The Walking Dead RPG

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- And breathe... Just breathe -
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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Dim 31 Déc 2017 - 12:24
Elle ne s’était pas attendue à ressentir soudainement tout ça. C’était vif, intense, et pour le moins déroutant. Andrea s’échinait depuis des semaines à mettre absolument toutes ses émotions sous clé. Dans une petite boite à l’intérieur d’elle-même, pour ne pas se laisser déborder, pour ne plus avoir à souffrir autant. Il n’y avait eu que la rencontre avec ces militaires pour parvenir à lui faire perdre son calme, sa parole aussi, et la rendre aussi sauvage qu’elle l’était devenue avec cette apocalypse. Peut-être même avant ça, d’une mesure moindre, finalement. C’était finalement son corps qui s’était rappelé à elle, et elle se retrouvait submergé par l’angoisse profonde qu’elle cherchait pourtant à éviter.

Les yeux embués de larmes, elle évita soigneusement d’avoir à fixer cette boite, cette putain de boite qui avait fait ressortir en elle ce qui se faisait de pire à son goût. Ce qui la rendait fondamentalement humaine et ce qu’elle se refusait à être pourtant. Elle ne pouvait se permettre de regarder Lisandro non plus, même si ses mots, censés lui expliquer pourquoi il avait fait ça, firent redoubler ses pleurs. Entre les sanglots silencieux et les perles salées qu’elle essuya d’un revers de main pour retrouver son masque de fierté, Andrea décida tout juste de l’ignorer. Il y avait des discours, même raisonnables, qu’elle ne pouvait pas entendre.

Et il pouvait bien lui expliquer tout ce qu’il voulait sur sa condition, elle savait ce qu’il lui arrivait. Elle savait qu’elle était bousillée, jusque dans sa tête, que plus rien n’était aussi évident qu’avant. Ses certitudes s’étaient effondrées, toutes en même temps, dès lorsqu’on lui avait arraché un bras. On l’avait atteinte dans son corps, et tout était parti à vau-l’eau à cet instant précis. Sa fierté s’était effondrée, son orgueil n’avait même pas réussi à soutenir les murs, et elle s’épuisait à colmater les brèches avec du ciment, comme si ça pouvait l’isoler à nouveau des horreurs du monde.

La proposition de l’homme ne put faire cesser ses larmes. Ce fut même tout le contraire au bout du compte. Parce qu’il y avait un spectateur de sa faiblesse, et ça la couvrait de honte et de culpabilité. Comment pouvait-elle exiger des autres d’être fort, de ne jamais plier, quand elle était incapable de tenir droite ? Elle secoua la tête. La gorge serrée, ce fut à son tour de fuir sans un mot : Elle se redressa soudainement et s’éloigna de lui. Sans un regard en arrière, elle s’enferma dans sa chambre.

_____________________

Andrea mit quelques jours à en ressortir. Avec l’aide de Ruben, d’Isaac et d’une Selene passant voir ce qu’il lui arrivait. Les mots réconfortants lui permirent de relativiser, elle usa de ces longues heures pour y penser sérieusement. Elle eut besoin de ce temps pour se rebâtir un peu, même si elle fut bien incapable d’expliquer aux autres ce qu’il se passait dans son esprit. Mais plus encore, ce fut un fossé qu’elle creusa entre Lisandro et elle, par principe. Pour ne pas avoir à supporter la pitié dans son regard, ou la culpabilité voutant ses épaules. Pour prendre la peine d’essayer de comprendre pourquoi son esprit partait autant en vrille comme ça.

