The Walking Dead RPG

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- It's time to pay -
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Dim 26 Nov 2017 - 21:27
Ses pupilles voulurent fuir les siennes en les croisant à nouveau mais elle captura son visage pour l’enfermer dans un baiser. Si chaleureux, si tendre. Il ne pouvait pas appartenir à la femme qu’elle avait décrite, ni même à la manipulatrice qu’elle avait reconnu être. Swann avait envie de croire que c’était vrai car en creusant sous sa fascination dérangeante, il avait de très sincères sentiments pour l’escort-girl.

Que put-il donc fait d’autre à sa question que hocher la tête en signe d’approbation ? Bien sûr qu’ils réussiraient. Ils avaient plutôt intérêt car il n’avait pas l’intention de la laisser filer. Personne ne la méritait, aucune révélation ne changerait cet état de fait. Joann poursuivit, appelant ses yeux gris à se confondre aux siens. Il se sentit immédiatement incroyablement stupide… comment avait-il pu cesser de lui faire confiance ? Comment avait-il osé douter ? Elle le rassurait et par le même coup, mettait en exergue son manque d’assurance maladif. Bien sûr qu’il l’idéalisait, parce qu’elle était un idéal. Les lèvres du cadet Blackmore se pincèrent doucement. Est-ce qu’ils n’étaient pas comment ça ?

- Non, acquiesça-t-il, non on ne l’est pas.

Dans cet instant fragile, il se sentait bouleversé par un élan d’affection qu’il était incapable de décrire. Lui, si détaché, si déconnecté, si distant. C’était sous sa peau, ça courait le long de ses nerfs, ça se glissait entre ses fibres. L’envie de s’agripper à elle et de ne jamais – jamais – la relâcher. Swann savait ce qu’étaient les papillons dans le ventre, ce petit frisson ressenti face à quelqu’un qui nous plaisait vraiment. Mais il n’avait jamais été si férocement épris, à se demander s’il n’allait pas finir par perdre la raison. Comme un retour de flamme, les aveux de Joann avaient désormais un autre effet : l'envie de lui offrir une vie encore meilleure qui la laverait de tous les enfoirés qui l’avaient jamais touchée. A son tour, il sourit. Une expression sincère, étonnement rayonnante quand on connaissait sa réserve habituelle. Les mots de sa petite-amie faisait écho à ses pensées.

- Moi aussi, je veux plus que ça, avait vibré sa voix, se sentant homme tout à coup, tu peux me faire confiance, promit-il en levant une main pour écarter ses mèches de cheveux et caresser sa joue, je t’aime, répéta-t-il comme une parole sacrée, ses yeux étincelants, pourquoi tu réfléchis autant ? je veux dire…, il eut presque l’air espiègle avant de la taquiner, comment tu pourrais être déstabilisée par… un étudiant en économie boursière qui habitait encore chez ses parents ?

L’autodérision, chez lui, c’était vraiment très – très – rare. Joy se moquait suffisamment de lui pour qu’il ait besoin d’en rajouter une couche mais pour l’instant, c’était surtout pour faire comprendre à Joann qu’elle n’avait pas à se sentir inférieure. Elle avait vécu, pas lui. Il redressa brièvement la tête pour voir l’armoire qu’ils étaient censés vider… ça attendrait un peu. Rester blotti contre elle, c’était mieux. Apprendre à la connaître aussi, même si c’était commencer à arpenter un chemin difficile.
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Joann Cain
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Dim 26 Nov 2017 - 22:20


