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 How to get away with murder

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Joann Cain
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MessageSujet: Re: How to get away with murder   Dim 10 Déc 2017 - 23:02



How to get away with murder 
Ft Swann & Takeo
Plus de résistance, plus de force.... Plus de... désir de survivre encore. S'il fallait subir, alors soit, elle ne l'en empêcherait pas, elle ne l'en avait jamais empêché d'ailleurs alors, à qui voulait elle faire croire que son état second était nouveau ? Comme si son âme s'était elle même extirpée de son corps et qu'elle observait la scène – d'un air détaché – dans un coin de la pièce, l'épaule appuyée sur les étagères embaumant les ouvrages moisies n'ayant plus trouvé lecteurs depuis deux ans, Joann ressentait pourtant les différences flagrantes lui ronger le corps. Elle n'avait plus de goût à voir un lendemain se lever, ni même à espérer survivre, ça n'avait plus aucun sens alors que dehors – elle les entendait encore – les créatures lui subtilisaient ce qu'elle avait eu de plus précieux dans son existence. Un instant, les yeux dans le vide, accrochés aux lueurs du plafond, la Canadienne s'attarda aux esquisses sombres formées par l'humidité. Un rien devenait un tout ici, une manière de supporter, d'oublier ce qu'il lui faisait, ce qu'il lui ferait encore, en attendant le baiser d'une faucheuse qu'elle n'avait jamais trouvé si attirante. Ses mains n'étaient plus là, son corps endolorie ne ressentait plus rien et malgré tout, sa poitrine soubresautait quant aux larmes qu'elle versait en silence. Penser à lui ne lui était d'aucune aide, rien n'était similaire, comment cela aurait-il pu l'être d'ailleurs alors qu'elle servait les bas instincts d'un homme qu'elle imaginait mort depuis des lustres ? La douleur était là, au fond de son cœur, ce dernier pulsait et rouvrait les quelques cicatrices s'y étant accumulées jusqu'à lors. Un instant, alors que son visage basculait de nouveau sous l'unique volonté de Mark, Joann envisagea se saisir de l'arme qu'elle avait lâché en heurtant le meuble.

Pas pour lui non, pour elle, pour ne plus ressentir l'immensité du vide que venait de creuser la mort de Swann dans son cœur, pour ne plus être ce produit de consommation, inutile et sans intérêt, qui servait les pulsions d'un homme qu'elle détestait autant qu'elle le craignait. La peur ne l'envahissait plus à contrario du dégoût, de cette sensation de salissure qui l'étreindrait avec ferveur dès lors qu'il aurait trouvé plaisir à se servir d'elle, comme il l'avait toujours fait, pour se donner la valeur qu'il n'avait pas aux yeux des autres. La violence, le sang, les abus en tous genres, n'étaient rien d'autre qu'une marque de fabrique, ce qui l'avait forgé au grès des années et poussé à être plus forte.

Puis sa main contre sa gorge, puissante et brûlante comme un braiser ardent, la priva des songes pour la ramener à la souffrance et aux réactions vives de son corps. Sa peau rougissait sous ses doigts, ses lèvres bleuissaient et malgré tout, il y déposa les siennes à l'en faire hoqueter. Un instant, elle se revit adosser au pilonne de la caserne, ce type face à elle et la promesse qui lui avait faite lui revint en tête à lui en arracher plus de larmes encore. Plus un son ne quittait sa gorge, Mark pressait trop fort, l'oxygène manquait et elle délirait peu à peu, noyée à l'air libre, ressentant désormais toute l'ampleur des horreurs qu'elle avait effacé, oublié, collé dans un coin pour en faire fie et tenter de vivre mieux qu'elle ne l'avait fait jadis. L'Hispanique lui avait promis que Swann mourrait avant elle, qu'elle serait seule avec pour seule compagne la mélancolie, l'incompréhension et l'horrible souffrance triste et morne de chaque seconde sans lui. Il avait réussi, sans même être là, comme il le lui avait certifié et pourtant, la sentence était encore pire à l'instant car Mark remplaçait ses doigts, lèvres, et corps, par les siens...

Quand la lumière grisâtre jaillit dans la pièce, Joann ferma les yeux. Si les morts entraient, ils se chargeraient de lui comme elle l'avait imaginé la veille encore, en lui souriant. A cet instant, la jeune femme était certaine que Swann avait raison, qu'il aurait toujours raison et qu'elle pourrait se fier à lui une vie entière sans jamais perdre confiance. Encore à l'instant, malgré l'assurance qu'il n'était plus de ce monde, Joann gardait ce sentiment pour elle, cette sensation d'être protégée quoi qu'il arrive, quoi qu'il en coûte, et sa culpabilité n'en fut que plus grande. Elle lui avait conseillé de ne pas l'achever, elle lui avait conseillé de faire faire ce sale boulot par un autre, ce plan les avait conduit à leur perte.... A sa perte.... Malgré tout, le poids douloureux qui emprisonnait son corps se souleva d'un coup d'un seul. Elle était libre, déboussolée mais libre, aussi surprise et en proie à l'inquiétude en entendant vaguement le timbre du Nippon retentir à quelques pas.

