The Walking Dead RPG

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- And breathe... Just breathe -
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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Sam 23 Déc 2017 - 11:03
« Si, tu le peux. » Trancha-t-elle lorsqu’il semblait renoncer.

Andrea ne lui laissait pas le choix : il devait l’être, parce qu’elle ne pourrait pas porter tout le monde avec son seul bras dans cette situation. Pas avec un groupe éclaté, qui n’avait plus de raison de se rassembler. Chacun des membres s’étaient rangés de son côté, en léchant ses plaies. Elles étaient nombreuses, encore douloureuses. Il n’y avait eu que Selene et Ruben pour essayer de maintenir le lien entre chacun, sans pour autant que le résultat ne soit vraiment convaincant en définitive. L’effort ne pouvait pas venir de personnes extérieures à ce conflit, en tout cas, pas l’entièreté. Et Lisandro ne se rendait pas compte, mais leur leader s’épuisait à reconstruire leur foyer parce qu’une autre personne viendrait d’ici peu de temps.

Il ne reste que quelques semaines. C’était ainsi que compter Andrea, en laissant passer les jours. Quelques semaines, sans pouvoir poser une date fixe à l’évènement en question. De longues journées où elle se sentait parfois impatiente de voir ce petit être illuminé leur quotidien : cet enfant était le miracle qu’elle attendait, parce qu’elle sentait qu’il parviendrait à essuyer tous les soucis de sa simple présence. Elle ne pourrait pas être déçue par elle, et personne ne pourrait l’être tout compte fait.

Lorsque l’homme se retourna, en lui demandant de le laisser à nouveau, la brune baissa le regard. Peut-être y allait-elle un peu fort. Peut-être n’était-ce pas le moment. Peut-être qu’elle avait fait exactement ce qu’elle reprochait à Duncan en temps normal. C’était un comble… Lèvres pincées, elle fut sur le point de laisser tomber lorsqu’elle l’entendit… Ce sanglot étranglé. Son cœur se serra, et elle qui se targuait d’être insensible, ou tout du moins qui essayait de toutes ses forces de l’être, se sentait étrangement connectée à lui.

Elle se rapprocha de quelques pas silencieux, et hésita un temps. Finalement, sa paume vint se poser sur l’épaule de l’homme, et son pouce caressa doucement celle-ci, en signe de réconfort. Elle ne pourrait pas faire mieux. Pas alors qu’elle était toujours en morceaux, et qu’elle gardait ses distances et sa pudeur avec tout le monde au moins pour s’éviter de souffrir.

« Tu as encore un peu de temps. » Souffla-t-elle d’une voix douce, qu’on ne lui connaissait qu’avec Ruben ou Selene. « Leur fille n’est pas encore venue au monde. »

Elle n’était pas encore là, alors il avait du répit pour l’instant. Le temps d’y penser sérieusement, et de trouver les solutions qu’il fallait pour se reconstruire pour de bon.

« Alma te manquera toujours. Comme elle manquera à Eli. Et tu n’arrêteras jamais de penser à elle, parce qu’elle était… Elle était elle. » Il n’y avait aucun mot pour la résumer, pas avec le regard amoureux qu’il lui lançait lorsqu’il la voyait. « Mais je te promets qu’à force, ça ne fait plus aussi mal. »

La métisse pouvait en témoigner : Au bout de deux ans, elle pensait encore quotidiennement à Ben. Elle y pensait à chaque fois qu’un creux la prenait. Et souvent, elle ne se rappelait que des bons moments. Il y avait-il eu des mauvais, de toute façon ? Pas dans ses souvenirs. Même les disputes, elle y tenait.