It's time to pay 
Ft Swann
Ils étaient sur la même longueur d'onde, pourtant il avait fallu en passer par là pour que ça les remue, jusqu'aux tripes, afin de comprendre qu'ils seraient capables de faire face à ce que leur prévoyait la vie... Elle regrettait d'une part, elle regrettait presque de ne lui avoir pas dit pour son mariage, cette violence et ce qui faisait de son couple une supercherie l'ayant poussé à fuir et à ne plus vouloir retenter l'expérience... Jusqu'à lui. Mais en sachant déjà les possibles répercutions que ces aveux avaient pu avoir dans son crâne, dans ses pensées qu'elle rêvait parfois de décrypter pour le connaître sur le bout des ongles, Joann préférait taire cette étape de son existence. Après tout, Swann lui avait confié qu'ils avaient le temps, qu'elle n'était pas forcée de lui raconter 28 ans de sa vie en à peine une heur. Peut-être n'aurait elle jamais à aborder ce sujet d'ailleurs. Était-ce mal de lui dissimuler ? Elle n'avait pas peur de lui comme elle avait eu peur de Mark, elle ne semblait guère avoir de séquelles. Pourtant elle en avait, il suffisait de penser à cet instant près de la Caserne pour le comprendre mais, par chance, l'étudiant n'était pas présent. Dissimuler quelque chose était-il mentir pour autant ?

Perdue dans ses pensées, Joann captura néanmoins son large sourire. Celui-ci, elle ne le lui connaissait pas et pourtant il fut capable de l'inviter au mimétisme. L'esquisse était sincère, peut-être emprunte d'une malice plus douce que celle dont ils savaient user pour s'obtenir les « grâces » ou la considération d'une poignée d'autres personnes. Mais ce n'était plus un jeu entre eux, c'était l'instant, les émotions – aussi difficiles étaient elles à appréhender – et l’entièreté. Personne ne le verrait comme elle pouvait le contempler à l'instant, tout comme personne ne la verrait comme elle était face à lui. Malgré ce qu'elle était, ce qu'elle avait été, Joann n'en demeurait pas moins humaine. Elle saignait comme tout à chacun, n'était pas insubmersible et ressentait les choses de manières plus abrupte que d'autres. Son armure semblait s’effriter auprès de Swann, comme si, devant lui, dans ses bras, elle la retirait pour faire preuve de sincérité et d'une dévotion qu'elle ne se soupçonnait guère. Ce jeune homme faisait jaillir d'elle une petite part de lumière enfouie sous l'ombre, elle n'appartiendrait qu'à lui et lui seul en serait détenteur. Capable de la voir irradier, capable de la sentir l’envelopper.

Son timbre était plus sûr, plus éloquent. A l'instant il n'avait rien du « petit étudiant » en économie dont il parlait en riant à moitié, il était simplement capable de la soutenir comme personne ne l'avait fait jusqu'à lors. Néanmoins, la Canadienne fronça les sourcils avant de pincer sa lèvre inférieure. Feignant la susceptibilité, se muant simplement en jeune femme ordinaire capable de s'amuser d'un rien, elle entrouvrit les lèvres en sourcillant.

- Il m'semblait t'avoir dit que j'aimais pas les maths. Souffla-t-elle avant de soupirer plus rieuse qu'elle ne l'était plus tôt. Plus sincère et franche encore que les minutes précédents leur « pause » sur le lit. Mais j'crois que j'étais bou.... Un rictus aux lèvres, tâchant de faire un effort de vocabulaire pour une fois, Joann pinça les lèvres avant de reprendre. soul. L'atmosphère reprenait cette allure légère qu'elle imaginait ne plus retrouver suite à ces aveux. Pourtant Swann était encore là, près d'elle, à caresser sa joue tandis qu'elle savourait la mélodie de son cœur – battant dans sa carotide – sous ses doigts. Je te crois quand tu dis qu'on y parviendra, j'ai envie de savoir ce qu'il y a après, j'ai pas peur avec toi.