Son âme se reconnecta à son corps et quand elle rouvrit les yeux, qu'elle sentit son odeur et captura ses traits, ces derniers blêmes, livides comme la mort, son cœur reprit un rythme haletant tandis que ses poumons s'emplissaient de nouveau d'air.... Ses mains sur elle furent salvatrices, un remède aux maux, un sérum à celles de celui vers lequel elle n'osa guère tourné les yeux alors que Swann la redressait avec délicatesse. Joann tremblait, entendait les coups portés et sursautait à chacun d'eux alors qu'elle soutenait le regard gris de celui qu'elle imagina – quelques secondes – n'être qu'un mirage de plus dû à la suffocation. Pourtant juste une larme suffit à lui intimer ce qu'elle ne croyait plus possible et ses mots terminèrent par lui faire clore les yeux tandis que sa tête basculait lourdement contre sa gorge, qu'elle humait son parfum comme s'il était son unique bénédiction. Son cœur battit plus fort, si fort qu'elle l'entendait en arrière plan, rythmer les phrases gorgées de regrets de son amant.... Quand il s'adressa à ceux sur lesquels elle n'avait d'yeux, Joann agrippa sa main avec peine et tenta de croiser ses billes liquéfiés aux horreurs qui filaient l'esprit du jeune homme.

- J'veux rentrer chez nous. Sa voix n'était plus qu'un souffle enroué, marquée par les paumes ayant pressé sa trachée. Elle avait froid, la peur s'était envolée pourtant mais l'angoisse elle, revenait la lécher sans pudeur aucune. Et je t'aime..... c'est rien Swann, c'est rien parce que tu es là.

Parler était douloureux, mais lui assurer qu'il n'était coupable de rien, d'absolument rien lui semblait important car, à l'instant précis, l'étudiant n'était plus, seule l'ombre qu'elle appréciait voir s'étendre sur elle lui faisait face, prête à saigner le monstre tapis sous son lit.





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Swann Blackmore
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MessageSujet: Re: How to get away with murder   Dim 10 Déc 2017 - 23:42


Les doigts de sa petite-amie se mêlèrent aux siens et il eut tout le mal du monde à la regarder en face. C’était de sa faute si elle était dans cet état, de sa faute si ce… monstre l’avait battue et humiliée une fois de plus. Pouvait-il se satisfaire d’une déclaration d’amour articulée par sa voix enrouée ? Rien que la marque de strangulation autour de sa gorge réveillait ses envies de justice ; de vengeance, de meurtre. Ce qu'elle avait enduré à cause de son plan imparfait... ça le rendait malade. L’étudiant frissonnait toujours, son corps trop jeune pour supporter les émotions qui le tiraillaient.

- Je… je t’aime aussi Joann. Mais… on ne peut pas le laisser… tu te souviens ce qu’on s’était dit, il prit doucement son visage entre ses mains, écarta délicatement ses mèces brunes, on doit en finir avec lui, et… je t’avais dit… je t’avais dit que pour toi je pourrai…

Le tuer. Même pire. Son cœur s’emballait. Le temps d’aider l’escort-girl à ramasser ses vêtements et il rejoignit Takeo qui lui demandait de l’aide. L’homme eut beau se débattre, protester, résister, il était affaibli et à deux, ils purent le traîner jusqu’à une table pour l’y épingler comme un papillon à un mur de lépidoptériste. Il ne put retenir un cri, bien sûr, mais ça ne fit que donner à son futur bourreau une onde de satisfaction sadique. Avec un sourire en coin mi-cruel mi-dégoûté, il toisa le condamné en respirant profondément.  

- Swann, Swann, Mark tenta un rire bien que ses traits furent crispés par la douleur, tu… tu vas pas faire ça. Les gars avec qui je suis arrivé, ils… ils savent pour Joann. Si je reviens pas, ils vont…, il déglutit, tu vas pas aimer ce qu’ils vont faire à ta sœur.
- Tu mens, rétorqua l’étudiant d’une voix méconnaissable, possédée, t’es pas le seul à avoir enquêté. Je leur ai parlé, ils ont gobé ton histoire de femme disparue. Tu les as rencontré y’a trois semaines seulement, un silence plana froidement, ponctué par la respiration sifflante du mari qui choisit de changer de tactique.
- J-Joann, il tenta de tourner la tête vers elle, tu vas pas laisser faire ça, hein ? On a… on a passé de bons moments tous les deux ! Tu te souviens ? Je t’ai épousée Joe, tu avais une robe magnifique et-
- Arrête Mark, il avait craché son prénom comme s’il n’était pas digne de toucher sa langue, c’est pathétique. Et puis…, le chuintement de sa lame qui quitta son étui fit sursauter sa future victime, on va commencer par le principal : elle n'a jamais eu de mari.  

Le cadet Blackmore prit une profonde inspiration et frappa brutalement. Le hurlement du trentenaire résonna dans toute la bibliothèque vide, excita même les rôdeurs de l’autre côté de la porte. Le couteau militaire s’était planté dans son annulaire gauche, juste entre la troisième phalange et la main. L’articulation s’était disloquée mais le doigt restait accroché par des restes de nerfs, de tendons et de cartilage. Swann dut s’y reprendre à trois fois pour achever son amputation. L’homme avait cessé de s’époumoner simplement parce qu’il avait tourné de l’œil, le teint décoloré. Déjà ? Non, non, non, non, pas du tout. Il ne faisait que commencer à s’amuser.

