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 And breathe... Just breathe

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Lisandro Sedillo
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MessageSujet: And breathe... Just breathe   Dim 26 Nov 2017 - 22:42

Il ne voulait pas sortir de là, pas encore. Ici, il servait à quelque chose, il était utile. Même si ses tâches principales consistait à compter et re-compter les fournitures médicales dont ils disposaient encore. Il n’y avait rien d’alarmant, même si Sarah avait entamé un grand nombre de leurs compresses. Il n’était pas urgent de ressortir. De toute façon, il était trop tôt pour retourner dehors. Ils avaient tous de nombreuses plaies physiques et mentales à soigner d’abord, et les dernières personnes valides n’étaient pas en état. Lisandro n’était pas pressé. Qu’il parvienne déjà à retourner dans sa chambre, ce serait déjà quelque chose. A défaut d’être utile à quelqu’un pour le moment, le chilien s’était mis à écrire, une ligne de conduite pour Juliet – ou n’importe qui d’autre, puisqu’il ne reparlait toujours pas à Juliet et la supportait difficilement dans ses pattes. Ça passerait. Dans le fond, il le savait. Mais pas pour le moment. Pour le moment, les seules personnes qu’il parvenait à regarder sans honte, colère ni chagrin étaient Murphy, Ruben et Andrea. Les autres faisaient monter en lui des émotions dont il ne voulait pas. Même Selene, qui n’y était pas, il ne pouvait pas soutenir son regard sans avoir peur des larmes qui pourraient couler sur ses joues. Il redoutait terriblement ce moment, celui où tout allait s’effondrer. Car tous ses efforts ne servaient à rien, il ne faisait que repousser l’inévitable. Huit jours, c’était déjà énorme.

Il posa son crayon sur le bureau et se frotta les yeux à cause de la fatigue. Il ne dormait pas beaucoup non plus. Il avait bien les lits de l’infirmerie, mais il attendait d’être sûr de tomber de fatigue avant d’aller s’allonger, d’être sûr qu’il dormirait avant que sa tête ne repose sur l’oreiller. Décidant de prendre un peu l’air, Lisandro s’approcha de l’entrée et ouvrit la porte de l’infirmerie pour faire entrer la fraîcheur de novembre dans le bloc. Mais il ne franchit pas le seuil. Toujours pas. Dehors, la cours de la prison était calme, si les autres s’affairaient c’était à l’intérieur, et ce n’était pas plus mal. Il s’accordait un instant de pause, avant que les émotions ne montent et qu’il retourne à l’intérieur pour s’occuper de quelque chose de très inutile, mais qui lui occuperait l’esprit assez longtemps pour noyer la crise dans l’œuf. C’était désert dehors, et pourtant, il s’attendait presqu’à la voir arriver, le réprimander de laisser la porte grande ouverte avant de venir l’embrasser en le poussant à l’intérieur. Il regardait dehors et il la cherchait. C’était plus fort que lui. C’est pour ça qu’il ne sortait pas. Car non seulement elle n’arrivait pas, mais généralement, à trop mettre le nez dehors, c’était quelqu’un d’autre qui finissait par sortir des baraquements pour-il-ne-sait-quelle-raison et passait devant l’infirmerie. Infirmerie qu’il finissait par fermer avant que cette dite-personne ne le trouve dans un moment d’inactivité et ne vienne lui parler. C’est à ce moment précis qu’Andrea apparu, tuant le fol espoir de voir sa longue chevelure noire ondulée rebondir sur ses épaules, la démarche chaloupée qui l’avait tant fait chavirer. Au lieu de ça, Andrea. Son regard qui s’était illuminé pendant une fraction de seconde s’éteignit quand il croisa le regard de la brune. C’était ridicule. Alma n’était plus. Il la regarda approcher, avant de brusquement tourner les talons et retourner à l’intérieur de l’infirmerie en laissant la porte se refermer derrière lui. Ou pas.
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Andrea West
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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Mer 6 Déc 2017 - 11:50

Cette sensation de vide, elle la ressentait aussi, à sa manière. Si elle ne connaissait pas vraiment Alma, elle s’était habituée à sa présence, à l’aura qu’elle dégageait dès qu’elle entrait dans une pièce. L’hispanique était fascinante en bien des points, à pouvoir faire relever le regard du plus timide d’entre eux rien qu’avec un sourire. Andrea ne s’en était pas faite une amie, mais elle n’avait pu s’empêcher d’éprouver, à son égard, un sentiment encore plus fort : le respect. Son tempérament affirmé, sa douceur incroyable, la chaleur qui transformait chaque lieu hostile en un foyer rassurant.