Ce ne fut qu’à l’avant veille de Noël qu’elle retourna le voir. Elle le trouva là où il était toujours, dans son infirmerie, à essayer de tuer le temps probablement. Discrète, loin d’être dans ses habitudes, elle se racla la gorge pour capter son attention, et vit la surprise dans son regard :

« Je suis désolée. » Commença-t-elle d’une voix gênée. « Je suis prête, maintenant. »




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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Lun 1 Jan 2018 - 22:55
Ses mots n’eurent pas l’effet escompté. Avec cette simple boite, il avait heurté Andrea bien plus qu’il ne l’aurait cru. Et même s’il se sentait mal à l’aise devant sa détresse – témoin d’un tel éclat d’émotion – il se demandait si quelque part, ce n’était pas une bonne chose que ses émotions explosent ainsi. Il n’osait rien dire. Il ne la connaissait pas assez pour prétendre être sûr d’avoir fait ce qu’il fallait. Il voulait l’aider, et elle s’était décomposée comme ça, juste sous ses yeux. Et il ne pouvait rien faire parce qu’à cet instant précis, il eut la certitude que la réconforter n’était pas la chose à faire. Il était peut-être allé creuser trop loin dans les retranchements de la brune. Il avait posé cette boite et son contenu avait fait sauter les murs de sa forteresse. Il avait l’impression qu’il ne devait pas être là, qu’il n’aurait pas dû assister à cela, tout en se disant que peut-être, ça lui ferait plus de bien qu’il n’y paraissait. Il ramena sa main à lui, baissant le nez vers la table en attendant qu’elle dise quelque chose, que ses larmes se tarissent ou n’importe quoi d’autre. Il ne s’attendait pas à cette réaction, il ne pensait que ce serait aussi intense, aussi intime aussi. Il patienta, en silence. Jusqu’à ce qu’elle finisse par se lever et fuir vers les chambres. Il ne tenta aucun geste pour la retenir, ne la suivit du regard que quand elle l’eut contourné. Il soupira, profondément. Il se sentait soudainement las, un peu inutile. Maladroit, dans tous les cas. Quelqu’un entra dans la salle commune – Murphy. Lisandro le salua d’un hochement de tête, tout en remballant précipitamment la boite pour la glisser sous son bras et partir à son tour. Sur le chemin vers l’infirmerie, il trouva Ruben et honteusement, il lui demanda d’aller voir Andrea dans sa chambre – pas tout de suite ! Elle avait besoin d’un peu de temps – parce que prochainement, elle allait avoir besoin de sa famille. A cause d’une maladresse de sa part. Un peu gauche, Lisandro retourna dans son antre, posa la boite à tourments sur un coin de son bureau, et l’oublia.

____________________________________

Les quelques jours qui suivirent lui parurent plus lourds, plus tristes aussi. Andrea l’évitait. Cela l’atteignait plus que de raison, cela faisait longtemps qu’ils passaient du temps tous les deux, le chilien s’était habitué à sa présence, appréciait son amitié et sa présence. Toujours un peu embêté par ce qu’il avait provoqué chez elle, il n’osait pas non plus se montrer, aller la voir et lui parler. Au lieu de ça, il se permettait d’apostropher Ruben, pour essayer de savoir comment elle allait. Elle était inconsolable. Elle parlait peu. Elle sortait peu. Et non, ce n’était pas une bonne idée d’aller la voir. Alors il s’était fait tout petit et s’était inventé des tâches à faire à l’infirmerie pour ne pas être dans ses jambes si jamais elle sortait. Il tenterait plus tard. Quand elle sortirait. Peut-être. Entre temps, Eli était venu le voir et tout doucement, ils revivaient ensemble, tous les deux. Juliet était revenue travailler avec lui, elle se préparait pour l’accouchement futur de Selene et Lisandro lui apprenait avec plus de patience et moins d’amertume. Excepté qu’il se sentait mal de ce qu’il avait provoqué chez Andrea, et la disparition d’Alma qui le hantait tous les jours, les choses commençaient à reprendre un cours normal pour lui, à la prison. Il se reconnectait aux autres.