- Tu peux me trouver quelque chose qui servira de bâillon, demanda-t-il à Takeo d’une voix laconique.

Un vieux chiffon, même un bout de chemise de rôdeur, il s’en fichait. Ça fourmillait dans ses veines. Cette pulsion intense de l’écorcher, de le faire souffrir, de le déchirer, de le mutiler jusqu’à ce que la souffrance l’ait rendu fou. Pour ce qu’il avait fait à Joann, pour les cicatrices – mêmes invisibles – qu’il lui laisserait, pour ce qu’il comptait lui faire. Le temps que le nippon lui rapporte de quoi fourrer la bouche de sa victime, Swann débarrassa cette dernière de sa ceinture pour faire un pseudo-garrot à son bras gauche. C’était juste histoire qu’il ne meurt pas tout de suite d’hémorragie, pas besoin de se demander s’il n’allait pas perdre le membre tout entier. Il n’était plus à ça près.  

- Hey, Mark, réveille-toi.

Le dernier des Blackmore avait eu ce qu’il voulait, alors il cherchait à réveiller l’ex-mari avec une série de claques sur les joues. Lorsqu’il rouvrit les paupières, ce fut pour tomber face à un sourire carnassier qui n’annonçait absolument rien de bien. Il était blafard, presque gris, et couvert de sueurs froides. Les ongles de quelques cadavres grattaient toujours à la porte de la bibliothèque mais c’était actuellement le dernier de ses soucis. Puisque Swann lui ôta brièvement le bâillon, il souffla péniblement :

- Espèce de sale petit con… tu crois que tu peux sauter ma femme et t-
- Je me demandais qu’elle autre partie de toi j’allais arracher en premier, l’interrompit le jeune homme comme s’il ne l’avait pas écouté, et je me suis dit… que tu ne mérites même pas d’avoir poser les yeux sur elle.
- Hein ?! Q-quoi ?!

Le reste ne fut plus qu’une suite de grognement étouffés puisque le tissu s’enfonça à nouveau dans sa bouche. La lame ensanglantée s’approcha dangereusement du visage de Mark. Il y eut un instant d’hésitation, pendant lequel le cadet Blackmore suspendit son geste cruel au-dessus du regard effaré, et… « hhuuuuuuumggnnnnnn !!! huuuuummmmgggnnnn !!! ». L’acier trancha la paupière, fouilla un instant – précautionneusement – dans l’orbite pour sectionner les nerfs optiques et fit sauter le globe oculaire hors de sa cavité. Celui-ci retomba avec un bruit mat sur la table, roula, chuta au sol puis poursuivit sa course jusqu’aux pieds de Takeo.


We are monsters
You got no place to hide and I'm feeling like a villain ; got that hunger inside. One look in my eyes and you're running 'cause I'm coming ; gonna eat you alive. Your heart hits like a drum, the chase has just begun. Monsters, stuck in your head. Monsters, under your bed. We are monsters ♪
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Takeo Shigeru
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MessageSujet: Re: How to get away with murder   Mer 13 Déc 2017 - 5:03

L'effroyable spectacle allait commencer. Après avoir cloué Mark à cette table, Takeo se déplaça jusqu'à une étagère à proximité, avant de s'y adosser. Croisant les bras, il observait Swann qui s'apprêtait à s'adonner à un véritable massacre. Il dévisageait le jeune homme d'un œil médusé, et fut soudainement pris d'un frisson. Son attitude, son regard, son ton, tous témoignaient des idées tordues et cruelles qui traversaient son esprit à ce moment précis. Il découvrait Blackmore sous un tout nouveau jour, terriblement plus sombre. Et cela faisait froid dans le dos. Et dans le même temps, ce n'était pas si surprenant que cela. Le japonais avait toujours trouvé quelque chose d'étrange dans l'attitude habituelle du garçon, une sorte de manque de naturel perturbant. Pour la première fois, Swann avait l'air d'être totalement dans son élément. Comme si cette partie ténébreuse était celle qui le définissait le mieux...

Mais qui était-il pour juger ? Takeo aussi avait l'esprit troublé par de mauvaises pensées. Lui aussi voyait noir, sentant une haine profonde parcourir toutes les fibres de son corps. Il avait souvent été en colère ces derniers temps : contre les autres, contre lui-même, contre beaucoup de choses. Mais il avait essayé de contenir ces mauvais sentiments – sans toujours réussir, certes – du mieux qu'il le pouvait. Il avait essayé de les noyer dans l'alcool. Mais sa confrontation avec Mark venait de faire sauter la dernière soupape de sécurité, libérant d'un coup le flot de rage qui le rongeait de l'intérieur. Parce que l'espace d'une seconde, pendant qu'il luttait au sol, il avait revu l'image de Duncan le rouant de coups. Et que cela lui avait fait péter un plomb. Il avait besoin d'un exutoire, et Mark allait jouer ce rôle. Le japonais reporta toute la colère qu'il avait emmagasinée ces dernières semaines sur lui. Comme s'il était responsable de tout, et qu'il devait payer. C'était injuste – même si Mark est la dernière des pourritures – mais c'était comme ça.