Le genre de personnage qu’elle aurait aimé être. Alma avait ce petit rien qui la définissait comme une mère. Eli avait été son fils, sa chaire, sa vie. Il était parvenu à la définir de sa simple présence, illuminant ses journées d’une inquiétude parfois insoutenable, mais d’un torrent d’amour intarissable. Par moment, Andrea s’était surprise à l’admirer, à la comprendre aussi. N’était-ce pas ainsi qu’elle voyait sa relation avec Ruben ? L’adolescent faisait partie de sa vie, il était la définition même d’un fils à ses yeux. Si elle ne se vouait pas à avoir ses propres enfants, elle savait que son neveu en était un.

Alma aurait été la seule à pouvoir la comprendre. Elles en avaient ri ensemble, une ou deux fois, au détour d’une conversation. S’amusant des points communs que pouvaient avoir Eli et Ruben, même si les deux ne s’appréciaient pas tellement, son neveu tenant rancœur au mexicain le traitement qu’avait subi Selene en son absence. Ils étaient cependant plus semblables qu’ils ne l’imaginaient. Un soupir lui échappa, alors qu’elle attrapa son bras de fortune pour l’attacher à son moignon guéri. Ses yeux ne purent s’empêcher de voir les tâches de sang séchées qui avaient imprégné durablement le cuir.

Sa gorge se noua par instinct. Sa seconde main se porta sans qu’elle ne s’en rende compte à sa gorge soignée depuis le temps, contre laquelle elle sentait pourtant toujours cette prise ferme la faisant suffoquer. Andrea s’était vu mourir là-bas. Comme Alma. Elle avait cent fois trop conscience que ça aurait pu être elle. Qu’il n’y avait que peu de différences entre elles deux, sur le fond, ça n’était peut-être qu’une question de hasard. De malchance. Et puis, elle ne put s’empêcher de penser que Lisandro et Eli auraient probablement préféré que ça soit elle, plutôt qu’Alma.

Elle aurait préféré aussi, d’une certaine manière.

Surtout en croisant le regard vide de tout espoir de Lisandro, sur le pas de la porte de l’infirmerie. La déception dans ses yeux éteint, celle qui regrettait qu’elle ne soit qu’elle et pas une autre. Pas cette autre. L’hispanique retourna dans sa grotte sans même lui adresser un mot, et un second soupir lui échappa alors qu’elle baissait les pupilles. Elle n’était qu’elle, malheureusement. Pas assez forte pour sauver tout le monde. Pour se sauver elle-même. Pour garder ses deux bras. Mais elle savait Lisandro au bord d’un gouffre qu’elle avait abordé plusieurs ces derniers mois, avec lequel elle flirtait dans ses heures sombres.

Andrea repoussa la porte qu’il avait poussé en l’évitant, et referma derrière elle. Elle n’avait rien à lui dire, rien qui pourrait faire disparaitre soudainement son chagrin. Mais le chilien avait fait beaucoup pour elle, rien qu’en étant tout simplement là. N’était-ce pas un juste retour de faire la même chose ?

« On est pas obligés de discuter si tu ne le veux pas. » Lui souffla-t-elle en tirant une chaise sur laquelle elle s’installa. « Ou alors on peut refaire le monde pendant des heures. On peut en parler. On peut… seulement y penser, de loin. » Ajouta-t-elle. « Mais il y a une chose qu’on ne peut pas faire : te laisser abandonner. »

Elle pinça les lèvres.

« Je ne te le permettrais pas. » Jura-t-elle.




