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 Let bygone be bygone

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Connor G. Shepard
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MessageSujet: Let bygone be bygone   Ven 15 Déc 2017 - 17:34

C’était sans doute un peu con, mais il ne savait pas ce qu’il foutait là. Il savait juste qu’il DEVAIT l’être. Ses yeux bleus se fixèrent sur le baraquement, vers lequel il se rendait. Délaissant le foyer vivant et chaud du ranch au profil d’un endroit plus reculé, moins animé, mais occupé par une personne qui se laissait couler. Voilà pourquoi il devait y être. Les mains enfoncées dans les poches de son manteau, il avança à pas de géant jusqu’à la porte, qu’il franchit sans un mot. Il n’eut pas besoin de s’annoncer, non pas que c’était une surprise. Juste… Que ça devait se faire. Ses yeux bleus se posèrent sur la silhouette de Roza, à qui il adressa un sourire lorsqu’elle se retourna pour l’observer :

« Tu fais des dessins ? » Lui demanda-t-il en s’approchant d’un pas supplémentaire.

Se délestant de son vêtement le plus épais, il le balança sans vergogne sur le dossier du canapé. Sa main vint se poser sur la chaise, qu’il tira à lui sans pour autant s’y asseoir. Non. Ses yeux se posèrent sur la table contre laquelle elle était accoudée, et il observa la grande carte dépliée, annotée, raturée, qu’elle avait devant elle. Connor se figea :

« Visiblement pas… » Commenta-t-il en pouffant d’un rire sans joie.

Il ne voyait pas ce qu’il pouvait dire de plus. En fait… il ne savait pas toujours comment s’y prendre avec les gens, il avait surtout peur de rater quelque chose, même en essayant. Ce fut à cet instant que l’odeur caractéristique de la vodka lui monta au nez, et qu’il posa son regard d’acier sur la russe. Ses yeux un peu vitreux, ses joues rougies par l’alcool, il fronça les sourcils en ayant une envie folle de renoncer, de reculer. Un peu fébrile, l’homme sentit ses jambes trembler légèrement sous son poids, alors qu’il se posa à côté d’elle.

Lèvres pincées, il scruta son amie sans savoir quoi lui dire. Tamara aurait eu les bons mots pour lui remonter le moral. Melvin aurait eu la bonne blague pour réussir à lui tirer un sourire. La mort de Mark était un instant compliqué, qui se rajoutait au départ de leurs amis communs. Les temps étaient donc, par définition, difficiles pour eux. Et c’était pour ça qu’il venait la soutenir.

C’était naïf. Parce qu’en scrutant ce qu’elle était en train de faire, Connor eut l’impression d’avoir encore loupé un autre train. Un moment charnière, dans la vie d’une personne qu’il estimait, où il aurait pu changer la donne. Il ne savait pas s’il avait toujours la main, seulement la froide résolution des joueurs qui ne jouaient plus. Un soupir lui échappa :

« Qu’est-ce que tu fais, Roza ? » Lui demanda-t-il franchement, en plantant son regard clair dans celui de la tatoueuse.

Il n’attendait rien d’autre que de la franchise. De même que la chance de pouvoir la faire renoncer à son entreprise. Parce qu’autre fond, il voyait ce qu’elle entreprenait : il avait juste besoin qu’elle le lui dise.

Que plus rien ne la rattachait ici. Plus rien ne la retenait. Plus rien ne la ferait rester.


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Roza Votiakova
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MessageSujet: Re: Let bygone be bygone   Ven 15 Déc 2017 - 20:33

L'encrée était résignée. Après avoir passé plusieurs jours à pister la trace du docker, elle n'avait pu retrouver que son matériel de son pêche et rien d'autre. Les traces délaissées au sol n'étaient pas décryptable pour une débutante et les environs ne lui délaissaient aucun indice évident... Passée l'attente, une semaine, deux semaine, trois semaines, il était temps de se résigner à l'évidence et à la fatalité : Mark ne reviendrait jamais. Des années de vies communes passées avant l’avalanche des rôdeurs sur terre et de bien nombreuses galères apocalyptique, tout ce temps, il fallait s'efforcer de l'oublier ou d'en faire quelque chose de bénéfique, au choix. Elle avait donc remis le sport au goût du jour, son épaule était enfin remise et elle préférait sueur pour se vider l'esprit, ce qui n'aidait pas toujours. Un temps qui ne dura donc pas longtemps, ses songes venaient de se tourner vers un tout autre objectif et alors que les siens aménageaient dans les chambres du ranch, Roza préférait s'isoler dans le froid du baraquement des ex-employés, bien à l'abris des gens comme de leurs questions. Elle y ruminait, mais pas que.