Takeo restait donc là, adossé contre son meuble, pressé de voir le violeur souffrir. Il l'observa essayer de s'extirper de cette situation en baratinant Swann. Si la peur n'avait pas obscurci son jugement, il aurait épargné sa salive : un simple regard sur le visage Blackmore suffisait à comprendre que rien ne le ferait reculer. Takeo, impatient de le voir payer, ne fut pas immédiatement alerter par les mots échangés entre les deux hommes. Ils parlaient de Joann, d'une histoire de femme disparue... mais il ne chercha pas à comprendre pour le moment. En revanche, lorsque leur victime se mit à s'adresser à la Canadienne, la donne fut différente. Il venait de dire quoi ? Qu'il avait épousé Joe ?

La réflexion du japonais fut toutefois interrompue – temporairement – par les cris de Mark qui était en train de se faire découper le doigt. Takeo plissa légèrement les yeux et afficha une grimace, mais il ne détourna pas des yeux. Voir ce salaud souffrir le satisfaisait, tout simplement. Lorsque Swann lui demanda de trouver quelque chose pour servir de bâillon, il n'eut pas besoin de réfléchir longtemps. Takeo se baissa, avant de retirer sa chaussure. Puis sa chaussette – dans un sale état après tous les efforts de cette sortie – qu'il balança au jeune Blackmore. Mark ne méritait pas mieux que ça.

Il renfila ensuite sa chaussure, pendant que Swann continuait son œuvre. Il était terrifiant de l'observer ainsi, planifiant chaque détail, sachant exactement ce qu'il avait prévu de faire. Takeo ne portait pas attention aux grattements des rôdeurs contre l'entrée de la bibliothèque, trop captivé par la scène sous ses yeux. Mais lorsque Mark fut réveillé, il recommença à parler de Joann comme de sa femme, ce qui perturba de nouveau le japonais. Tout se remettait en place dans sa tête désormais : Joann avait eu un comportement étrange, elle ne lui avait pas répondu lorsqu'il avait demandé des détails sur le nouveau, et elle lui avait dit de se méfier de lui... Mais tout cela n'avait pas de sens. Si ils se connaissaient, pourquoi avoir pris un tel risque aujourd'hui ?

Les étouffements de la victime attirèrent son attention, mais cette fois, il gardait ses interrogations en tête. Mais bordel, Swann était littéralement en train de lui retirer son œil ! Le japonais afficha une moue clairement dégoûtée mais continuait tout de même à observer la scène. Il suivit même du regard la course du globe oculaire qui finit sa course à ses pieds. Takeo le fixa quelques secondes avant de l'écraser. Puis il marcha jusqu'à la table de torture, aux côtés de Swann. Il jeta un coup d’œil à l'état – déplorable – de leur victime. A ce rythme, l'homme ne tarderait pas à rendre l'âme, si toutefois ce n'était pas déjà le cas. Le japonais faisait confiance à Blackmore pour aller au bout des choses. Mais il ne s'était pas rapproché de lui pour participer aux festivités, non.

Parce que putain, toutes ces réflexions sur le mariage, ça lui avait embrouillé l'esprit. Et il voulait des explications. Lentement, il saisit le doigt amputé qui traînait sur la table, avant de le porter jusqu'à devant ses yeux, l'observant sous tous les angles.

« L'annulaire, hmm ? Pourquoi ce choix en particulier ? » demanda-t-il d'une voix faussement innocente à Swann, avant de tourner le regard vers Joann. Il avala d'ailleurs les quelques pas qui le séparait d'elle. « T'étais marié à ce type ? » demanda-t-il franchement, tout en la pointant avec le doigt qu'il tenait dans les mains. « Si tu le connaissais, si vous saviez qu'il en avait après toi, alors pourquoi ?? » Pourquoi avoir pris un tel risque, pourquoi ne pas l'avoir prévenu ? Il jeta le doigt à terre. « Pourquoi tout ça ?! » questionna t-il d'un ton plus sec en jetant des regards à l'un et à l'autre.
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Joann Cain
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MessageSujet: Re: How to get away with murder   Mer 13 Déc 2017 - 21:32



How to get away with murder 
Ft Swann & Takeo


Le projet grésillait dans son crâne. Qu'ils l'achèvent, qu'il meurt, tout cela lui passait au dessus et pourtant elle savait qu'ils n'avaint plus le choix. Tout c'était retourné contre eux, dès l'instant où Mark avait compris leur manège. Derrière elle, Joann entendait les gémissements d'un type dont elle aurait apprécié les hurlements si seulement elle n'avait pas vécu un quart de ce qu'il venait de lui faire. Certes il n'était pas allé au terme de ses pulsions brutales, mais rien que la sensation de ses lèvres sur elle, rien que les coups et imaginer qu'elle y passerait, l'avait livré aux griffes désagréables du passé. L'espace d'un instant, le jeune homme face à elle, dans les yeux aciers duquel les siens se noyaient pour tempérer son cœur haletant, était mort et tout avait pris une saveur de cendres qu'elle sentait refroidir au fond de sa poitrine. Malgré tout, malgré le choc et la douleur aussi bien mentale que physique, lorsqu'il greffa les doigts à ses traits, en la convaincant qu'il fallait terminer ce qu'ils envisageait faire des jours plus tôt, Joann esquissa un maigre sourire puis frémit lorsque son timbre plus rauque et sombre intima au Japonnais de ne guère achever le bourreau. Ce n'était pas prévu, il n'avait rien à faire, il ne devait rien faire, mais alors qu'il lui rendait les frusques arraché plus tôt, qu'elle s'empressait de les revêtir en peinant à soutenir la vision de la silhouette l'ayant achevé tant de fois jadis, Joann n'avait aucun mot à lui servir pour l'empêcher de prendre part au plan dont l'esquisse changeait au grès des secondes.