Il ne s’attendait pas du tout à la visite d’Andrea, il ne l’entendit pas entrer et la remarqua qu’en dernier instant quand elle se racla la gorge, et il sursauta légèrement. Le chilien la regarda, un peu étonné de cette timidité soudaine de sa part, mais quand il entendit ce qu’elle lui demandait, ses épaules se détendirent. « Je … Oui, je te l’apporte. » Il fila prestement jusqu’à son bureau où la boite trônait toujours, ignorée depuis quelques jours. Il la prit et l’apporta à Andrea. Il y avait une petite table – là où Juliet prenait ses notes – près d’un des box, il la posa. « Tu peux l’emmener si tu veux, ou l’essayer ici et je peux… Je peux te laisser toute seule. » Il était prudent, tellement désolé de la dernière réaction qu’il avait provoqué chez elle. Il ne pensait qu’à l’aider.
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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Lun 1 Jan 2018 - 23:41
« Tu peux rester. » Lui assura la métisse dans la foulée, avec un sourire qui se voulait confiant.

Qui ne l’était pas forcément, mais l’intention comptait. Elle scruta la boite comme la dernière fois, mais avec une crainte supplémentaire : d’être à nouveau débordé par ses sentiments. Pour autant, Andrea avait conscience que ses larmes s’étaient taries, et qu’elle n’avait plus grand-chose à pleurer. Ruben avait été là pour les éponger, sans lui faire mention des appréhensions de Lisandro à son sujet. Se retrouver en sa compagnie aujourd’hui lui faisait bizarre, mais la jeune femme se sentait obligée de l’avoir avec elle pour cette épreuve : c’était son idée. Son plan. Son œuvre. Et quoi qu’il en dise, il méritait sa place, même si elle le repoussait. Il avait prouvé sa valeur, par les efforts qu’il avait fait pour aller vers le mieux.

« Merci. » Souffla-t-elle d’une petite voix, en venant s’asseoir en face de la boite. Elle ne put la quitter du regard, comme par peur qu’elle disparaisse, et que tout change brutalement.

Andrea resta aggripé à cet instant, avant de parvenir à passer au suivant. Une inspiration plus tard, et elle parvint malgré tout à remettre ses bras dans les ouvertures qu’elle voyait. Ses yeux sombres ne remontèrent pas vers Lisandro pour lui demander d’ouvrir la boite. Non. Elle lui fit juste un signe de la tête lorsqu’il lui demanda s’il le pouvait, lui affirmant qu’elle était prête.

Elle l’était. Elle devait l’être.

Car quand elle allait revoir ce reflet, elle ne voulait pas perdre ses moyens. Elle croisa le miroir, s’attarda dessus un long moment. Et elle s’amusa alors, lentement, à faire bouger ses doigts. L’impression de le faire avec les deux mains en même temps lui donna envie de rire. Le soulagement vint l’étreindre à mesure qu’elle se laissait porter par la duperie. Oui, son cerveau était réceptif à ce piège. Il voyait, comme elle, ce qu’il se passait présentement. Il pouvait ressentir cette main absente comme la première fois. Cachée dans le compartiment, mais bien présente.

Serait-elle déçue lorsqu’elle reviendrait à la réalité ? Andrea n’en était même pas persuadée. Parce qu’elle ressentit aussi un étrange « rien ». Comme si, après des semaines à éprouver cette douleur vive au bout de son coude, plus rien ne lui parvenait désormais. Ce rien, ce vide, lui permit de respirer. Comme si c’était la première fois depuis longtemps qu’elle prenait sa bouffée d’air. Comme si, enfin, on lui retirait un poids de sur la poitrine, qui l’empêchait ici de déployer ses poumons.

Andrea se sentait revivre. La douleur était partie, soudainement, comme par magie. Elle n’eut pas besoin de forcer le sourire qui s’incrusta sur son visage : une risette qui trahissait son soulagement profond, et la sincérité de celui-ci. Lisandro ne se rendait pas compte : Elle respirait. Enfin, elle respirait. Pour la première fois depuis quatre longs, très longs, mois.

« C’est très étrange. » Murmura-t-elle. « Très étrange. » Répéta-t-elle dans la foulée. « Je n’ai pas mal… »

Je n’ai plus mal.