La médiocrité commence là où les passions meurent. C'est bête mais j'ai besoin de cette merde pour sentir battre mon cœur.
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Lisandro Sedillo
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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Mar 19 Déc 2017 - 21:18

Pourtant, il aurait aimé croire que c’était elle. Mais il ne s’agissait que d’Andrea. Ce n’est pas qu’elle ne l’intéressait. Mais si, clairement, il n’en avait rien à faire en ce moment. Il aurait réagi de la même manière si Selene était arrivée, et aurait claqué la porte encore plus rapidement si cela avait été Eli. Il évitait toujours le gosse, alors même qu’il ne lui en voulait en rien. Ce n’était pas sa faute s’il lui ressemblait tant. Un jour, il espérait pouvoir regarder Eli sans sentir cette lame s’enfoncer dans son cœur. La porte de l’infirmerie claqua derrière lui et il chercha quelque chose à faire dans cette infirmerie terriblement rangée, propre et organisée. Il vivait ici depuis la mort l’avait emporté, il avait fait le tour des lieux cent fois, fait l’inventaire un nombre de fois inutile. N’importe qui pouvait lui dire qu’il n’avait plus rien à faire ici, qu’il devrait retourner dans sa chambre et se reposer un peu. Mais il ne pouvait pas. Au lieu de ça, il s’enfermait dans sa bulle, se cachant du reste des habitants de la prison. Il n’adressait pas la parole à Isaac, pas plus qu’il n’était agréable avec Juliet et Sarah. Ils étaient tous les trois en partie responsable. Cette puta brune avait tiré, mais alors qu’il regrettait ne pas l’avoir achevé à ce moment-là, il lui fallait d’autres responsables, d’autres personnes à accuser. Pour encaisser le choc.

Dans son dos, on poussa la porte de l’infirmerie et le chilien soupira, mécontent. N’était-ce pas suffisamment clair ?! Il se retourna et fut presque surpris de voir Andrea refermer la porte derrière elle. Comme s’il ne l’avait pas vu, l’instant d’avant remonter jusqu’à lui. Peut-être ne l’avait-il vraiment pas vue, il ne semblait pas avoir enregistré l’information. Il ne s’attendait pas à Andrea, parce qu’elle ne venait que quand c’était strictement nécessaire. De ce nouvel instinct que ces lieux avaient réveillé, Lisandro s’apaisa et eu un mouvement en avant pour la regarder. Était-elle blessée ? Avait-elle mal quelque part ? Quelque chose n’allait pas avec son bras ? Il se mit à chercher une explication avant de la demander, mais il n’eut rien à dire car elle prit la parole. Et il se rembrunit, il hésita un instant avant de lui jeter un regard hostile. D’eux tous, elle était la personne qu’il estimait encore le plus, la personne dont il se sentait le plus proche. Parce qu’elle avait essayé de sauver Alma. Parce qu’aucun abri au monde ne valait la peine de sacrifier deux vies. Parce qu’elle avait compris. Venait-elle vraiment pour une leçon de morale ? Ce discours bien-pensant pour soulager sa peine ?! Elle prit une chaise et s’y installa. Il la regarda de haut, ne cachant pas son animosité. Il ne savait plus faire que ça, c’était plus facile que devoir parler avec qui que ce soit. Qu’Andrea soit venue le déstabilisait. Mais il était en colère. Oh, il était tellement en colère. Non pas contre elle, ni contre les autres, mais contre le monde entier, contre lui-même, contre cette faucheuse qu’il respectait tant et qui lui avait enlevé cette femme, la seule qu’il ait vraiment aimé jusqu’ici. C’était trop court, il voulait plus de temps. Tellement plus de temps. Mais… « J’n’ai pas l’temps pour taper la discut’ avec toi, Andrea. » Il croisa les bras sur son torse, la regardant de haut. Ben non, il n’avait plus le temps. Puis il avait tellement de choses à faire, comme en témoignait l’immaculée infirmerie.