Pas un mot ne quitta ses lèvres tandis qu'elle se tenait à l'écart, ne fixant que l'étudiant et ses traits blêmis par la rage soudaine qui l'embrassait. Comme s'il était maître du destin du type confié à ses plus viles instincts, sa voix devint aussi monocorde qu'étrange. Elle l'avait toujours soupçonné renfermer d'ombrageuses ressources et capacités derrière le masque lisse du jeune homme dans le corps duquel il était enfermé. Son âme avait bien plus de valeur qu'une simple enveloppe charnelle qu'elle chérissait pourtant plus qu'une autre en ce bas monde, mais cette noirceur intense, prisonnière depuis trop de temps, paraissait surgir de lui. Son aura malsaine transpirait, voletait comme la brume d'un poison tendre prête à faucher quiconque se trouvait là, à tuer mais pas sans arracher souffrances et peines. Peu importait les mots qu'il échangeait avec le bourreau de toute une vie, peu importait ce que ce dernier tentait d'obtenir, il n'allait guère gagner de temps  et, malgré tout, lorsqu'il s'adressa à elle, Joann s'étreignit fébrilement avant de sentir les mots, ceux qu'elle n'avait jamais osé lui jeter au visage, lui brûler la trachée.

- Tu as perdu... Lâcha-t-elle en fixant son corps épinglé contre la surface d'étude. Il a gagné......

Son timbre éraillé ne lui était peut-être pas parvenu mais elle n'avait guère l'intention d'arrêter son amant, pas la moindre hésitation à le laisser officier. Malgré tout, quand les premiers hurlements survinrent, en d'autres bruissements de chairs ignobles, Cain rouvrit fébrilement la bouche pour emplir maladivement ses poumons. Ce n'était pas tant le sadisme dont faisait preuve Blackmore qui l'invitait à regarder ailleurs - en direction du Nippon qui, elle en était certaine, poserait des questions au sujet de ce qu'il venait d'entendre tout comme elle, mais davantage de constater ô combien Swann pouvait la tenir en estime au point de démembrer, peu à peu, la personne qui – présentement – lui inspirait une haine profonde. Sans plus de contrôle, comme si la facette qui l'avait poussé à l'aimer plus qu'elle l'appréciait, tenait les rennes de son corps afin de lui permettre de servir ses sombres desseins. Au fil des secondes, alors que ses yeux sondaient l'air possédé de son petit ami, la jeune femme sentit les dernières attaches, les ultimes liens morbides, l'ayant uni à cette raclure, céder et à chaque intonation de sa voix, à la demande qu'il formula au Nippon, qu'elle croisait dans son champ de vision, Joann sentait son cœur pulser plus vite.

Les maux s'évanouissaient comme l'homme en proie aux plus sombres intentions d'un jeune homme qu'il ne croyait certes pas capable d'agir ainsi, et pire fut son réveil encore quand Swann lui annonça, toujours d'un timbre éteint et glauque, ce qu'il comptait faire. A l'instant où elle vit la lame s'approcher de l'orbite, Joann sentit les palpitations s'intensifier en elle. Les blessures, les hématomes qu'elle porterait quelques jours encore, semblèrent s'étendre pour ne faire d'elle qu'une plaie sanguinolente ne supportant quasiment plus la propre pression de ses phalanges contre ses bras. Son épiderme brûlait sous les tissus portés, il brûlait d'impatience que tout s'achève, que l'étudiant cesse, qu'il arrête avant d'être rongé par la folie qui le poussait à la torture qu'elle n'imaginait guère saillir de lui, comme si tout cela n'était que justice. Alors, quand la bille claire roula contre la table, s'échouant aux pieds de Shigeru, pour terminer sa course sous la semelle de ce dernier, et que plus un souffle ne lui parvint, sinon l'écho des griffes funèbres contre la porte close, l'escort-girl ne fut plus qu'une sphère émotive, tremblante, ne désirant qu'épargner l'âme de l'apprentie chirurgien.

Les lèvres frémissantes, les yeux brillants, elle avança d'un pas mais fut devancée par le troisième membre du trio. Immédiatement, à l'idée qu'il puisse déposer les mains sur elle, La Canadienne eut un mouvement de recul, pire encore lorsqu'il appuya ses interrogations en pointant l'annulaire - encore cerclé d'une alliance – vers elle. Un instant, Cain chercha du regard les prunelles rassurantes de l'étudiant jusqu'à heurter le dos aux étagères couvertes de bouquins rongés par l'humidité, puis tourna les yeux vers les créatures qu'elle savait s'impatienter derrière l'unique porte de sortie.

- Il.....