« On ne reste jamais éternellement au fond du trou. » Jura-t-elle. « Mais d’ici là naissance de la petite, tu devras te préparer, et plus fort que jamais pour eux. » C’était ça, son répit : « D’accord ? »




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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Dim 24 Déc 2017 - 13:11
Cela semblait si évident pour elle. Comment pouvait-elle être sûre ? Comment savait-elle, qu’il pouvait. Lui-même n’était sûr de rien. Il ne savait pas comment passer au-dessus. Il ne savait même pas comment ça devait commencer ? Comment devait-il, lâcher-prise ? Il n’avait pas la réponse. Et dans un sens, il avait envie de la croire quand elle lui disait qu’il pouvait. Elle lui donnait l’autorisation de se laisser aller et il n’avait qu’une envie, se laisser faire. Mais c’était plus difficile qu’il n’y parait. Il avait mis tellement de barrières, tellement d’obstacles pour ne pas en arriver là que c’était comme bloqué. L’air se bloquait dans ses poumons, ses sanglots lui nouaient la gorge, il avait mal. Si mal. Il luttait encore alors que c’était perdu d’avance. Et alors qu’elle s’approchait, posant sa main sur son épaule, il se raidit de surprise. Sa main se fit réconfortante. Ce n’était rien, un geste c’est tout, mais c’était tellement signifiant. Il fut à nouveau secoué par un sanglot contre lequel il lutta, toujours. Il n’y avait aucune larme pour le moment, juste l’orage qui grondait. Ca faisait tellement mal. Quand elle reprit la parole, cela le figea à nouveau. Leur fille. Ces mots résonnèrent en lui et les larmes commencèrent à rouler le long de ses joues. Il n’y avait pas pensé. Enfin, si, mais pas comme ça. Il préparait Juliet pour cette arrivée, mais il n’y pensait pas pour ce que c’était réellement. C’était l’enfant d’Eli et de Selene, et personne n’était dupe. C’était un peu comme sa petite-fille – si tant est qu’il s’agissait bien d’une fille. Mais l’humaniser la rendait plus réelle, et le chilien ne pouvait pas l’ignorer plus longtemps. Alors les sanglots étouffés devinrent de vrais sanglots, de vraies larmes, une vraie douleur.

Andrea parla, elle continuait à utiliser cette voix douce et réconfortante qui lui permettait de lâcher-prise pour de bon. Elle parla, et eut les mots justes. Alma… était indéfinissable. Et il ne l’oublierait jamais. Depuis le début, elle était celle qui savait que leur histoire était belle. Il s’était laissé guider alors qu’il n’osait pas. Pour la première fois, il n’avait pas osé. Parce que c’était important et qu’Alma n’était pas n’importe qui. Elle était la mère d’Eli, et ça changeait tout. Il aurait tellement voulu profiter plus, profiter mieux. Mais leur histoire était restée secrète des semaines alors qu’ils auraient pu … Mais il y avait leur arrivée à la prison, cette excursion chez les cannibales qui s’était mal passée, les tensions entre Eli et Selene, en bonne mère, Alma avait placé les intérêts d’Eli avant ses propres histoires de cœur. Et Lisandro l’avait soutenu. Ce n’était pas le moment, ce n’était jamais le moment. Jusqu’à ce qu’ils se fassent prendre. C’était tellement ridicule aujourd’hui, tous ces secrets n’avaient plus aucun sens. Elle n’était plus. Elle ne serait plus jamais là pour le guider. Elle n’était plus là. Et le manque était terrible. Andrea l’autorisait à laisser cette peine s’exprimer.