Pincée, elle insista. Je ne te le permettrais pas. Alors il soutint son regard, se croyant bien ancré au sol. Pourtant quelque chose au fond de ce regard alerta quelques alarmes internes dans son esprit. Andrea avait le temps, elle. Intérieurement, il commença à se débattre. Au début, cela ne se vit pas. Puis son regard tomba au sol, puis sur un mur, avant de la regarder à nouveau avec énervement. « Je ne… » Mais son souffle se coupa, il n’acheva pas cette phrase à peine entamée. La bataille interne fut plus rude, il décroisa les bras, levant les yeux au ciel. IL N’AVAIT PAS LE TEMPS POUR CA ! Ne pouvait-elle pas comprendre ?! Pas le temps pour pleurer Alma. Pas le temps pour parler d’elle. Pas le temps pour ressentir à nouveau ce déchirement dans sa poitrine. Il ne voulait pas. Et Andrea continuait de le fixer et d’attendre, patiemment. Elle avait le temps, elle. Il se détourna, décidant de l’ignorer, il se dirigea vers son bureau, mais il sentait toujours son regard sur lui et le poids de ses mots. On ne te laissera pas abandonner. C’était ça, qu’il faisait ? Peu importe. Ca n’avait pas d’importance. Il n’avait pas le temps pour ça. Mais excédé par cette présence importune, il fit demi-tour brusquement et marcha droit sur Andrea en la pointant du doigt. « TU… » A nouveau, les mots s’étranglèrent. Son regard brillait, mais ce n’était la rage, ou la colère, mais toute la douleur continue. Il ne s’approcha pas trop près d’elle, restant à quelques pas de distance, prudent. « NON ! » Il voulait qu’elle foute le camp. Qu’elle le laisse tranquille, qu’ils le laissent tous tranquille avec ça. « FICHE LE CAMP D’ICI, ANDREA ! » Et pourtant cette femme devant lui, il l’estimait. Mais c’était probablement pour ça que c’était si dur. Parce qu’il ne pouvait pas se laisser aller, il ne le ferait pas. Il ne voulait pas qu’elle voit ça, que quiconque voit ça. Il n’avait pas le temps pour ça.
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Andrea West
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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Mar 19 Déc 2017 - 22:00

« Et qu’est-ce que tu vas faire ? » Demanda-t-elle simplement en scrutant autour d’elle. Elle n’avait qu’à deviner : choisir un endroit à la pioche et dire des mots au hasard ! « Ranger l’infirmerie, encore une fois ? Nettoyer ce que tu as déjà nettoyé jusqu’à t’en limer les doigts ? Refaire le lit déjà fait ? » Ses sourcils se froncèrent. Ça n’était pas des reproches, ça n’était pas fait pour être méchante avec lui. Mais il fallait qu’il se rende compte maintenant que ça ne tournait plus rond. « Continuer à fuir la terre entière parce que tu ne veux pas affronter la vérité ? »

C’était sans doute la réplique qui faisait le plus mal dans le lot. Elle n’était pas de celle qui réconfortait. Ou en tout cas, elle ne l’était plus. Sa perte à elle lui avait arraché une partie de son empathie, de sa considération, et ses réactions se faisaient souvent plus brusques, plus violentes qu’elle ne le voulait. Elle n’avait pourtant jamais été toute en rondeurs dans ses sentiments, pas comme sa mère ou Annabelle. Souvent, Andrea s’était trouvée plus sèche, plus ferme, loin d’être maternante. Ruben lui avait appris à sa manière, mais l’exercice n’était pas toujours des plus simples. La douceur ne faisait pas partie de ses traits.

Elle encaissa le regard de Lisandro, même quand celui-ci se fit fuyant. Ses sourcils se froncèrent. Il n’avait pas le temps pour ça. C’était en tout cas ce qu’il lui avait affirmé, pour la chasser d’ici, pour se lover encore dans sa solitude. Il le pouvait, si seulement ça l’aidait à sérieusement faire son deuil. Si seulement ça lui permettait de passer à autre chose. Elle n’en avait plus la certitude présentement, loin de là. Ça devenait évident qu’il se noyait dans son chagrin, ne se comportait que comme un robot à défaut de retrouver son humanité. En fait, Lisandro fuyait ses émotions comme la peste, avec la peur puissante de s’y perdre au passage.