Elle était honnête, elle ne craignait pas ce que demain leur réservait avec lui. Cette sensation la dévorait complètement. Swann gagnait du terrain sur elle, il étendait son territoire en elle et elle ne désirait plus que voir ce que serait leur histoire, cette histoire qui effacerait celle qui l'avait empêché de vivre sa vie de femme jusqu'à présent. Si c'était à refaire, si on lui donnait une nouvelle chance, la Canadienne n'en voudrait pas. Pour elle la vie avait démarré avec le chaos, son cœur avait commencé à tinter en apprenant à connaître ce jeune homme aux billes grises capables de lui transpercer l'âme sans même en avoir conscience. Plus sereine subitement, la brune laissa glisser la pointe de son nez contre sa tempe jusqu'à sa mâchoire, embrassa sa clavicule, puis jeta un regard dépité à ce qu'ils avaient encore à faire. Traîner là durant des heures lui faisait envie, pourtant apprendre à s'ouvrir et à évoquer des choses importantes avec lui lui semblait bien plus vital que le reste.

- Alors... Swann Blackmore, étudiant en économie, et doué pour ce qu'il entreprend. Le titilla-t-elle à son tour. Il va falloir penser à se bouger, je veux bien me balader nue, mais je garantis pas qu'ça passera inaperçu... J'ai vraiment besoin de fringues tu sais. Même si rester ici, avec toi, me plaît davantage que de ne serait-ce qu'imaginer me lever. Un sourire aux lèvres, Joann le fixa en arquant les sourcils avant d'ajouter. Chez toi il y a une douche. Son sourire s'élargit, elle n'avait pas besoin de lui faire un dessin, néanmoins ce n'était pas parce qu'ils s'essayaient aux difficultés des sentiments qu'elle allait s’asseoir sur le reste, sûrement pas. Certainement pas en sachant qu'avec lui c'était si... intense. Mais avant à ton tour... dis moi qui tu étais... Ce que tu aimais...





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MessageSujet: Re: It's time to pay   Lun 27 Nov 2017 - 8:04
Il avait ri doucement aux paroles de la trentenaire. Pourtant, ses manières un peu ampoulée – dont certaines lui collaient à la peau malgré deux ans d’adaptations – lui avaient plus valu des moqueries ici ; mais venant de Joann, son effort pour châtier son langage l’amusait. Elle lui promit qu’ils arriveraient à être plus que deux amants qui prenaient du bon temps partout où ils pouvaient et il la crut – sans doute jusqu’à la prochaine vague d’incertitude. Swann ferma les yeux, laissant son souffle glisser de sa tempe à son cou, soupirant lorsqu’elle déposa un baiser sur sa clavicule. Parmi tous ses fantasmes les plus fous, avait-il imaginé qu’ils puissent filer tranquillement un amour aussi sincère ? Non. Ça c’était nouveau, il ne l’avait pas calculé ; et c’était terrifiant.

- Oh, oui…

Ce fut à peu près tout ce qu’il réussit à instinctivement répondre lorsque son aînée lui évoqua le fait qu’il avait une douche. Il lui fallut quelques secondes pour percuter où elle voulait en venir, certainement parce qu’il s’était déjà employé au réflexe coupable d’imaginer l’escort-girl se promener nue sur le camp. Le rose lui était remonté aux joues et le pire, c’était que s’il refusait, ce serait plus par jalousie – il ne voulait pas que le clan des musclés se rince l’œil – que par égard pour la pudeur de sa petite-amie. Ensuite, il sourit pour masquer qu’il se sentit, à nouveau, bête : c’était une plaisanterie de toute façon. Il n’avait jamais été question d’exposer ses plus beaux atouts à tous les survivants.

- Moi ? Oh, je…, dur, il fallait extirper ses songes des images érotiques qui se dessinaient d’elles-mêmes, je ne sais pas si…

Il suspendit ses protestations pour la regarder. Elle avait joué le jeu, ce ne serait pas juste de ne pas se plier aux règles lui aussi. C’était simplement que d’une certaine manière… il avait peur. Peur de creuser ce fossé entre eux qui risquait de les séparer, en lui mettant sous le nez qu’ils n’étaient définitivement pas de la même graine. Directement, indirectement, les plus pauvres étaient la conséquence des plus riches, pas vrai ? L’étudiant ne se considérait certes, pas parmi les plus privilégiés, mais d’une manière ou d’une autre, les gens comme ses parents étaient la raison pour laquelle des familles comme celle de Joann étaient autant malmenées par la vie. Le jeune homme n’allait pas se sentir coupable, pas plus qu’il ne l’était avant quand on lui rétorquait que le capitalisme allait étouffer le monde entier, mais… et si elle faisait le lien ? Que si on cherchait au cœur du problème, son existence avait été si difficile parce que des hommes en costume comme monsieur Blackmore manipulaient les chiffres à leur guise.

