains murs. L’œuvre du séisme.

Ce n’était que le début des révélations. Son amante reprit alors le fil de ses confidences : sa fuite, le fait qu’elle avait déjà manqué de tuer Mark, son métier, et… là, il baissa les yeux. « Elle ne s’était jamais prostituée ». S’il rougissait, c’était de honte désormais. Car il l’avait imaginée terminer ses soirées de « travail » dans le lit de quelques hommes en costard rougeaud irrespectueux ; il l’avait imaginée récupérer quelques liasses de billets après l’acte et partir au milieu de la nuit, en petite tenue sous son manteau. Un film sordide. L’image de la Joann « d’avant » qu’il s’était tissée était terriblement biaisée et dénaturée. « Elle n’avait jamais couché pour de l’argent »… si seulement il pouvait effacé le fait d’y avoir seulement pensé. Jamais il n’en avait parlé à haute voix avec elle et pourtant, l’étudiant avait l’impression d’avoir insulté sa belle. Le reste de son discours ne fit pourtant que l’enfoncer plus encore. Il se sentait comme ce « pti con » que décrivait continuellement sa sœur. Sa petite-amie n’était pas la femme-objet qu’il s’était dépeinte… pas complètement du moins et le pire, c’était que maintenant, il avait du mal à la concevoir différemment.

- Je suis désolé…, murmura-t-il, je ne savais en quoi consistait ton travail…

Ça lui paraissait important de lui présenter des excuses, même si elle n’était pas dans sa tête pour voir l’image dévalorisante qu’il en avait. Swann aimait cette conversation pourtant, il avait la sensation de mieux s’y adapter. Comme si cette fois, c’était le temps et le lieu de confronter leurs anciennes vies. Stan lui avait dit après tout : ça viendrait avec le temps et qu’ils le veuillent ou non, ces existences faisaient partie d’eux. Il releva alors les yeux pour croiser son regard et lui sourire maladroitement.

- Je suis vraiment… honoré que tu m’aies fait venir ici et… enfin… je pensais pas un jour signifier autant pour quelqu’un, ce n’était pas ne déclaration larmoyante, c’était un vrai constat, tu es vraiment la première personne de qui je suis euh… si proche, il eut un sourire embarrassé d’adolescent, se grattant l’arrière du crâne, j’étais un peu seul avant, mais ça m’allait très bien ! Je n’aimais pas spécialement la compagnie des autres, mes parents étaient souvent absents, Joy était… Joy, c’était une qualification en soi, alors… je n’imaginais ma vie qu’à travers mes études et mon futur travail. C’était parfait : je ne voulais pas de distraction, pas d’obstacle, et j’ai… j’ai un peu de mal à apprécier les gens, ça elle devait le savoir ; son nombre très restreint d’amis au camp parlait pour lui, pour être honnête, j’ai encore du mal à croire que toi et moi on…, il haussa les épaules et eut un rire nerveux, je veux dire : t’es une vraie femme, indépendante, charismatique, magnifique ; alors que moi… ma vie était un brouillon avant que les rôdeurs débarquent.

Cette partie de la conversation, ils l'avaient déjà eu, mais il peinait à en démordre. Il ne le dirait pas en ces termes, mais il se sentait comme un petit garçon. C’était la même sensation que quand, en primaire, on était amoureux de sa maîtresse. On devenait tout timide, on perdait ses moyens, on lui offrait des dessins… mais jamais on imaginait que la maîtresse puisse avoir des sentiments pour nous. La maîtresse était un mythe, adulée et inatteignable.
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