Une porte s'ouvrit et des bruits de pas relevèrent son museau de la carte contre laquelle elle était affalée, Tam ?! Non, bien sûr, elle était déjà partie, et la russe devait s'y attendre, dès qu'elle couchait avec une donzelle celle-ci venait toujours à disparaître par la suite, ironique situation quand Roza était toujours la fugueuse dans sa vie passée ... Une silhouette d'homme, Connor ? Ouais, c'était lui. Pas plus mal, à son stade, elle n'était pas envieuse à l'idée de voir grand monde mais le Bro Next Gen, lui, restait toujours le bienvenue. Quoique, en y réfléchissant bien, elle ne pourra pas esquiver le sujet si néfaste qui lui pesait tant, son futur départ du camp. Aussi, elle en perdit alors ses mots en lui rendant un timide sourire alors qu'il s'approchait à petits pas en la questionnant. Heureusement qu'il était doté d'un peu de sens de l'observation, ainsi, il obtenu seul sa première réponse à laquelle la tatouée répondit par un léger hochement de tête. La seconde interrogation qui se hissa au travers de ses lèvres précédemment pincés lui arracha une légère grimace de circonstance, elle voulait et ne voulait pas y répondre, tout en sachant très bien qu'elle se devait d'y répondre. C'était un drôle de sentiment qui lui arracha un léger soupir ainsi qu'un court laps de temps de réflexion.

"Je...."

Connor restait un de ces plus grands regrets de départ, une amertume de poids, une réelle perte et elle dut se persuader à nouveau que par le biais de sa grande sortie, elle sauvegardait son âme. Là où la putain de grande majorité des compagnons qui cheminaient à ses côtés l'avait payé de leur vie.

"Je prépare mon départ, mon itinéraire, mes futures zones à explorer." Pas de fantaisie dans le ton employé, presque pas d'accent à l'horizon, la russe n'était pas d'humeur à garder le rôle qu'elle s'imposait au quotidien, annonçant ainsi la couleur, à sa façon. Connor avait le droit à la vraie Roza. "J'te vois venir... et je te coupe tout de suite, j'fais pas ça que par égoïsme." La main qu'elle gardait posée contre sa flasque en métal de vodka glissa à son front pour y soutenir sa caboche maintenant bien lourde, d'un coup, d'un seul. "Qu'on se le dise Connor, j'ai fait pas mal de merde. Ce qui est arrivé aux miens, c'est d'ma responsabilité... j'ai merdé, et sur pas mal d'angles...." Cette putain d'escarmouche en solo, cette putain de sortie seule pour contourner le lycée, cette putain de connerie... Elle poussa la chaise à côté d'elle du pied, comme pour l'inviter à y poser son derrière, elle n'avait pas terminé de causer. "Et je dois assumer mes responsabilités. Sans ma connerie, Mark ne serait pas mort, Eli non plus, et une bonne trentaine de personnes non plus." Elle lui avait déjà parlé du mexicain, le Bro V.1 initial, comme elle lui avait déjà parlé en détail de la bande de pillards qui les avaient attaqués, à un détail prêt : sa bêtise qui avait déclenché les premiers coups de feu : "En plus de condamner tout ces gens à la mort, je l'ai pas fait discrètement... ces pillards... ils connaissent ma tête, mes tatouages, ma dégaine et surtout..." Elle reposa sa main sur sa flasque de vodka et la porta à ses lèvres comme pour s'en servir de boost et terminer sa phrase sans détour. "... Ils m'ont vu, en retour, tuer les leurs." Encore et toujours la parano avait sa place et ce maudit sentiment d'inquiétude qui pouvait paraître irrationnel pour toute personne extérieure continuait bel et bien de la ronger. "Un jour, ils se pointeront ici et je dois les trouver avant que ça arrive et non l'inverse, sans quoi, le ranch serait immédiatement balayé..." Roza n'avait jamais su annoncer les choses, elle était toujours cash et la vodka ne l'aidait encore moins à enjoliver les choses. Ses iris clairs retournèrent alors sur la carte griffonnée, une petite partie d'Issaquah en était recouverte, toute la zone de Georgetown, même histoire pour Renton, la pointe nord de Tacoma ainsi que la partie Centre, Est et Sud de la grande ville qu'était Seattle. Chaque coin avait des rayures différentes, que ce soit au niveau de la couleur du crayon utilisé ou de la régularité des tracés, sans doute un code bien à elle.