Doucement, il se retourna vers Andrea, le visage ravagé par les larmes et le chagrin. Sa main retomba le long de son corps et il plongea son regard dans le sien. Il ne savait pas comment elle faisait pour tenir debout après tout ce qu’elle avait vécu. Elle ne savait pas comment elle faisait face. C’était trop difficile pour lui. Ce n’était pas dans son tempérament. Lisandro ne faisait pas face, il fuyait. Et malgré qu’elle le regardait avec compassion, il se sentait honteux de se montrer comme ça devant elle. Andrea était solide. Pas lui. « Je ne sais pas … Comment tu fais. » Il avait tellement lutté, il avait tellement intériorisé. Et maintenant, ça le bouffait, littéralement. Il la regardait alors que les larmes roulaient sur ses joues, que le chagrin lui broyait le cœur. Et elle était là. Andrea. Elle était bien la dernière personne qu’il s’attendait à voir, alors qu’il était en train de se noyer. Ils n’étaient pas tout ça l’un pour l’autre, tous les deux en étaient bien conscient. Ils se parlaient à peine et se comprenaient encore moins. Il la regarda, encore un moment, se perdant dans son regard parce qu’il n’avait rien d’autre pour l’aider à se raccrocher. « Je… Je suis désolé. » Pour tout ce qu’il lui avait dit, pour la façon dont il l’avait repoussé. Il prit place sur un tabouret derrière lui. Il se sentait si las, si vide, si mal. Des larmes silencieuses roulaient sur ses joues, il ne la regardait plus, il fixait le sol de l’infirmerie comme s’il se trouvait quelque part, loin. « Si Sarah n’avait pas … et Juliet, Isaac… Peut-être ... » Ça lui nouait la gorge, il leur en voulait. C’était injuste, ce n’était pas leur faute, ils n’avaient pas pressé sur la détente. Il se pencha en avant, les avant-bras posés sur ses cuisses, il se prit la tête entre ses mains. « Ils sont… Nous sommes… Responsables… Je voudrais tellement qu’elle soit morte. » Joann. Il en avait eu l’occasion, mais il ne l’avait pas saisie. Il leva les yeux vers Andrea, en proie à une détresse incommensurable. « J’aurai pu… J’aurai pu le faire ! Je ne sais pas pourquoi je ne l’ai pas fait, je ne sais même pas ce que j’ai fait ce jour-là… Mais je la tenais, Andrea. Je tenais celle qui a tué Alma. » Et il l’avait laissé vivre.
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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Dim 24 Déc 2017 - 14:30
Andrea avait souvent l’impression de vivre éveiller le cauchemar d’un autre. C’était l’explication qu’elle s’était donnée pour essayer d’aller mieux, parfois. De se dire qu’un jour, cette autre se réveillerait enfin, et que rien de tout ça ne serait pour de bon. Qu’il n’y aurait que des vestiges, des traumatismes, mais qu’elle serait encore sur le point de se marier avec Ben, et qu’il l’aimerait jusqu’au bout. Elle, et ses deux bras bien fonctionnels, capable de surmonter l’insurmontable. Au fond, la jeune femme ne savait pas non plus comment elle faisait pour s’en sortir. Elle ne savait pas comment elle parvenait à survivre à tout ça, sans s’effondrer. Avait-elle été plus préparé qu’un autre ? Elle n’en avait pas l’impression. Est-ce que l’absence de son père toute sa vie l’avait rendu plus forte ? Devrait-elle le remercier pour ce vide à l’intérieur, celui là même qui l’avait rendu méfiante envers les gens de son sexe ?

Elle non plus ne savait pas comment elle faisait. C’était toujours un instant trouble, lorsqu’elle se posait la question. Pourquoi ? Comment ? Pourquoi continuait-elle quand tout semblait lui dire qu’il ne fallait pas ? Après la mort d’Annabelle, sans pouvoir l’enterrer et se recueillir, elle s’était mise en tête que survivre était la seule chose qui comptait. Ruben à ses côtés, les choses avaient soudainement pris un poids énorme pour elle, et elle avait avancé à se traînant sa culpabilité derrière elle, sans faillir, jamais. Ses yeux sombres s’ancrèrent dans ceux de Lisandro. Elle ne pouvait pas lui amener plus de réponses, ni produire un miracle soudainement. Mais parce qu’elle n’était pas plus forte ou meilleure qu’un autre, elle pouvait au moins lui dire qu’il avait autant la capacité qu’elle d’aller mieux un jour.