Andrea passa un moment encore à tendre et détendre sa main. De concert, avec celle absente, pour pouvoir la mouvoir, la ressentir une dernière fois comme elle était avant. Sans les cicatrices, sans les plaies, sans la chaire à vif qui la tordait de douleur. Sans les larmes amères au coin des yeux. Elle extirpa sa main de la boite, et sans gêne, elle posa sa paume sur celle de Lisandro. Sans une once de honte dans le regard, de pudeur encore, ou de distance qu’elle mettait d’ordinaire avec les autres, elle lui offrit un petit sourire sincère.

« Merci, Lisandro. » Lui chuchota-t-elle pour qu'il soit le seul à pouvoir l'entendre. Parce qu'elle voulait que ça n'appartienne qu'à lui.




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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Mar 2 Jan 2018 - 12:10
A son grand étonnement, Andrea l’invita à rester avec elle pour revivre cette expérience. Cela le rassurait, en réalité, et lui faisait plaisir. Aussi ne chercha-t-il pas à discuter. Il la laissa s’installer et pris place en face d’elle, en silence. Il lui laissa le temps de se préparer, le temps qu’il fallait pour qu’elle soit prête. Elle le laissait assister de nouveau à ce bouleversement, mais cette fois-ci, elle savait à quoi s’attendre. Cette fois-ci, elle savait ce qui allait arriver et elle avait pris tout le temps nécessaire pour se préparer à ce qui allait arriver. Elle prit le temps, fixant cette boite comme si elle avait peur de ce qu’il y avait à l’intérieur, ou comme si elle allait disparaitre peut-être. Elle glissa ses bras dans les interstices prévus à cet effet, et d’un signe de tête lui demanda d’ouvrir la boite. Sans un mot, il obéit et posa le couvercle à côté. Il se risqua un coup d’œil à son amie avant de détourner le regard par pudeur.

L’absence de réaction, aucun son venant d’elle lui fit relever les yeux vers elle. Andrea fixait la boite, comme fascinée. Sans oser trop bouger, il baissa les yeux sur la boite, la regardant bouger sa main intacte et se soulager par le reflet dans le miroir. Il la regarda délier ses doigts, comme si ses deux mains étaient toujours là. Sur le visage d’Andrea, diverses émotions se succédaient, jusqu’au soulagement profond que cela lui faisait. La boite faisait son œuvre, elle dupait son cerveau et soulageait cette douleur qui n’existait peut-être pas, mais qui la faisait souffrir. Il n’osa rien dire, retenant presque son souffle tant il sentait que ce moment était important pour elle. Mais il était soulagé lui aussi, de la voir ainsi. Andrea était si fermée d’ordinaire, préservée de toutes les émotions – négatives comme positives – qui pourraient mettre à mal ce contrôle d’elle-même qu’elle chérissait tant. Pour un homme comme lui, qui se laissait la plupart du temps guider par ces émotions c’était important de voir qu’elle était capable de prendre le bien également, de ne pas s’en couper.

Elle reprit la parole après ce genre d’instant suspendus qui semble durer une éternité. Elle n’avait plus mal. Cela fonctionnait. C’est à cet instant qu’il comprit à quel point il était tendu, quand le nœud dans ses épaules se dénoua et qu’il se sentit respirer à nouveau. Un poids s’était ôté de sa poitrine. Ils avaient réussi. Un sourire naquit sur ses lèvres, tellement il était soulagé pour elle. Mais il se figea quelque peu quand elle vint poser sa main sur la sienne, pour le remercier. Il était surpris, mais le sourire sincère qu’elle lui offrit le détendit. De sa main libre, il vint la poser sur la sienne. « Merci à toi, Andrea. » Pour tout ce qu’elle avait fait pour lui depuis quelques temps, pour la force qu’elle lui avait donné, cette envie de vivre pour les personnes qui restaient. Celles qui méritaient qu’il se batte pour elle. Andrea en faisait partie. « Je suis soulagé que ça fonctionne. Tu le mérites. » C’était sincère, comme le sourire qu’ils échangeaient en cet instant.
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