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Connor G. Shepard
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MessageSujet: Re: Let bygone be bygone   Ven 15 Déc 2017 - 20:59

Connor l’écouta sans l’interrompre, plantant simplement son regard dans celui, parfois fuyant, de la russe. Il nota les variations dans son accent, le fait qu’il n’apparaissait pas. Le fait qu’elle était trop sérieuse, que le contraste avec d’habitude le marquait. Roza n’était pas au mieux de sa forme depuis plusieurs semaines déjà, il s’en rendait compte. Mais lui, il avait eu l’espoir un peu fou de pouvoir y faire quelque chose. Qu’avec de la compagnie, de bonnes intentions, il parviendrait à recoller les morceaux. C’était à côté de ça qu’il était passé, au fond : l’aspect grotesque de son entreprise. Comme si, avec des sparadraps et de la bonne volonté, il pouvait effacer des mois de traumatisme et de culpabilité…

Il se sentit ridicule, l’espace d’un instant. Parce qu’il se mettait à sa place, là. Avec le poids de ce que lui portait, ses vices et ses travers. Il aurait probablement ri au nez de celui prétendant pouvoir guérir ses maux avec quelques blagues un peu lourdes et une bouteille de vodka. Ça ne marchait pas comme ça, dans aucun monde. Alors, Connor encaissa juste son amertume, fixant la brune en face de lui sans bouger. Les mains sur les jambes, essayant de tenir la position, de ne pas éclater d’une incompréhension, d’une frustration toute neuve qu’il n’avait plus connu depuis longtemps.

Il se revoyait, quelques mois avant, devant les réactions impossibles d’Elena, à s’arracher les cheveux en essayant de piger ce qui ne tournait pas ronds. Au bout du compte, il était sûr que ça serait une femme qui le tuerait. Une femme comme Roza, comme Elena, comme Quinn. Il n’y avait que des emmerdeuses pour réussir à capter son intérêt à ce point et lui donner mal à la tête.

« Eh beh, ça doit être lourd… » Souffla-t-il à la fin de son laïus, en poussant un long soupir. « De porter le poids du monde sur ces minuscules petites épaules. »

Connor posa d’ailleurs le regard sur la silhouette de Roza, l’estimant d’une œillade un brin moqueuse. A côté de lui, elle donnait l’impression de pouvoir passer derrière des affiches sans les décoller. Et puis, il se reprit : ça ne servait à rien de faire de l’humour, la situation ne s’y prêtait pas. C’était sérieux. Elle voulait partir. Elle allait partir.

« C’est pas une bonne idée, Roza. » Lui fit-il de but en blanc, en la fixant toujours. « C’est tout à fait le genre de résolution à la con que t’as l’air d’être le genre à prendre, c’est pour ça qu’il faut que je te le dise : c’est vraiment une connerie. »

Ou l’art et la manière de trouver les bons mots ! Connor n’était pas capable d’expliquer ce qui l’agaçait le plus. L’espace d’une seconde, il voulait pouvoir rentrer dans la tête des gens, ou alors plus simplement pouvoir leur mettre là haut ce que lui pensait, pour qu’ils comprennent comme rien n’allait chez eux.

« Et crois pas qu’on est pas assez grands pour se protéger, pour se défendre. » Ajouta-t-il, confiant. « Et pour te protéger au passage. Tu fais partie de la team maintenant. Crois pas qu’on va accepter de te laisser partir aussi facilement. » Fit-il d’un ton plus léger, presque avec une pointe d’humour. Il reprit son sérieux à la suite : « Moi, j’accepte pas. »

Il ne voulait pas qu’elle parte. Roza ne serait pas sur la longue liste des personnes qu’il perdrait de vue, ou qu’il perdrait tout court. Elle ne serait pas Tamara, Melvin. Encore moins Isabel ou Christina. Et s’il fallait l’attacher à sa chaise pour l’empêcher de s’enfuir et la nourrir à la cuillère pendant des semaines pour la garder, alors il n’hésiterait pas.