Elle ne pouvait décemment par répéter ça devant Swann, pas dans l'état dans lequel il était, pas alors qu'elle l'avait épargné jusqu'à lors en ne lui servant les choses qu'à demi mots. La panique s'empara d'elle et au plus les yeux sombres du Japonais tentaient de la percer à jour, au plus les phrases se bousculaient dans son esprit.

- Oui !!! Hurla-t-elle, la gorge aussi douloureuse que brûlante. Cet enfoiré m'a battu, m'a humilié, j'avais dix huit ans à peine putain !!!! C'est ça qu'tu veux savoir Takeo ?!!

C'était peut-être la première fois qu'elle le nommait par son véritable nom. Ses yeux s'embuaient de larmes, des perles angoissées, mêlées aux léchés de frissons paranoïaques qui lui intimaient – dès lors – que son interlocuteur pouvait se retourner contre eux. Que feraient-ils alors, comment pourraient-ils anticiper le fait qu'ils étaient les auteurs d'un meurtre sordide, de tortures innommables, uniquement dans le but de venger l'honneur d'une femme qui, de part ses actions passés, ne méritaient peut-être que la vie de débauche qu'elle avait vécu ?

- Il m'a violé, à abusé de moi, me tabassait jusqu'à c'que j'en tombe d'épuisement....... On.... Pour protéger l'unique personne à qui elle tenait à ce point, au point que le reste ne fut qu'une broutille de plus, Joann reprit. JE voulais qu'il meurt...... J'ai demandé à Swann de l'attirer et..... toi, toi tu...... Ne dis rien, ne dis rien Takeo ils vont..... Sortir la pire sentence qui pouvait heurter son petit ami ne parvenait pas à quitter ses lèvres. Pour autant, quand elle sonda les billes orageuses - enivrées par les ardeurs sanglantes qui rythmaient ses actes depuis de longues minutes, Joann abandonna l'idée de réprimer les sanglots qui obstruaient sa traché. Ne l'tue pas..... Le fais pas, arrête s'il te plaît.... Arrêtes Swann je t'en prie je..

Elle ne désirait que le préserver, il finirait fou à continuer, elle l'aimerait quoi qu'il devienne, quoi qu'il advienne mais rien que par ses gestes, ses actes précédents, Cain savait qu'une lézarde se formait contre le masque impassible qu'il portait devant les autres et qu'indéniablement, celle ci atteindrait son esprit, son cœur et ce qui faisait de lui la personne qu'elle avait fini par aimer comme jamais elle n'en avait aimé un autre. Ses yeux se posèrent alors sur le Remington qu'il avait abandonné et, malgré les pulsations vives de son cœur, la raison, l'instinct de protection serait sans doute plus fort que la crainte qu'elle avait d'achever le boulot elle même.





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Swann Blackmore
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MessageSujet: Re: How to get away with murder   Jeu 14 Déc 2017 - 17:59


Les respirations profondes et chaotiques de Mark faisaient vibrer les fibres de la chaussette sale ôtée du pied de Takeo. Le sang ruisselait de ses chairs mutilées, son visage avait complètement perdu ses couleurs et son corps était secoué de soubresauts incontrôlés. Tétanisé devant son œuvre, Swann le regarda fixement, l’image s’imprimant peu à peu sur sa rétine. Dans son cerveau aussi. Violente. Traumatisante. Ce fut la voix du nippon qui lui rappela qu’il n’était pas seul. Pas seul avec l’expression de ses pulsions sanglantes ; et la question lui scia les jambes. Sa bouche s’ouvrit sans produire de son, lui aussi était bien plus pâle que d’ordinaire. Leur super plan tombait en lambeaux. Même si le but serait atteint, ce n’était pas le scénario prévu.

- Laisse… là, souffla le cadet Blackmore en voyant Joann essayer de répondre.

Il ne voulait pas qu’elle parle, pas qu’elle ait à avouer ça. Ce n’était qu’une question de secondes, non ? Il allait tisser un mensonge, comme il savait si bien le faire, et… syndrome de la page blanche. Rien. La voix de sa petite-amie le déchira, plus encore que le fait qu’elle crache explicitement ce que l’homme qui agonisait sur la table lui avait fait subir. Même avec lui, elle n’avait pas eu besoin de mettre de mots. Il avait compris qu’il la battait, qu’il l’humiliait, qu’il la méprisait. C’était impensable que Joann – sa Joann – soit rabaissée de la sorte, car elle valait plus que tous les autres membres du camp réunis. Lui inclus.

Ses yeux gris s’étaient posés sur Mark. Il le regardait. Son unique pupille semblait peiner à faire le point mais elle reflétait clairement la peur. Pour la première fois de sa vie, il était terrorisé. Pour la dernière fois aussi. Espérait-il qu’ils fassent marche arrière ? Qu’ils le détachent et le ramène au camp comme si de rien n’était ? Il devait mourir mais au moins, il échappait à la suite de la torture. Les sanglots de l’escort-girl foudroyèrent l’étudiant qui posa fébrilement la lame qu’il tenait dans ses mains. Elle lui demandait, il obéissait, c’était comme ça que ça fonctionnait. Comme un pirate ensorcelé par le chant d’une sirène ; et il n’avait aucune envie de rompre le sort.