- Mes parents étaient… ils travaillent dans une entreprise boursière. Ma mère était responsable juridique, mon père était directeur d’opération. Je… je voulais suivre ses traces. A l’époque je… j’étais fasciné par tout ça, la couleur de sa voix s’écaillait au fur et à mesure, les chiffres, les cours, les bourses… contrôler ça, c’était contrôler le monde, il fuit le regard de la brune : pendant qu’il travaillait à devenir un tortionnaire des temps moderne, elle devait sans doute séduire un vieux pervers dans une limousine, c’était stupide, reconnut Swann en relâchant soudainement sa respiration, ça n’a pas empêché le monde de tomber et au final…

Il retint sa maladresse du bout des lèvres. « …au final, je me retrouve dans le lit d’une escort-girl de dix ans mon aînée ». Dans sa tête, ça ne sonnait pas péjorativement mais il craignait que la concernée ne le prenne bien plus mal que prévu. Au lieu de prendre ce risque alors, il fit tendrement glisser une main de son épaule à sa cuisse, suivant la ligne courbe de son corps.

- J’étais pas quelqu’un de très…, « intéressant » ? « Marrant » ? « Original » ? Il fit une moue dubitative, j’allais en cours, je vivais sur le campus de la fac, je révisais, je rentrais chez mes parents le week-end, voilà…

Telle était sa vie, condensée en quelques lignes. Le plus triste, c’était qu’il n’oubliait rien. Pas d’histoire d’amour torride ou compliquée, pas de double-vie trépidante. Il réalisait maintenant comme il avait été fade et sans relief. Quelque part, la fin du monde lui avait donné l’occasion de sortir de son schéma préfabriqué et artificiel. Avec le recul, il préférait mille fois l’homme qu’il était devenu. Ses ambitions en étaient plus grandes, plus dévorantes, plus gratifiantes.
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Joann Cain
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Lun 27 Nov 2017 - 12:26


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Ft Swann
Elle aussi n'avait pas pu s'empêcher « d'idéaliser » sa vie d'antan. Riches parents, confortable foyer, sans doute était-il un brillant adolescent sur lequel sa mère et son père fondaient de grands espoirs. En somme, dans le creux de sa tête, à penser à ce qu'il faisait de son temps, ce qu'il appréciait, Joann savait parfaitement qu'elle ne se serait jamais retournée sur lui. Il n'avait rien des types étranges qu'elle côtoyait en son temps, il était sur le fil neutre de la vie, penchant du côté de la bienséance et des manières qu'elle détestait plus qu'à son tour. Néanmoins, à l'heure actuelle, dans l'attente de réponses, la Canadienne savait qu'il n'avait plus rien de ce gamin sans saveur qu'elle aurait regardé en un certain dédain, et ce uniquement car il était né avec une cuillère en argent dans la bouche. Tout ces gens, même si elle était persuadée que non alors que sa vie basculait complètement au grès des ans depuis le décès de son père, la brune les avait haï, maudit, simplement car quand sa vie allait bien, quand tout semblait parfait, elle avait fait parti de leur monde durant dix ans... Joe s'était persuadée n'avoir aucun regret concernant le voisinage ayant rabroué sa mère par la suite, elle leur en voulait simplement d'avoir une vie confortable tandis qu'elle, forcée de suivre à son âge, dévalait une pente qu'elle ne pourrait jamais plus remonter.