Et le ton monta. La métisse resta fermement accrochée à son siège, avant de se redresser. Debout sur ses jambes, elle fut fermement ancrée sur ses appuis pour lui faire face. Droite, raide, presque rigide. Son regard ne changea cependant pas : il resta d’une impassibilité assurée, comme pour lui dire qu’elle ne craignait pas la tempête. Elle pouvait l’encaisser. En fait, Andrea en avait vu d’autres, des plus terrifiantes. Et ça n’était pas de lui dont elle avait peur. Redressant le nez pour pouvoir assurer de camper ses yeux dans les siens, sa dernière invective n’eut qu’une seule réponse :

« Non. »

Il y avait-il besoin d’en rajouter ? Elle voulait lui dire qu’elle comprenait. Parce qu’elle s’était retrouvée presque à sa place quelques mois plus tôt. Différemment, certes. Mais elle comprenait. Et lui n’était pas comme elle. Lui ne pourra pas exiger d’elle qu’elle le laisse traverser l’épreuve seule, quand elle l’avait experimenté quelques semaines avant, et qu’elle savait à quel point ça pouvait être dur, violent, sombre. C’était comme être sur un bateau balloté par les vagues, en plein milieu d’une tempête sans pareille, à ne plus savoir à quoi se raccrocher. La voile déchirée par les vents, la coque meurtrie par les remous. Et le vide puissant après le sinistre.

« Je ne partirais pas. » Assura-t-elle. « Il faudra que tu me mettes dehors pour ça, et ça n’arrivera pas. »

Elle était prête à le parier. De la même manière, à s’accrocher de sa seule main à ce qu’il faudrait pour qu’il ne la fiche pas à la porte. Lisandro n’avait que trop conscience qu’elle se battrait bec et ongles pour ce qu’elle voulait. Et si c’était pour rester, alors il n’y aurait rien pour la faire flancher. Andrea avait la tête dure. Trop, parfois. Et pour la fuir, il faudrait soit la mettre dehors, soit sortir d’ici. Ou alors, il lui faudrait lui parler.




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Lisandro Sedillo
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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Mer 20 Déc 2017 - 14:38

Lui qui se pensait si sûr de ses ancrages, si sûr des murs qu’il avait dressé à l’intérieur de lui et autour de lui, sentait toutes ses fondations s’ébranler alors qu’elle se dressait devant lui, inébranlable. Il réalisait jusque-là qu’il avait été épargné par les autres. Même Selene l’avait ménagé. Personne ne savait comment s’y prendre avec lui, parce que tout le monde pansait ses propres blessures, tentait de renouer solidement les liens déjà établis. Mais Lisandro avait perdu toute attache, l’autre personne qui le maintenait en vie, raison pour laquelle il était venu jusqu’ici, étant submergé par cette perte qu’ils partageaient tous les deux. Et parce que tout avait été difficile avant ce funeste jour, parce que le garçon n’appréciait pas les sentiments entre sa mère et lui, Lisandro continuait de l’éviter. Pour ça et pour sa ressemblance avec elle, aussi. Il était son fils, il y avait trop de son visage chez lui. Puis c’était plus facile. Plus facile de fuir que de se redresser et de faire face. Il se pensait bien ancré au sol, mais Andrea était plus solide que lui.

A l’intérieur, la bataille faisait rage. Il avait été épargné jusqu’ici, mais Andrea semblait avoir décidé que c’en était assez. Ce n’était pas quelque chose qu’il avait prévu. Il l’avait vu sombré, se fermer aux autres après avoir perdu son bras, il avait respecté son mutisme, son besoin de tranquillité. En tant que médecin, il avait toujours été là, présent si elle avait besoin. Mais il ne s’était jamais imposé. Parce qu’il n’était pas cette personne pour elle. Ce n’était pas son rôle, pas sa place. Et Andrea n’avait pas sa place ici non plus. Elle n’avait pas le droit de venir détruire tout ce qu’il se donnait un mal de chien à construire. Il se cachait, elle avait raison. Mais il ne savait pas quoi faire d’autre et il n’avait pas envie qu’elle vienne tout ébranler. Mais bien campée face à lui, nullement impressionnée par sa colère, il était coincé. Le regard qu’il posait sur elle était noir, virulent d’émotions qui ne la concernait pas. Une colère qui ne lui était pas destinée, qu’il ne voulait pas lui donner mais qui se déversait sans qu’il ne puisse rien y faire. Mais elle, elle était parfaitement calme. Et ça l’énervait d’autant plus. « Fous-moi la paix, Andrea. J’n’ai pas besoin de toi. » Il ne pouvait pas se résoudre à s’approcher et à l’empoigner pour la mettre dehors. Il ne pourrait pas le faire.