Parce qu’elle ne transpirait pas le bonheur, parce qu’elle s’était renfermée pour se protéger, et que ça ne datait pas d’hier, encore moins de seulement son amputation. C’était profondément ancré en elle, comme une marque au fer rouge qu’elle cachait pour ne pas qu’on puisse la penser faible. C’était seulement de l’égoïsme, de la peur aussi, mélangée à cette pudeur qui la forçait à rester loin des autres. Aujourd’hui, elle franchissait ce pas pour Lisandro : Parce qu’elle se sentait étrangement proche de lui, de ses doutes, de ses regrets. De tout ce qu’il lui restait et qui n’aurait plus jamais la même saveur qu’avant, des souvenirs éparpillés qui deviendraient flous.

« Je te promets qu’elle paiera pour ce qu’elle a fait. » Andrea resta debout face à lui, droite comme un i, et d’une sincérité palpable. Elle le promettait. « Elle ne s’en tirera pas à si bon compte, elle souffrira bien davantage pour ses actes. »

Andrea n’était pas croyante. Pas comme tous les autres en tout cas. Elle était persuadée qu’il y avait une forme de justice quelque part, qui se chargeait des gens de ce genre-là. Elle était sûre que cette Joann se verrait retirer ce qu’il lui était de plus cher, et qu’on viendrait la torturer un jour pour ses actes. Elle ne l’aurait pas belle. Elle ne vivrait pas paisiblement avec ça sur la conscience. Et s’il fallait la traquer, comme une bête, comme un animal, et qu’elle s’en charge elle-même, Andrea était prête.

_____________________

« Tiens. » Fit-elle en lui tendant une tasse de café encore fumante. Andrea se retourna, et regarda la neige extérieure s’accumuler. Il y avait à peine du mieux chez Lisandro depuis quelques jours, surtout depuis la conversation qu’ils avaient eue, et ce début d’amélioration qu’elle avait remarqué. L’infirmerie était toujours son antre, mais l’homme sortait de temps en temps pour prendre l’air, aussi avait-il déjà pu discuter avec Ruben quelques instants pour reprendre le contact. L’adolescent lui en avait fait part. « Tu te sens de changer de grotte aujourd’hui ? » Lui demanda-t-elle d’une voix douce, en se retournant. « Tu as pu… Discuter avec Eli ? » Enchaîna-t-elle ensuite, bien plus sérieuse.




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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Dim 24 Déc 2017 - 19:50
Il y avait tellement de colère, tellement de rancœur et de regret. Le regret de ne pas avoir su faire les choses qui s’imposaient, de ne pas avoir su agir quand il en aurait eu l’occasion, de ne pas avoir su la sauver tout simplement. Ils étaient tous affectés par la disparition d’Alma, deux d’entre eux plus que les autres, mais c’était leur échec à tous. Et le groupe se détruisait, à cause de cette perte, de cette douleur, de ce chagrin. Pourtant, la vie continuait. En témoignait la grossesse, bientôt à termes, de Selene. Une nouvelle vie se préparait et Andrea avait raison, il laissait tomber. Il s’était enfermé ici, s’était coupé des seuls liens qu’il lui restait ici. Il avait abandonné. Allant même jusqu’à préparer Juliet à cet accouchement. Il s’y prenait mal, lui aboyait les instructions plutôt que de les lui enseigner. Mais la régisseuse avait raison, il devait se projeter. Pour le groupe, pour Eli, Selene et pour le bébé à naitre. Alma était probablement l’âme de la prison – pour lui. Elle avait su lier les deux êtres qu’elle aimait le plus ensemble, Eli et lui étaient probablement les âmes les plus sensibles, les plus émotives du camp. Et sans Alma pour les relier, les deux hommes se délitaient peu à peu. Pourtant, c’était ensemble qu’ils étaient plus forts. Andrea le savait, Andrea le poussait à renouer, à se reconnecter à ce qui était important là, ici, maintenant. Il s’en voulait de ne pas avoir su saisir cette occasion. Mais la détermination qu’elle mit dans ces derniers résonna en lui. Il regarda cette femme qui lui promettait une guerre qui n’était pourtant pas vraiment la sienne, ou peut-être que si. Lisandro avait peut-être tort de croire que ce n’était que SA perte, SON chagrin, SA douleur, et celle d’Eli. C’était une affaire de famille, mais il avait peut-être tort de croire que cette famille s’arrêtait à lui et au garçon. En voyant Andrea se dresser devant lui, alors qu’il pensait qu’elle ne se préoccupait que d’elle-même, de Ruben et de Selene, en la voyant ainsi, il revoyait son jugement. C’était une histoire de famille, mais la famille c’était toute la prison, et tous ces gens qui y vivaient. Il ne devait pas abandonner, pas seulement pour Eli et l’enfant à naître. Mais pour eux tous. Duncan, Sarah, Joachim, Isaac, Juliet, Murphy, Andrea, Selene, Eli et le bébé à venir. « Merci. » Ce fut ce qu’il parvint à dire juste avant de baisser la tête et laisser le chagrin l’emporter, juste un instant. Juste un peu. Parce qu’il fallait, parce qu’elle avait raison ; on avait besoin de lui. Et il avait besoin d’eux, tous.