Elle l'écouta cependant, visualisant des clichés de lui, des images fictives de celui qui n'existait plus. L'horreur l'avait changé tout autant qu'elle, il avait été contraint de grandir d'un coup d'un seul, forcé d'abandonner ses rêves et ses désirs pour devenir quelqu'un qu'il n'imaginait peut-être jamais être. Au grès du récit qu'il faisait de son existence pré-chaos, Joann fixa cette main qui glissait sur elle. Sa vision des choses autrefois lui avait fait rater bien des moments agréables, elle n'était qu'une salope sans cœur n'ayant cure des autres, n'ayant plus d'affection pour sa mère, alors que lui... Regrettait sans doute la disparition de ceux qu'il avait aimé profondément au point d'imaginer suivre leur parcours. Cain s'en voulut de l'avoir poussé à parler à son tour, pas parce qu'elle aurait pu le détester – comme tous les autres snobs – à l'époque, mais parce qu'elle le forçait à regretter ce qui lui tenait à cœur autrefois et qui, aujourd'hui même, n'avait plus aucune valeur sinon celle qu'on donnait aux souvenirs.

Swann se sous estimait, après tout qui d'eux deux avait eu la vie saine dont rêvait la majorité des gens ? Qui de lui, ou d'elle, avait pu longer une route sans emprunter les chemins sinueux qui, malgré leur noirceur, vous murmuraient des promesses inexistantes ?  Il avait fait ce qu'on attendait de lui, avait pu vivre décemment, ne s'était pas éparpillé dans des délires qui n'apportaient jamais rien de bon... Quant à elle, elle n'avait fait que descendre, encore et encore, peut-être pour toucher le fond, imaginant – sans le savoir – pouvoir se redresser ensuite. N’était-ce pas ce qu'elle avait fait d'ailleurs en se rebiffant, une unique fois, pour ensuite fuir en étant persuadée avoir tué l'homme qui, fatalement, aurait fini par l'achever ? Son esprit divaguait à ce qui lui en aurait coûté si, véritablement, Mark était mort ce soir là.... Quand elle avait su que non, un poids avait quitté ses épaules mais s'était vite vu remplacer par une lourdeur plus imposante qui lui promettait qu'elle ne serait jamais tranquille. Fort heureusement la mort, l'infection, le sang, avait étouffé l'univers et, depuis qu'elle avait rejoint ces murs, Cain se persuadait qu'elle ne craignait plus rien, qu'il était mort... qu'il avait souffert tandis qu'une groûle se rassasiait de ses viscères. Ses doigts s'étaient serrés d'eux mêmes en poing contre le corps de Swann, ce même Swann dont le timbre la ramena à lui et à son regard troublé qu'elle fixa en tentant de comprendre ce qu'il n'était pas.

- Et ça te plaisait ? S'il était heureux, alors pourquoi chercher plus loin. Si sa vie d'étudiant, studieux et appliqué lui plaisait, pourquoi se dévaloriser ?

S'il y avait quelqu'un à blâmer entre eux c'était bien elle. Elle qui, par défit, pour saper le peu d'autorité de sa mère, avait fait les pires conneries en se persuadant que c'était agréable. Au final, lui avait sûrement aimé son existence pendant qu'elle se convainquait que la sienne était formidable. Après tout que savait-elle faire d'autre jadis ? Rien, même ses petits jobs de serveuse durant un temps ne lui apportaient rien contrairement à ce que des types étaient capables de claquer juste pour sa compagnie... Elle était de ces profiteurs qu'elle détestait aujourd'hui... Des gens qui se contentaient de la facilité sans chercher plus loin.

- Si tu était bien, si tu t'sentais bien... Au moins tu te donnais les moyens de réussir. Moi non, j'étais comme ceux que je déteste aujourd'hui. Lui sourit-elle légèrement mal à l'aise. J'vais pas dire que c'est une chance que le monde ait étouffé, mais fatalement pour moi c'est le cas. J'avais pas d'attache, je n'pensais qu'à moi, c'est plus la même chose ici, et je crains qu'un jour ça redevienne comme avant, car même si j'ai appris pas mal de choses depuis, j'sais pas si l'être humain est capable de rester celui qu'on l'a forcé à devenir, même s'il se sent bien.