« Il nous arrivera rien. Je l’accepterais pas non plus. » Ce Ranch, c’était sa maison désormais. Plus personne ne la lui prendrait. « Et j’peux pas croire que t’es vraiment responsable de toutes les morts que tu supportes. »

Parce que Roza n’était clairement pas si pire. Elle pouvait lui sortir son mélo pour lui expliquer qu’elle était monstrueuse et égoïste, il n’y croirait pas de toute façon.


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Roza Votiakova
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MessageSujet: Re: Let bygone be bygone   Sam 16 Déc 2017 - 20:36

Ahah, qu'il était con... La tatouée inspira lourdement, tentant ainsi de desserrer l'étau qui comprimait crapuleusement sa poitrine. En vain, alors ses doigts glissèrent à ses cheveux pour en gratter vigoureusement son crâne tandis qu'elle cherchait comment rebondir face à l'ironie employée, pas facile. Elle jeta alors un regard dérobé vers le blagueur en pinçant sa lèvre inférieure, soudainement emprise d'une petite pointe de nostalgie. Celle-ci avait déjà eut à tatouer Atlas, le pauvre titan condamné à soutenir le poids du monde sur ses larges épaules contre l'épiderme d'un client. Mais elle n'avait en effet rien d'un titan grecque, pour sûr et le regard qu'il lui lança par la suite le lui confirma bien. Sans doute pour cela que le poids de toutes ses pertes étaient si dure à supporter. Roza s’apparentait plutôt à une Pléiades, une des filles de Atlas, pourchassée par Orion pendant des années et finalement changée en colombes pour lui échapper. Sauf qu'il n'y avait pas d'Orion, simplement des pillards et la colombe serait plutôt un corbeau dont le symbole et le mythe se liait indéniablement à son étymologie : la malédiction, celle de perdre tout ceux qu'elle approchait. Et une chose était sûre, il n'en serait pas de même pour ceux du ranch, rien ne pourrait la faire changer d'avis, pas même le lexique cru du sportif.

Alors que le brun lui faisait aussitôt part de son point de vue, les premières tensions dégagées crispaient ses joues et ses tempes, comme elle s'y attendait : son plan s'apparentait à une la folie, à une grosse connerie. Cependant aucune des justifications fournies par son interlocuteur suffisait à lui faire entendre raison, ou tout du moins "la raison" qu'il attendait d'elle. Contrairement à ce qu'elle devrait, elle n'apprécia pas d’appartenir à cette team comme il le souligna, car bien persuadée d'être un fléau, elle se sentait faucheuse et le rejet lui aura bien simplifié la tâche...

"Putain Connor... On avait des murs. Vous avez quoi vous ? Des tranchés et une barrière. Une planche en bois, un petit saut et on en parle plus." Elle avait pris le temps d'observer le ranch, et d'imaginer tous les scénarios possibles en cas d'assaut. La russe ne serait pas facile à convaincre pour ce coup là. "Vous êtes planqués derrière des arbres, c'est bien mais putain, ça limite aussi votre champ de vision, quand un groupe d'hommes entraînés se pointera que vous ne les verrez pas arriver non plus.." Elle restait sereine en surface, détachée au possible mais en dessous, elle sentait son esprit passer d'un problème à l'autre, comme un rat bloqué dans un labyrinthe, ça allait à toute vitesse. "Sans compter qu'à côté de ça, vous avez un chemin fléché à l'intérieur des bois qui mène directement à vous, c'est bien contre les morts, ils sont cons eux, ils s'en branlent, mais c'est juste à chier contre les vivants." Elle appuya le pouce et l'index sur ses paupières dans un nouveau soupir. "Crois moi, j'ai pu les voir à l’œuvre, ce sera noël avant l'heure pour ces militaires quand ils vous trouveront. Donc non, Connor, vous n'êtes pas assez grand, pas assez nombreux et pas... pas assez..." Elle peinait maintenant à trouver ces mots pour illustrer ses pensées. "Putain pas assez..." C'était difficile de conclure sur une pensée aussi malsaine mais à ce stade, il fallait bien réussir à y mettre les mots. "Vous n'êtes pas des tueurs... vous êtes trop.. humain." Ouf, c'était enfin sorti, ce bien triste et malheureux constat qu'elle avait tristement conclue à force de côtoyer les habitants du ranch. "Votre seule foutue chance, elle sera dans la reddition. Et elle ne sera pas possible tant que je serais dans la team, tu comprends ?" Faites qu'il comprenne, elle n'était pas croyante mais elle pria tout de même silencieusement en abaissant son museau vers sa carte. La seconde d'après, elle donna un nouveau coup de ranger dans la chaise, espérant ainsi qu'il y pose enfin son foutu derrière.