- Ok-ok… c’est… c’est fini.

Il avait doublé Takeo comme s’il n’était pas là pour rejoindre la trentenaire. Ses doigts effleurèrent doucement ses joues, mêlèrent le sang qui les recouvrait à ses larmes, puis il l’attira à lui pour la serrer dans ses bras. C’était terminé. Son mauvais rêve, cette gangrène logée en elle depuis des années, gisait désormais dans une bibliothèque désaffectée. Bientôt, son mari ne serait plus qu’un cadavre anonyme, dévoré par les rôdeurs qu’ils auront laissé entrer. Quand ils seront rentrés au campement, cette journée sera enfermée à double tour dans un coin de leurs esprits coupables. Mark n’aura jamais existé.


We are monsters
You got no place to hide and I'm feeling like a villain ; got that hunger inside. One look in my eyes and you're running 'cause I'm coming ; gonna eat you alive. Your heart hits like a drum, the chase has just begun. Monsters, stuck in your head. Monsters, under your bed. We are monsters ♪
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Takeo Shigeru
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MessageSujet: Re: How to get away with murder   Ven 15 Déc 2017 - 18:37

Takeo continuait à dévisager la Canadienne tandis qu'elle était en train de craquer, racontant tout des supplices qu'elle avait enduré avec son ex-mari, les yeux remplis de larmes. C'était terrible, bouleversant, mais ce n'était pas ça que le japonais avait cherché à savoir en lui posant la question. Il se fichait bien de ce qui avait pu lui arriver par le passé. Surprendre Mark en pleine tentative de viol était pour lui suffisant pour légitimer ce qu'ils étaient en train de lui faire subir. Non, ce qu'il aurait voulu savoir, c'est pourquoi le couple ne l'avait pas clairement prévenu, pourquoi avoir joué à ce petit jeu de rôle risqué ?

A cette question, Joann ne répondit qu'à moitié. Elle avoua qu'ils avaient prévus de se débarrasser de Mark depuis le début, et que Swann devait l'attirer, mais lorsqu'elle commença à mentionner le rôle du japonais dans tout cela, elle s'interrompit.

« Et moi quoi ?! » demanda t-il sèchement.

En vérité, il n'y avait pas besoin qu'elle termine sa phrase pour comprendre les tenants et aboutissants de cette affaire. Il suffisait de remettre tous les événements dans l'ordre dans sa tête et les pièces du puzzle s'assembleraient toutes seules. Mais Takeo n'était pas dans son état normal, toujours porté par la colère, et ce n'était pas exactement le contexte idéal pour se poser et réfléchir. Et finalement, voir Joann autant bouleversée le fit renoncer à poser plus de questions, du moins pour le moment.

« Comme si j'pouvais dire quelque chose... on est dans le même bateau maintenant... » marmonna t-il lorsque la Canadienne le supplia de ne jamais rien dévoiler. Ce qui venait de se produire dans cette bibliothèque ne pourrait jamais être révélé, il le savait bien.

Lorsque Swann le dépassa pour aller rassurer sa bien-aimée, le japonais se retourna pour jeter un dernier regard à un Mark à l'agonie. La torture était terminée, sa vie le serait dans quelques minutes. Il venait de subir les pires atrocités possibles mais Takeo n'avait pas la moindre pitié pour cette pourriture. L'espace d'un instant, il songea même à lui faire subir encore plus, histoire d'évacuer sa frustration, mais il se retint. Ils en avaient déjà beaucoup fait, il était temps de partir.

On pouvait entendre quelques rôdeurs gratter contre l'entrée, et sûrement y en avait-ils encore plein d'autres aux alentours du bâtiment. Pour être sûr de s'en sortir indemne, il n'y avait pas mille solutions. Takeo s'approcha de la porte d'entrée, et attrapa la poignée.

« Venez m'aider. J'vais ouvrir pour en laisser entrer un. J'ai besoin d'aide pour retenir les autres et refermer la porte tout de suite après »
leur demanda t-il tout en les dévisageant.

L'idée était simple : tuer le rôdeur qu'ils auraient laissé entrer, se recouvrir de ses tripes pour passer inaperçu, puis ouvrir entièrement la porte pour laisser le reste d'entre eux se jeter sur Mark et sortir sans encombres. Pour le reste, ils aviseraient une fois dehors.
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Joann Cain
Modératrice
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MessageSujet: Re: How to get away with murder   Ven 15 Déc 2017 - 22:36



How to get away with murder 
Ft Swann & Takeo
Joann tremblait sans plus contrôler son corps, le froid s'insinuait sous ses vêtements tout comme l'humidité mais ce n'était pas les uniques faits capables de lui arracher mille et un frémissements. La crainte y était pour beaucoup, celle que Takeo continue sa route vers elle, l'empoigne ou pose ne serait-ce qu'un doigt sur sa silhouette meurtrie et elle se refermait sans plus pouvoir agir ou dire quoi que ce fut. Ses yeux allaient et venaient entre le Nippon et l'étudiant. Swann devait cesser et même si elle voulait ardemment qu'il prenne le contrôle de sa propre existence, de la sienne au passage, c'était la dernière fois qu'elle désirait qu'il obtempère à ses dires. Les larmes ruisselaient sur ses joues, sa gorge lui faisait mal, le feu de cette dernière retombait dans ses entrailles comme une lave qui rongeait tout sur son passage. Elle n'était plus en mesure de parler, ni même de mentir encore, ni même d'inventer quoi que ce fut qui pourrait intimer au Japonnais qu'il n'avait aucun rôle à jouer là dedans. Tout c'était déroulé de travers, à cause d'un putain de flingue, un flingue comme celui sur lequel elle posait les yeux avec le désir de mettre un terme aux tortures qui rendraient barge celui qu'elle aimait.