Il semblait comme ces animaux qu’on accule dans un coin, en attendant qu’ils rendent les armes. Il pouvait la mettre dehors, il pouvait également fuir. Sortir de l’infirmerie. Mais il ne pouvait pas. Parce qu’il ne l’avait pas encore fait sans nécessité, sans raison bien particulière. Il était coincé ici, avec elle. Alors, ne sachant pas quoi faire, il sortit les crocs. « Franchement, j’n’comprends même pas c’que tu fais ici. De quel droit tu viens me trouver pour ça ?! T’es même pas fichue d’exprimer une seule émotion, de sourire sans que ça n’te coûte. » Froide, distante et méfiante. Une statue de marbre qui ne laissait rien transparaitre. Un cœur ? Médicalement, il savait qu’elle en avait un. Mais il était froid, réduit à la seule utilité d’organe la maintenant en vie. Une mécanique dépourvue d’âme, de chaleur. « Quelle charmante mère tu fais pour Ruben. » La mauvaise foi suintait de sa voix, de son regard. Il ne voulait pas de son aide, il était coincé ici avec elle et comme il ne pouvait pas s’approcher pour la mettre dehors – de peur de ce que cette proximité pourrait lui faire –, il devait trouver un autre moyen pour qu’elle déguerpisse. Mais il n’était pas tranquille. Car ça s’ébréchait à l’intérieur. Elle devait foutre le camp et vite. « T’as pas l’droit d’parler d’abandon alors que TOI, t’as laissé tomber. Et t’as même pas été foutue d’aller jusqu’au bout. » Il la toisa, alors que la colère et la peur le faisaient trembler, alors que le chagrin et la douleur attendaient patiemment leur tour, tapis dans l’ombre. « Je n’ai pas abandonné ! Je ne l’ai pas abandonné MOI ! J’n’vois vraiment pas comment une Bruja sans âme comme toi pourrait m’aider !? » Il se mélangeait un peu, il n'avait pas prévu parler d'elle. C’était acide, volontairement blessant. Ce n’était pas Andrea qui avait abandonné Alma, il le savait. Mais sa colère avait besoin d’un bouc émissaire, et comme il évitait tout le monde à la prison, qu’elle était la seule et la première à oser venir le bousculer dans sa solitude morbide, elle pouvait prendre pour les autres. Si seulement ça pouvait la faire disparaitre à sa vue. Qu’il puisse reconstruire les murs, éloigner la peine de son cœur.
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Andrea West
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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Mer 20 Déc 2017 - 15:58

Il n’avait pas besoin d’elle effectivement. Ou tout simplement, il n’avait pas envie que ça soit elle qui l’aide à sortir la tête de l’eau. Sauf que celle qu’il désirait aveuglément n’était plus, et elle n’y pouvait rien. Elle était pourtant la seule à pouvoir lui tendre la main pour l’aider à refaire surface, la seule à comprendre la douleur dans ses poumons, la seule à comprendre pourquoi il hésitait à se laisser sombrer. Elle essuya la tempête sans broncher, sans faiblir, sans faillir, en soutenant son regard à chaque instant de son laïus. Lisandro savait très bien pourquoi elle était là, et pourquoi elle ne partirait pas.

Pourquoi chacun des coups qu’il tenta de lui porter ne la ferait pas renoncer. Même si ça faisait mal, même si c’était le but à l’évidence. Ses yeux sombres ne quittèrent pas l’œillade méchante de son vis-à-vis, alors qu’il s’en prenait à elle là où ça lui faisait mal. Son égo déjà ruiné n’en était plus à ça près, et elle se moquait bien, en définitive, qu’il en remette une couche. En effet, elle était froide, distante, méfiante. En effet, on pouvait croire qu’elle n’avait aucun cœur, aucun sentiment. C’était tellement plus simple ainsi…

Mais elle n’était la mère de personne ici, elle avait juste son neveu, sa seule famille, pour qui elle ferait n’importe quoi. C’était pour lui qu’elle luttait encore quand il était plus facile de se laisser sombrer avec le reste du sinistre. Elle n’était pas si vaillante ou courageuse qu’elle ne le laissait croire : Andrea avait eu le soutien dont elle avait besoin pour se rebâtir sur des ruines. Pourtant, les premiers temps après son amputation, elle avait essayé bon gré mal gré de rassembler les gravats avec l’espoir fou de pouvoir recoller les morceaux.