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Connor G. Shepard
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MessageSujet: Re: Let bygone be bygone   Sam 16 Déc 2017 - 21:12

La réaction de Roza fut presque sans équivoque. Connor eut un bref mouvement de recul en l’écoutant lui dire ce qu’elle avait sur le cœur, et il remarqua alors qu’elle portait bien plus sur ses épaules qu’il ne le supposait en réalité. La russe se prenait probablement pour un attire-emmerde en puissance – et peut-être que c’était la vérité vu son tempérament tout feu tout flamme – mais il ne parvenait pas à admettre que c’était seulement ça. Elle pouvait bien douter de leurs capacités à survivre à ce groupe – ils n’avaient probablement aucune chance à part en se rendant ouais –, lui y croyait.

« Et vos murs sont tombés. » Lui rappela-t-il. Avant que ces types ne sortent de nulle part. « Et les nôtres ont brûlé. »

Il s’installa sur la chaise qu’elle lui montrait, nerveusement, en serrant la mâchoire. Evoquer l’incendie de Tacoma lui faisait toujours un drôle d’effet. Il y avait perdu beaucoup. Et ils n’étaient probablement pas des tueurs sanguinaires, il n’empêchait qu’ils savaient comment ça fonctionnait ici. Et aucun ici, n’avait de doute lorsqu’il s’agissait de presser la gâchette pour sauver un de ses proches. Le groupe, avant tout.

« On a peut-être que des arbres et trois planches en bois, n’empêche que ça tient depuis plus longtemps que des murs. » Lui rappela-t-il. Carmen ne déméritait pas, même avec sa grossesse menait à son terme, et le travail qu’il y avait à accomplir. Ils étaient plus malins qu’ils ne le laissaient croire. « Et on est peut-être pas des militaires émérites, des guerriers sans peur, mais putain, on survit… »

Et ils étaient doués pour ça. Depuis deux ans que ça durait, pas toujours dans des conditions idéales en plus de ça ! Il y avait eu Gary avant Blake, Blake avant Carmen. Elena avait son mot à dire, Caroline s’imposait doucement. Arthur l’avait forgé, lui, pour en faire un membre de la meute avec le mordant qu’il fallait pour répondre à l’attaque. Connor aurait du avoir peur de ce que craignait Roza, mais il ne parvenait pas à se dire que la menace était à sa porte. Il y aurait eu des signes de ça, et aucun des éclaireurs ne les avaient croisé jusqu’ici.

« Sérieusement Roza, depuis combien de temps tu portes ça toute seule ? » Demanda-t-il dans la foulée, posant le coude sur la table. Inquiet. « Depuis combien de temps tu as viré parano ? » C’était surtout ça, la question qui s’imposait. « Depuis quand tu as peur comme ça ? »

C’était ce qui transpirait dans le discours de la jeune femme. Une peur sourde, sincère. Intense. Encore trop réelle alors que le pire était passé depuis longtemps. Il datait de l’été, et Roza s’échinait à ne pas tourner la page. Elle était marquée par l’évènement, comme lui par la brûlure des flammes de Tacoma. Et son attention restait rivée dessus, incapable de s’en détacher.

« Tu en as parlé à Finn ? London ? » Questionna-t-il dans la foulée. « Qu’est-ce qu’ils en pensent, eux ? Parce qu’eux aussi, du coup, va falloir qu’on les mette dehors non ? » Il fit une petite moue, gêné. « On pourrait les reconnaître, ils pourraient nous trahir… » Et là, il croisa les bras sur son torse. Après tout, c’était peut être Finn le chat noir, pas elle.


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Roza Votiakova
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MessageSujet: Re: Let bygone be bygone   Dim 17 Déc 2017 - 16:45

Oui, leurs murs étaient tombés, cette vérité piquait toujours la russe comme un bouquet d'orties, elle avait aussi la couleur du sang frais et un goût de fer sans pour autant en converser sa chaleur, en restant froide et glaciale. Un frisson nerveux de circonstance s'échappa alors qu'elle l’observait s’asseoir à ses côtés.