Prête à agir, la Canadienne n'eut que le temps de faire un pas pour se heurter aux mains de son amant. Ses billes sillonnèrent les siennes à la recherche d'un quelque chose, d'un tout petit quelque chose, capable de lui assurer qu'il n'était pas déjà trop tard. Malgré ça, malgré la lueur plus vive dans ses prunelles aciers, elle ne put que fermer les yeux pour lâcher du lest lorsqu'il l'attira contre lui. Ses traits humides glissèrent à sa gorge, le menton déposé contre son épaule alors que son regard ne quittait plus la scène sanglante. Mark ne bougeait plus, il agonisait lentement et sa respiration sifflante la poussait à frémir au creux des ailes qui tentaient de lui épargner pires tortures morales et physiques. C'est fini.... Le timbre plus familier de Swann résonnait en elle – en boucle - alors qu'elle serrait les fibres de la veste qui le couvrait, qu'elle peinait à le lâcher tandis que Shigeru prenait les choses en mains.

Personne n'allait tirer sur personne, personne n'achèverait la raclure qu'elle observait avec peine en se remémorant le sang versé pour lui. A l'instant, alors qu'elle l'entendait s'étouffer dans sa propre salive, Joann termina par enfouir les traits contre la jugulaire battante de Blackmore. Ne plus l'observer, ne plus capturer sa torpeur, ne pas lui offrir la satisfaction de ses pleurs encore alors qu'il n'en était guère le destinataire. La jeune femme inspira avec mal, chaque prise d'oxygène cinglait sa tâchée nouée par les sanglots. L'apaisement ne viendrait que plus tard, bien plus tard lorsqu'ils auraient mis au point les excuses à servir une fois de retour au Fort, que lorsqu'ils auraient passé le barrage de parasites agglutinés devant l'unique porte de sortie.

Elle entendait ce qu'ils échangeaient mais n'y pensait pas vraiment. Faire entrer un mort, l'achever et ensuite ? Réitérer ce qui lui avait permis de sortir d'une galère monstre avec Stan deux mois plus tôt ? C'était se qu'il pointait du doigt sans pourtant le dire de vive voix. De toute évidence ils n'avaient plus d'autres choix, il n'y avait pas d'accès au toit là où ils étaient, ni n'avaient encore assez de balles pour éliminer toutes les créatures... De plus, elle désirait repartir veuve et c'était l'unique moyen de faire crever Mark sans plus qu'un autre geste ignoble n'éclabousse l'un d'eux. Joann reprit doucement conscience alors, dégageant les traits de sa loge rassurante pour observer l'homme qui lui avait juré ne rien révéler. Il aurait dû agir ainsi plus tôt, ne pas se laisser surprendre par l’enfoiré dont les gémissements – étouffés par le bâillon – invitaient son sang à filer droit vers son cœur.

- Faut pas rester ici, on doit rentrer et.... Faut qu'on pense à c'qu'on va dire aux autres à.... Lâcha-t-elle de sa voix éraillée alors qu'elle relâchait son âme sœur – à contre cœur – et se dirigeait vers la porte après avoir récupéré son neuf millimètre. Joann peinait à réfléchir posément et espérait pouvoir le faire dès lors que la vie aurait quitté la pourriture sanglante à quelques pas. J'veux juste rentrer.

L'arme rejoignit le holster et elle s'empara de sa lame pour ensuite leur intimer qu'elle gérerait une fois l'un des monstres à porté. Ils ouvrirent alors, face à la crevure qui jetait les bras dans sa direction, Joann retint sa respiration et logea directement la lame sous le menton pour l'inviter à ressortir plus haut dans le crâne. La dépouille retomba mollement au sol tandis que l'odeur lui arrachait déjà des hauts de cœur. Elle n'avait peut-être pas pu se venger, mais le corps à ses pieds servirait d'exutoire..... La Canadienne n'attendit pas plus et planta à deux paumes le tranchant dans l'abdomen du macchabée. Une fois encore son propre estomac se contracta tandis qu'elle tournait les traits pour éviter à l'odeur immonde de la saisir de plein fouet.

- Faut pas qu'il pleuve putain..... Siffla-t-elle en toussant quand la fragrance putride s'insinua dans sa gorge. La dernière fois qu'elle s'était pliée à pareil exercice, Stanley et elle avaient failli y passer. Ici, Swann était avec elle, elle pensait l'avoir perdu et ne comptait guère réitérer si, toutefois, d'autres morts s'amoncelaient sur le chemin du retour.





Showing no mercy
You so fresh to death and sick as cancer, but you fit me better than my favorite sweater and I know that love is mean, and luv hurts. Love you more than those bitches before.

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