_____________________

« Merci, Andrea. » Il lui offrit un sourire quand elle lui déposa un café dans les mains. Dehors, le paysage se parait d’un manteau blanc. La neige tombait à gros flocons et, il avait beau vivre à Seattle depuis plus d’une dizaine d’années, il n’aimait toujours pas ça. Ça ne l’aidait pas à sortir d’ici, de l’infirmerie. Il n’avait pas encore franchi le pas de retourner dormir dans sa chambre, leur chambre. Mais il sortait, il essayait … Il mangeait avec les autres, ne se contentait plus de juste prendre ce qu’il y avait pour le manger seul à l’infirmerie. Et il dialoguait avec les autres, avec Ruben. Il continuait d’éviter Isaac, Juliet, … il se tenait encore un peu à l’écart de Sarah, mais il ne cherchait pas à les punir, il cherchait juste à passer au-dessus. Andrea était là, elle était le soutien inattendu, la personne qu’il n’attendait pas et qui se tenait pourtant là, jamais très loin. Il n’aurait jamais pensé qu’un événement pareil aurait pu les rapprocher. La régisseuse était son opposé, mais parce qu’elle aussi avait perdu la personne qu’elle aimait, elle comprenait. Et Lisandro avait désespérément besoin de la croire quand elle lui disait qu’il irait mieux avec le temps, il s’accrochait à ça. « Ca dépend, la météo m’enchante pas tellement. » Le soleil de son pays natal lui manquait, comme toujours à cette saison. Mais le véritable sujet de cette conversation n’était pas la météo, non. C’était Eli. Le chilien détourna le regard un peu honteux. « Pas encore non. » Puis il jeta un coup d’œil à la brune à son côté. « Mais on ne s’évite plus, on sait tous les deux qu’une conversation s’impose, bientôt. » C’était un pas déjà. Il en avait conscience. Probablement qu’elle aussi. Il amena son café à ses lèvres, se réchauffant d’une gorgée brûlante. Il avait admis qu’il n’avait plus rien à faire dans cette infirmerie, depuis la mort d’Alma cet endroit était aussi propre et stérile qu’un bloc opératoire. « Tu as besoin de moi dehors pour quelque chose ? » Il savait qu’à un moment ou à un autre, il devrait retourner dans ses appartements, peut-être qu’Eli y était déjà passé, pour récupérer les affaires de sa mère, il n’en savait rien. Mais il n’avait pas envie d’y aller. Pas tout seul, c’était certain. Peut-être avec le garçon, plus tard. En attendant, il faisait des efforts pour tous ceux fournis par Andrea pour qu’il sorte de son antre.
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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Mar 26 Déc 2017 - 14:00
« Tu vis à Seattle depuis combien de temps ? » Demanda Andrea à la suite de la remarque de l’homme sur la météo.