Victime d'une irritation sourde, sa main retourna à sa flasque qu'elle ramena sur la carte face à elle, elle était exaspérée de ne pas être comprise, lassée de s'être laissée étreindre par le ton de confidence qui se retournait déjà contre elle. Son ami n'avait pas tort, certes, mais aucun ne possédait le don de prédire de l'avenir et le fort caractère têtu de ses deux là risquaient fort de se dresser en un mur à l'escalade impossible.

Le ranch n'était pas qu'un tas de faibles, elle le savait, oui, c'était bel et bien des survivants unis mais jamais ils n'avaient eu à affronter d'autres vivants aussi nombreux et entraînés et ça, c'était impossible à nier. Ça vous changeait, fatalement, pour le meilleur mais surtout pour le pire. C'était aux yeux clairs de la russe là que se jouait toute la différence entre Connor et elle, ainsi que celle du ranch contre les pillards. Tous n'étaient pas sur un même pied et ne partageait pas le même pas de danse, il était là, le danger. Elle n'osa alors pas relancer ce sujet, et au fond d'elle, elle priait sincérement pour qu'il n'ait jamais à comprendre cet écart qui les départageaient, que les pillards ne débarquent jamais, que tout ceci ne soit qu'une fable de merde sans fondement. Mais le bon dieu n'existait pas, et le doute n'était pas permis.

"Depuis quand je suis parano ? Depuis quand j'ai peur ?" Il lui posait vraiment la question ? Elle en resta bouche bée quelques secondes. "Putain Shepard, depuis le début, tu as la mémoire courte." Lui même à sa première sortie avec la russe dans les bois lui avait souligné ce défaut qu'elle traînait. L'avait t-il déjà oublié ? Sans doute... Jefferson lui avait fait la même remarque, elle savait qu'elle était ainsi mais elle ne pouvait pas lutter, dès qu'elle se tenait éveillée, il lui était impossible de chasser ce spectre et son esprit la conduisait sans cesse à cette épouvante. Jamais elle ne changerait et elle s'étonna d'avoir si bien cachée son jeu, à en douter des autres, et si c'était simplement eux qui refusaient de voir cet aspect ? Ça se tenait... ou peut-être était-ce là un mélange des deux. "À chaque putain de respiration, à chaque putain de réveil, et à chaque putain bouchée." Elle n'avait jamais vraiment mis les mots sur la peur irrationnelle qui la hantait, mais pour cette fois c'était sorti tout seul. "Dès que je comprends que je suis vivante..." Elle et pas les autres, tout ceux qui cheminaient à ses côtés, sans exception ou presque. Finn et London faisait bien parti de ce lot qui soulageait un peu sa conscience, les voir vivants l'aidait à ne pas se passer la corde au cou, alors pour les protéger, elle était maintenant prête à tout.

"Non... j'ai jamais eu envie d'en parler avec eux, on a toujours éviter le sujet, et c'est pas pour rien." La aussi elle se faisait ses propres interprétations, sans doute n'en parlaient t-ils pas simplement à cause de souffrance endurée ? À cause du souvenir des lourdes pertes subit ce jour là et non pour l'aspect fautive qu'elle se traînait en épée de Damoclès au dessus de sa tête ? "Et ils n'ont pas été aussi exposés qu'moi. J'étais au milieu d'eux, ou presque, désarmée, prisonnière... et eux, planqués derrière les murs. C'est différent, Connor." Elle avait bien appuyé sur le mot "différent" voyant bien où il voulait en venir et évitant copieusement le virage qu'il souhaitait qu'elle prenne.

"Et merde, j'pense aux autres aussi, on est pas les seuls survivants sur terre et quoi qu'il arrive faut limiter la casse et c'est pas en restant derrière des arbres à jouer aux Robins des Bois que ce sera le cas." Elle relançait la bataille, à accueillir les pauvres délaissés de la route pour se contenter à la suite de simplement survivre ne pouvait être bénéfique sur le long terme. "Je comprends ta position, tu es optimiste, c'est normal et j'ai certes pas tous les détails de ta vie... c'est sûr... mais tu connais pas la mienne non plus, et là où je suis passée, tout le monde a trépassé. Alors tu auras beau polémiquer et argumenter, le constat est déjà là et ma décision est prise." Essaya t-elle de conclure, en s'imposant cette fois, en affirmant de but en blanc qu'il ne pouvait rien y changer. La têtue qu'elle était avait médité sa décision et ne reculerait devant rien. "En tuer trois ou quatre, ou ne serait-ce que trouver leur camp, ce serait déjà une putain d'avancé par rapport à ce que vous faites maintenant. Ça, c'est anticiper, Connor, c'est penser à l'avenir. Tu piges ?" Son ton était maintenant légèrement agressif, c'était frustrant de ne pas être comprise et en plus de cela ses nerfs étaient mis à rude épreuve, mine de rien.