Elle craignait qu'un hypothétique remède voit le jour et qu'on puisse reconstruire ce qui malheureusement les avait mené à leur perte. Que deviendraient-ils dans ce cas ? Swann reprendrait sûrement ce qu'il avait du abandonner et elle ? Que ferait-elle ? Elle tâcherait d'être comme sa mère avant, lorsque son père était encore en vie, à ne rien faire d'autre que de briller en société pour mieux se casser la gueule le jour où, indéniablement, son homme se rendrait compte qu'elle n'avait aucun intérêt ni similitude avec lui contrairement à ce qui les avait rapproché dans un monde bien plus sombre. Son cœur se serra rien qu'à cette pensée au point qu'elle se redressa, dos à la tête de lit, en ramenant les draps sur sa poitrine. Parler, évoquer, c'était complexe et ça les enterrait dans quelque chose qu'elle voulait ne jamais voir les enssevelir. Un piètre sourire étira alors ses lèvres quand elle croisa ses yeux.

- Faut qu'on s'bouge... Son timbre plus rauque la poussa à renchérir en un trait d'humour afin qu'il n'envisage rien de terrible. J'ai pas envie que le plancher se pète le nez et qu'on finisse avec les restes de la toiture sur la... Figure. Sourit-elle d'un air plus doux.





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MessageSujet: Re: It's time to pay   Lun 27 Nov 2017 - 20:31
Si ça lui plaisait ? La question était cruellement légitime. Lui-même ne saurait y répondre. Enfin… si : son « lui » du passé était heureux. Il avait une ambition, un but, un plan de vie tout tracé. Ses études, ses stages dans l’entreprise de son père, puis il intégrerait l’équipe pour aller plus loin, plus vite. Jusqu’à la fin, il aurait été la fierté de la famille Blackmore pendant que son aînée gaspillait son temps et sa jeunesse dans ses boulots ridicules. Swann n’avait pas oublié ce schéma, il s’en souvenait presque tous les jours désormais, comme un point de départ auquel il ne voulait revenir pour rien au monde. Il avait fallu du temps pour qu’il se rende compte d’à quel point tout ça avait été futile, fragile, superficiel. Mais l’essentiel de son éducation lui collait à la peau : son amour pour une forme idéalisée de la civilisation, un minimum de raffinement. C’était pour ça qu’il prenait tant à cœur leur rôle ici, qu’il ne sombrerait jamais comme les sauvages qu’ils croisaient dehors.

- Je… et bien…

Comment pouvait-il admettre que son ancienne vie lui avait plu alors qu’au fil de ses paroles, Joann lui avouait qu’elle était plus heureuse maintenant ? Troquerait-il un retour à son existence d’étudiant contre le bien-être et la dignité de celle qu’il aimait ? Les mots restaient bloqués dans sa gorge, il ne pouvait que la dévorer du regard. Paniqué, ébloui, troublé. Ce n’était ni une sensation habituelle, ni agréable. Sa main s’attarda sur la cuisse de l’escort-girl car il avait peur qu’à l’instant où il s’en décollerait, le lit se fendrait en deux et s’écarterait à l’image du fossé entre leurs bagages. Après deux semaines d’idylle rythmées par les travaux sur le camp et les parties de jambes en l’air, le retour à la réalité était dur. Ils voulaient « plus » mais ils n’auraient jamais « plus » sans se confronter à cette épreuve difficile.

- Je ne sais pas si… enfin, ça… je n’avais pas à me plaindre, mais… Joann ?

L’étudiant avait été coupé dans son effort pour rassembler les bribes de sa réponse par son amante qu’il se redressait dans le lit. Ses paupières cillèrent plusieurs fois alors que son palpitant s’affolait. Dieu qu’il était nul dans ce genre de situation. C’était tellement plus facile sa distance ordinaire, son détachement qui lui permettait de ne pas s’encombrer de la crainte de vexer ou de déplaire. Mais là, il s’agissait de la femme qu’il admirait plus que tout… s’il y avait bien une chose qu’il voulait éviter, c’était lui donner la sensation qu’il risquait de se détourner d’elle. Si le monde revenait à la normal ? S’ils reconstruisaient ce qu’ils avaient perdu ? Elle serait avec elle. Toujours. En haut de l’échelle, là où appartenait les Blackmore. Et avec lui, elle devenait une Blackmore.