Elle comprenait. Elle avait grandi jusqu’à sa majorité dans la ville émeraude. Ça forgeait le caractère : elle s’était habituée à la pluie et la neige, puis à son arrivée à Los Angeles, tout s’était perdu. Elle avait troqué les averses contre le soleil et le ciel bleu à perte de vue, la mer fraiche, certes, mais surtout l’ambiance décousue de la ville des anges. Lèvres pincées, Andrea se remémora surtout l’ambiance de certaines soirées, les plus belles en compagnie de Ben lors des longues promenades, jusqu’à tard dans la nuit, sur les plages de sables fins de la région. La mégalopole n’était pas faite pour tout le monde, Hollywood n’allait pas à tous les touristes qui rêvaient de s’y faire remarquer sur un miracle. Mais elle, elle s’y était faite. Comme elle l’avait dit nombre de fois à Sarah, parce qu’elles avaient travaillé dans le même monde assez longtemps : elle dans l’ombre de son aînée, c’était surtout les gens qui l’entouraient qui lui manquaient.

« C’est dans ce genre de moment que Los Angeles me manque. » Souffla-t-elle d’un air distrait en regardant par la fenêtre, bras contre sa poitrine, l’impression d’avoir pu croiser les deux maintenant qu’elle avait les mains libres. C’était le genre de sensation qui ne la quittait plus. Comme la douleur à son bras, les coupures qu’elle éprouvait parfois, les démangeaisons aussi contre ses poignets à force d’avoir laisser la corde lui entamer les chaires.

C’était dans ce genre de moment où elle s’éteignait. La lueur vivante dans son regard était soufflé par le froid, comme une flamme à bout d’oxygène. Lèvres pincées, la discussion avec Lisandro lui permit de la remettre dans le bain, et elle posa ses yeux sombres sur lui pour lui offrir un sourire rassurant : il n’évitait plus Eli. S’ils n’avaient pas discuté tous les deux, au moins il y avait-il du progrès entre eux.

« C’est déjà un bon début. » Le félicita-t-elle avec un air encourageant. Pas à pas, il remontrait la pente, il n’y avait aucune nécessité à presser l’allure pour l’instant. Les heures n’étaient pas extensibles, mais elles s’écoulaient si lentement que c’était tout comme. « Pas spécialement. » Fit-elle en haussant les épaules.

Il y avait peu de tâches qui lui étaient ouvertes avec un bras en moins. Andrea tentait de se rendre utile, avec sa prothèse notamment, mais devoir repenser sa manière de travailler, de procéder, l’épuisait plus que d’habitude. C’était toujours un peu frustrant lorsqu’elle s’y mettait, et si elle faisait toujours sa besogne plus que correctement, elle mettait néanmoins beaucoup plus de temps.

« Tu dors encore ici ? » Demanda-t-elle en désignant le lit du regard. « Tu sais… Tu peux peut-être prendre une autre pièce si tu n’oses pas… Retourner dans la vôtre. » Souffla-t-elle. N’avait-elle pas elle-même un peu fui la chambre qu’elle partageait avec son neveu à la perte de son bras ? De peur de sentir le poids de son inutilité. « ça pourrait peut-être t’aider… » Suggéra-t-elle dans la foulée, un peu sur le pouce, comme si ça n’avait pas vraiment d’importance au fond. Ça n’était que du symbolique.




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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Mar 26 Déc 2017 - 21:05
Depuis combien de temps était-il à Seattle ? Bien longtemps déjà, et pourtant il ne s’habituait toujours pas à la météo. « J’ai quitté le Chili en 2003, ça fait quatorze ans, déjà. Mais je déteste toujours autant la neige. » On aurait pu penser qu’il aurait fait un effort, mais non. Il était parti pour le rêve américain après tout, pas pour le climat. Mais comme pour beaucoup d’autres avant et après lui, le rêve américain n’était que ça, un rêve. Il n’avait pas eu les moyens de s’offrir la vie qu’il avait désirée au départ. Croquemort, c’était le plan B. Celui dont on se contente quand vous avez tout essayé pour atteindre l’objectif du plan A. Il n’aimait pas la neige. Il n’aimait pas Seattle en hiver. Son pays lui manquait, même s’il se demandait bien ce qu’il devait en rester de ce pays. Il espérait que les siens n’avaient pas à subir ça, c’était plus facile de se dire qu’ils étaient tous morts, que d’imaginer la vie qu’ils devaient avoir. Le Chili était un pays pauvre, ils n’avaient pas eu les moyens déployés ici, en Amérique. Alors, que s’était-il passé là-bas ? Et dans le reste du monde ? Valait mieux les croire tous morts, pour s’endormir plus facilement le soir.