Elle n’avait fait que s’entailler les mains sur les éclats de verre de son existence.

« C’est tout ce que tu as ? » Questionna-t-elle sèchement. « Tu aurais préféré que je réussisse mon coup peut-être ? » Lui rétorqua-t-elle alors qu’il lui reprochait sa tentative de suicide.

Elle était là pourtant. Vivante. C’était sa preuve qu’elle n’avait pas abandonné la partie, qu’elle se battait toujours. Si elle ne réussissait pas à chaque fois, au moins elle essayait. Ça comptait, non ?

« Tu n’as pas abandonné, vraiment ? tu es en train de lâcher prise, tu as mis tout le monde à distance pour quoi ? » Elle les voyait lisiblement, tous les mécanismes pour s’isoler, parce qu’elle les avait vécu avant lui. « On le sent tous que tu souffres, que tu as mal. Mais devine quoi ? Et on est tous désolés de ne rien pouvoir faire, parce qu’on a peur d’aggraver le problème. Et je suis désolée de ne pas avoir pu la ramener… Mais… »

Andrea s’interrompit. Elle inspira profondément pour ne pas laisser l’émotion de cet instant la gagner. La peur puissante, la pression qui l’avait obligé à achever Adrian froidement.

« Mais ça suffit maintenant. Ça suffit de grogner sur tout ceux qui te tendent la main, d’aboyer, d’attaquer, de mordre. Tu ne me fais pas peur, et si, comme tu le dis, tu n’as pas abandonné, tu vas porter tes couilles et sortir de ta grotte ! » Son index pointa l’intérieur, et son regard décidé ne souffrait d’aucun refus. « Tu vas reprendre le contact avec Eli, tu vas te concentrer sur ceux qui restent encore et qui ont besoin de toi… » Son doigt se posa sur le torse de Lisandro : « Pas d’un fantôme. De TOI. »

Et elle appuya ses propos de son mouvement assuré.

« Tu ne vas pas faire comme moi, te comporter comme un sale égoïste qui pense être tout seul à souffrir alors que tu as un ami, un proche, un fils… » Eli. « Qui a VRAIMENT besoin que tu te reprennes en main. »




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Lisandro Sedillo
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MessageSujet: Re: And breathe... Just breathe   Ven 22 Déc 2017 - 22:57

Il voulait qu’elle parte, qu’elle lui foute la paix alors il allait chercher là où ça fait mal, même s’il ne pensait pas un traitre mot de ce qu’il disait. Ou peut-être que si, un peu. Mais c’était son incompréhension d’elle qui le faisait parler. Andrea était une personne froide, peu chaleureuse et distance. Elle ne laissait personne s’approcher assez près que pour la comprendre et l’aider. Il avait pourtant passé de nombreuses heures à son chevet, à surveiller sa blessure, faire en sorte qu’elle cicatrice bien. Il avait veillé à ce qu’on lui laisse l’espace nécessaire pour se remettre, parce qu’Andrea ne laissait pas les gens s’approcher pour l’aider. Selene était une rare personne qui savait apprivoiser la brune, Lisandro ne s’y risquait même pas. Andrea était trop imprévisible, trop sauvage pour lui alors. Et niveau complications, il avait eu son quota avec le secret de sa relation avec Alma. A cette époque, cela le préoccupait trop que pour se risquer à comprendre Andrea. Aujourd’hui ne changeait pas d’avant. Andrea était totalement hors de sa compréhension, il se contentait de la respecter, de loin. Il avait apprécié, qu’elle tente de sauver Alma. Mais Andrea était une bataille trop rude à mener pour espérer la comprendre. Il l’avait toujours estimé, et fuit par la même occasion. Il pensait que la brune faisait pareille le concernant. La régisseuse et le croquemort n’avaient vraiment rien en commun et ce n’était pas prêt de changer. Alors de quel droit venait-elle le bousculer ? Depuis quand c’était devenu son rôle ? Pourquoi ne respectait-elle pas son envie de silence et de solitude ? Parce qu’il fuyait ? Vraiment ? Le chilien était en colère, probablement parce qu’elle avait raison et qu’il ne voulait pas l’admettre. Et qu’il ne supportait pas que ce soit elle qui le fasse remarquer. Mais l’aurait-il pris mieux de Selene ? ou d’Eli ? Probablement qu’il les aurait renvoyé aussi sec, sans même les écoutés. Andrea était peut-être la plus à même de se faire entendre, justement parce que lui et elle, sans inimitié, ne faisaient que se côtoyer sans rien de plus.