- Oui, on doit… oui bouger, acquiesça-t-il en se redressant péniblement.

Il avait une boule au fond de la gorge mais ne savait pas comment délier à haute voix ce qu’il pensait pourtant très fort. Se lever et rompre leur instant de complicité sur cette note lui laissait un goût amer mais Swann craignait définitivement d’empirer les choses. Il était trop idiot voilà tout. Trop pour être capable de faire ce qu’il fallait avec une éblouissante survivante de 32 ans. Avec des gestes lents, le jeune homme rassembla ses vêtements et tendit les siens à Joann avant de se rhabiller. A ce stade, il ne savait même plus si la douche dont elle lui avait parlé était encore valable.

- Comment on fait ? D-dis moi quoi faire, comme ça je pourrai t’aider sans qu’on se marche dessus, alors que son aînée se préparait à son tour, il se balança nerveusement sur place un instant avant de laisser échapper, j-je suis heureux. Maintenant je veux dire, je suis… là où je voudrais être.
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Joann Cain
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Lun 27 Nov 2017 - 21:07


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Lorsqu'il acquiesça, un vent de panique s'empara presque d'elle au point qu'elle se rapprocha du bord du lit et ramassa les premières fringues qui lui tombaient sous les doigts. Une fois encore cette impression de fuir invita une certaine amertume sur ses papilles. L'empressement que de mettre un terme à ce qu'elle ignorait savoir faire, ou dire, la poussait à redevenir celle qui lui avait fait face dans sa chambre. Pourtant elle l'aimait, elle crèverait pour lui mille fois si elle était certaine qu'il soit définitivement épargné par la faucheuse, mais discuter, sentir qu'en fait rien de ce qu'ils étaient ne les reliait, la poussait à craindre la suite... Qu'en serait-il si, du jour au lendemain, les recherches de Davis avançaient, qu'ils faisaient un bond en avant et que l'horreur quittait définitivement le monde ? Elle avait mal au crâne à trop penser, trop remuer les idées morbides qui semblaient assaillir ses prunelles d'images qu'elle seule pouvait voir. Swann partirait, il se lasserait d'elle et épouserait une petite connasse, fade, lisse, comme Evelyn Collins... Dans cet univers elle lui appartenait, elle désirait même lui appartenir si les choses changeaient, mais lui ? Lui, lui serait-il encore à elle si, un beau matin, la bataille contre les armées de morts cessait ?

Renfilant ses dessous, qu'il venait de lui tendre, la Canadienne cessa tous gestes lorsque sa voix résonna. Un instant, son cœur cessa de battre alors qu'elle scrutait ses yeux, ces deux billes au creux desquelles elle aurait aimé se noyer pour faire totalement partie de lui, qu'il ne puisse plus l'extirper de son corps, qu'il ne puisse jamais – jamais plus – se passer d'elle.... Comment on fait... même si d'autres mots avaient suivi cette phrase, qu'elle ne les pointait guère du doigt ni même leur relation, Joann le prit comme un coup de poignard dans le bide. Il avait raison, que devaient-ils faire pour espérer être sereins, honnêtes et francs, l'un envers l'autre. Comment devait-elle agir, sans pour autant s'enfermer dans un rôle, pour qu'il ne s'en aille jamais ? Ces deux semaines l'avaient comblé, elle ne songeait qu'à lui, ne passait de temps qu'avec lui, si bien que le reste ne lui était pas venu à l'esprit. Il y avait un après et ils étaient sur son seuil à l'instant, à se demander que faire, comment envisager la suite bien qu'ils voulaient poursuivre pour davantage que de simples parties de jambes en l'air exaltées.... Perdue une seconde, Cain secoua la tête et prit enfin conscience qu'il évoquait ce qu'ils étaient venus faire ici.