« T’as vécu à L.A. ? » Il l’ignorait, en même temps, il savait si peu de choses sur Andrea. Ce qu’était sa vie avant tout ça, avant Messiah, avant même sa propre arrivée. Parce que ça ne faisait pas très longtemps qu’ils se découvraient, et parlaient vraiment. Il observa sa silhouette près de la fenêtre, un peu tendue, un peu ailleurs. Il était triste pour elle qu’elle ait perdu son bras, et dans de telles circonstances. Il l’avait accompagnée dans chacune de ses cicatrisations – physique – il se rendait compte à présent qu’il y avait des plaies plus psychologiques, qu’il entrevoyait à peine. Pour autant, il n’en disait rien, Andrea n’était pas vraiment du genre à parler, à se confier. Il espérait qu’Isaac avait plus de chance de ce côté-là, il semblait savoir y faire avec elle, un peu. Elle n’avait pas vraiment besoin de lui, elle se préoccupait juste de lui. Il eut un pauvre sourire, concernant sa relation avec Eli. « On fait comme on peut. » Puis elle aborda la question de la chambre et il se rembrunit quelque peu. Son regard se détourna d’elle, pour fixer la tasse remplie de café aussi noir que ses idées à ce sujet. Il n’avait pas envie de dormir ailleurs, c’était sa chambre, leur chambre, il pouvait y retourner. Un jour.

« Non mais les lits ici sont confortables. » Mensonge, elle était parfaitement au courant pour avoir dormi ici de nombreux jours, le temps de sa cicatrisation. Il soutint son regard quelques secondes avant de s’avouer vaincu. « D’accord, ce n’est pas terrible mais… » Il ne savait pas comment en parler, comment le dire. Elle comprenait, il n’avait pas besoin d’expliquer pourquoi il n’arrivait pas à y retourner. « C’est ma chambre, j’y retournerais. » C’était une certitude, ce qui ne l’était pas c’était le ‘quand’. « C’est juste que… toutes ses affaires sont… là. Ça ne faisait qu’une semaine qu’elle, qu’elle s’était installée. » Parce qu’avant, elle avait sa chambre à elle. Parce qu’ils ont fait semblant pendant de longues semaines qu’il n’y avait rien entre eux. Personne n’avait rien soupçonné, ou personne n’avait rien dit. « Je crois que je devrais voir ça avec Eli, qu’il récupère ce qu’il veut récupérer, qu’on fasse … j’en ai aucune idée. J’aimerai pouvoir tout laisser là, mais tu as raison, je ne peux pas m’établir ici indéfiniment. » Il soupira, le regard perdu dans le paysage de neige qui se dessinait dehors. C’était difficile, mais il arrivait à en parler. A elle, uniquement à elle. Parce qu’Andrea avait su débloquer le mécanisme de défense, là où les autres n’avaient que tâtonner, ayant leurs propres plaies à panser. Andrea n’était pas indemne, elle non plus. Mais elle était venue vers lui et l’avait bousculé. C’était ce dont il avait besoin. Il la regarda à nouveau, le regard attiré par ce bras qui n’était plus là. « Il te fait encore mal ? » Les douleurs du membre fantôme, ça arrivait fréquemment. Il ne savait pas vraiment ce qu’elle ressentait, mais il avait vu sa douleur, il l’avait accompagné au début, et il voulait l’accompagner pour la suite également, comme elle le faisait pour lui.
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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Mar 26 Déc 2017 - 22:35
« Pendant dix ans, oui. » Expliqua-t-elle au Chilien avec un sourire en coin. Comme si elle revivait l’instant T où elle était descendue du bus pour se lancer dans la vie active. Andrea avait tout réalisé sur le moment, parant systématiquement au plus pressé. Elle enchaînait les petits boulots sans intérêts et les castings dévalorisants, pour ne retrouver que quelques heures le taudis qui lui servait de chambre. « Pour me lancer dans une carrière d’actrice. Ça a été un échec cuisant. » Blagua-t-elle avec un sourire mutin.