Il mordit, mais elle aboya aussi sèchement qu’il était en colère. Elle le prit de court alors que non, il n’aurait pas souhaité qu’elle réussisse à s’ôter la vie. Il serra les poings le long de son corps, tendu par la colère et vibrant des émotions qui couvaient derrière. Elle lui assena la vérité comme des gifles, et il encaissa douloureusement. Il aurait voulu l’interrompre, lui dire de la fermer. D’arrêter ça tout de suite. Elle n’avait que trop raison, et il ne voulait pas l’entendre. Elle s’approcha de lui, alors qu’il avait tout fait pour garder un minimum de distance. Andrea lui faisait peur. Parce qu’elle le forçait à faire face et qu’il n’en avait aucune putain d’envie. Mais quand elle en appela à Eli, il fut déstabilisé. Reprendre contact… ? Il n’avait pas… Si, il avait écarté Eli. Sa colère fit demi-tour, se tapit à l’intérieur de lui alors que cette évidence le marqua. Elle appuya ses propos en posant son index sur la poitrine et il la toisa d’autan plus. Il n’était pas encore prêt à vraiment lâcher-prise. Et elle usa de sa propre expérience pour le convaincre. Elle savait mieux que lui qu’il fuyait, parce qu’elle avait fui également avant de se redresser et de faire face. Elle ne voulait pas qu’il fasse les mêmes erreurs qu’elle. « Je ne veux pas… » Mais déjà la colère et l’amertume s’étaient envolées. Il ne pouvait pas lui dire qu’elle ne savait ce qu’il ressentait. Elle savait. « Je sais que tu as tout fait pour la ramener… » Il recula, parce que ce contact le brûlait et qu’il ne voulait pas qu’on le touche. Qu’elle le touche. Il ne voulait pas s’effondrer devant elle, quand bien même elle disait juste, quand bien même elle avait raison sur toute la ligne. Il serra encore les poings contre lui. « Je ne peux pas sortir d’ici. » C’était vrai, il ne pouvait pas. Il recula encore, fuyant de nouveau l’évidence. Parce que c’était tellement plus facile. « Je ne peux pas le regarder. » Eli. « Sans la voir. » C’était trop dur, alors il ne voulait pas le voir. Il savait que c’était ridicule, qu’il ne pouvait pas fuir Eli indéfiniment. Il recula encore, se détourna même un peu alors qu’il sentait les émotions se bousculer et remonter dans sa gorge. Il ne voulait pas qu’elle voit ça, puis il avait tellement lutté pour réprimer ces pensées, cette douleur atroce dans son cœur. Il ne voulait pas. S’exprimer. Lâcher-prise. Pleurer. Pourtant, le chagrin, la perte étaient là et comme prévu, il fuyait. Il se détourna d’Andrea, lui tourna le dos et s’enfuit encore plus profondément dans sa grotte. « Laisse-moi tranquille Andrea, j’peux pas faire ça. » Il avait entendu, mais ne cédait pas. Pas encore. Trop lâche pour se faire submerger par cette vague de douleur, pour laisser ce vide béant dans son cœur résonner en lui. Il comblait le vide comme il pouvait, en s’occupant, en rangeant, méthodiquement. Et plus Andrea s’attardait et plus les pansements, les agrafes qu’il avait posé lâchaient. Il ne voulait pas se laisser submerger. Pourtant, un premier sanglot étouffé secoua ses épaules, qu'il réprima en silence.
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