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Connor G. Shepard
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MessageSujet: Re: Let bygone be bygone   Dim 17 Déc 2017 - 18:24

« Tu l’étais pas autant. » Confirma l’homme en pouffant d’un rire sans joie. « Je sais pas ce que tu digères, mais ça grossit, c’est pire qu’une tumeur et ça va pas bien finir. »

L’esprit humain était donc vraiment à ce point énigmatique. Connor avait vraiment l’impression de tomber de très haut pour le coup : parce qu’il lui avait ouvert grand sa porte, en comprenant ce qu’elle ressentait à l’idée d’intégrer un endroit aussi grand, moins que son ancien groupe visiblement, mais aussi complexe, avec ses codes et ses lois. Il avait fait en sorte qu’elle s’y fasse, qu’elle essaie tout du moins, qu’elle se laisse aller. Tout ça pour ouvrir simplement la voie à des réflexions qu’il n’avait vraiment pas vu venir. Ça le contrariait.

Et son argumentaire d’autant plus. Connor pouvait se montrer formidablement buté lorsque ça lui prenait, et pour le coup, ce que Roza avait à dire lui passait totalement au-dessus. Il n’arrivait pas à avaler le morceau, à gober l’histoire. Voir plus loin ? Optimiste ? Penser à l’avenir ? En faisant quoi ? En tuant des mecs ? C’était pas penser au futur, ça, et il voyait plutôt clair dans son jeu. Qu’elle le prenne pour un crétin, ça par contre, ça l’enchantait pas des masses.

« L’avenir, il se joue tout de suite, ici. Avec tous ces gens, et toi. » Confirma-t-il. Il y pensait constamment, au futur ! « L’avenir, c’est reconstruire sur du durable, c’est de permettre à cet endroit de se développer, de nous donner tout ce qu’il a à nous donner. » Il pouffa : « C’est Ludwig qui nous amène de quoi nous laver, c’est Shawna qui reprend son job, c’est… C’est Brooke qui va avoir son troisième gamin dans quelques mois ! »

Connor se redressa sur son siège, venant s’adosser en se passant la main dans ses cheveux coupés courts par les bons soins de Shawna. Roza fuyait la civilisation par peur d’avoir à la compromettre, sans comprendre un seul instant qu’elle y contribuait justement par sa simple présence. Elle n’était pas un chat noir ! Et ce qu’elle demandait, au fond, ça n’avait rien à avoir avec l’avenir… La vengeance se faisait sur le court terme, et plus encore, elle l’obligeait à creuser sa propre tombe. Lui n’était pas prêt à la laisser faire.

« C’est pas jouer au cowboy et mener ta vendetta aveugle pour obtenir, quoi ? » Questionna-t-il sèchement. « Justice ? Réparation ? » Il pouffa d’un rire mauvais : « Si tu crèves, ça donnera un sens à la mort de tous ces autres ? T’essaies de te punir pour tout un tas de trucs que tu pouvais même pas prévoir, c’est ça que je pige ouais ! »

Et qu’elle ose venir le contredire ! Connor était prêt à l’accueillir comme elle le méritait !

« Ton seul argument valable, que j’entends, que j’accepte, c’est qu’on a besoin de connaître l’ennemi pour savoir comment l’accueillir le moment venu. Et là-dessus, je te suis. » Confirma-t-il : « Parce que s’ils sont venus chez toi, ils pourront venir chez nous, et faire la même chose et c’est pas possible. Je perdrais pas ma piaule. » C’était SA maison. Celle de sa sœur. Celle de sa compagne. Celle de ses amis. On ne viendrait pas la lui prendre. Mais il craignait qu’en s’y aventurant, il attire justement l’attention de ces personnes sur eux. « Le reste, c’est de la merde. »

Il posa sa main près de la carte, et se pencha vers celle-ci en s’y intéressant :

« Tu comptes aller ou, d’abord ? » Questionna-t-il dans la foulée.


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Let bygone be bygone
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