Avec le recul, ce rêve la faisait rire. Elle n’était pas dénuée de talent pour la comédie, elle parvenait à tenir un rôle tout à fait correctement, mais il y avait quelque chose de pourri à Hollywood, qui sentait la chaire putride depuis des années. Sans doute n’était-elle pas rentrée dans les bonnes grâces des bonnes personnes. C’était malheureux, mais même ses deux années d’amour avec son formidable producteur renommé ne lui avait pas permis d’embrasser le succès.

« Du coup j’y ai construit ma vie. » Raconta-t-elle à Lisandro, conservant son sourire. « Il y faisait beau et chaud tout le temps. Il n’y avait pas d’hiver. » Ou en tout cas, seulement des hivers doux.

Un soupir lui échappa, et son regard se perdit dans celui de son voisin. La tentative de mensonges passa sous silence de son côté, alors qu’elle l’écoutait avec patience. Elle savait, comme tout le monde, que l’infirmerie était son antre, l’endroit où il se protégeait de tout. Et elle savait qu’en plus d’être son lieu-dit, c’était également la pièce avec les matelas les plus fins de toute la zone. Une œillade ironique plus tard, elle se contenta d’un rictus en coin avant de lever les yeux au ciel.

« Elle avait réussi à tout ramener ? » Blagua-t-elle légèrement, lorsqu’il parla du fait qu’Alma s’était installée avec lui. « Ces cellules sont minuscules déjà pour une personne… » Râla-t-elle avant d’en rire.

Il valait mieux ça. Ne pas prendre la chose trop au sérieux. Ne pas s’en faire un monde. Ils avaient de l’espace, mais avaient aussi eu le réflexe de se rapprocher malgré les colères et les regrets. C’était foutrement humain, comme s’ils cherchaient forcément la chaleur d’un autre pour se sentir exister. Ses yeux sombres se perdirent dans la neige. Andrea était contente d’être de ce côté de la vitre, même si un frisson lui remonta l’échine. Il se stoppa à la naissance de sa nuque à la question qui lui fit relever le regard vers lui.

Son bras lui faisait encore mal, oui. Sa seule main valide se serra autour de son coude, avant que, par pudeur, elle n’esquisse un mouvement pour se préserver. Plongeant dans sa poche, elle évita soigneusement son regard : c’était le genre de choses qu’elle gardait jalousement pour elle, depuis que c’était arrivé.

« Hm. » Elle pinça les lèvres. A quoi ça servait de conserver ce secret ? « C’est une constante. » Avoua la métisse d’une petite voix gênée. « Je peux toujours bouger mes doigts. Sentir les… Choses que j’ai touché. » Expliqua-t-elle.

Elle n’avait pas toujours besoin de fermer les yeux pour ça. Parfois, juste une odeur suffisait à ramener ces souvenirs par flashs. Andrea étouffait le plus souvent sous les regrets : de voir à quel point ces instants là étaient lisibles, incroyablement clairs, et comment elle ne parvenait même plus à souvenir de la voix de Ben, ni même des traits particuliers de son visage. Elle n’avait plus que des sensations, là encore… Et pas toujours celle qui lui réchauffait le cœur :

« Je me souviens de la sensation du froid sous ma paume, et de la douleur lorsqu’ils me tailladaient la peau. » Ajouta-t-elle. « J’ai l’impression parfois que je ne sens que ça. Je sais que ça n’a aucun sens, mais… Il est toujours là, d’une certaine façon… »

Son bras n’existait plus que dans sa tête et c'était là tout le problème.




La médiocrité commence là où les passions meurent. C'est bête mais j'ai besoin de cette merde pour sentir battre mon cœur.
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