- Oh.... J'dois... Elle renfila son pull, après avoir passé son jeans et bouclé sa ceinture, puis s'approcha de l'armoire sans oser croiser ses prunelles claires. j'dois avoir un sac, ça sera plus simple pour tout foutre dedans et emporter c'qu'il faut je...

Balbutier ne lui arrivait jamais mais ici, face à lui et aux derniers mots qui filaient ses lèvres, elle ravala la boule qui lui obstruait la trachée. Il était heureux... maintenant... Cette révélation, alors qu'il ne lui avait guère certifié l'être jadis, la poussa à fermer les yeux tandis qu'une larme glissait sur sa joue. Il ne la verrait pas celle-ci, elle ne lui en laisserait pas le temps, si bien qu'elle glissa le pouce sur sa pommette et préféra sourire de façade quand ses traits revinrent vers les siens. Ils se comprenaient sans se comprendre, empruntaient déjà des chemins chaotiques sur lesquels, malgré les indications, ils semblaient incapables de lire la signalisation écrite en une langue qui paraissait leur échapper cruellement. Pourtant, le fait qu'il fusse heureux à l'instant, qu'il ne désirait être nul par ailleurs que près d'elle, réchauffa son cœur endolorit de doutes.

- Tu... n'as qu'à coller ce que je te passe dans le sac. Sans attendre, elle leva les bras, en une grimace quant à sa plaie en pleine cicatrisation, et soupira en agrippant maladroitement ses tempes, agacée.

Même ça elle n'y parvenait pas, elle était faible sur le coup, ses tremblements manuels en témoignaient. Elle finirait par craquer d'être aussi conne et d'avoir cru que tout serait si simple entre eux.... Quand il s'approcha pour agripper le bagage au sommet de l'armoire, Cain s'étreignit elle même en le dévisageant comme si c'était la première fois qu'elle le contemplait vraiment. Ses traits fins, son teint blême, ses grands yeux gris contrastant dans la pâleur quasi spectrale de son épiderme, ses mèches brunes en bataille. Il lui plaisait, plus à l'instant que toute les autres fois, elle en était doucement éprise depuis longtemps mais, aujourd'hui, c'était plus flagrant encore.

- Tu m'plais... Lâcha-t-elle sans pourvoir attendre une seconde de plus. Fallait que j'le dise.... ça m'semblait important sur le coup et.... j'suis bien avec toi, et ce que tu viens de dire, c'est peut-être c'qu'on m'a offert de plus beau pour célébrer le jour de ma naissance.... Elle ne lui avait pas dit, et sur le fait, un piteux sourire élargit ses lèvres alors que ses doigts serraient à craquer la peau sensible de ses bras. C'est con.... c'est nul mais, fallait qu'tu l'saches..... Mais je veux rien Swann, juste qu'on y arrive et qu'on embarque ces fringues pour rentrer... D'accord ? Déglutit-elle en tâchant de reprendre une certaine contenance.





Showing no mercy...
I'm not a stranger. No i am yours, with crippled anger and tears that still drip sore..... I feel alone here and cold here though I don't want to die. But the only anesthetic that makes me feel anything kills inside... I am cut.

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MessageSujet: Re: It's time to pay   Lun 27 Nov 2017 - 23:14
Il figea un instant le sourire de Joann puis détourna le regard, par pudeur, comme s’il lui accordait un instant de fragilité en toute intimité. L’étudiant ne l’avait que rarement vue comme ça, alors elle devait être sincère. Même du temps où elle le manipulait, comme elle le lui avait avoué, elle ne jouait jamais sur ce penchant. Le balbutiement, la fébrilité, l’hésitation. Au contraire : sa partition, c’était l’assurance de la femme fatale. Celle qui se savait désirée et se rendait désirable. Swann adorait la découvrir dans ce rôle. C’était… rassurant et excitant à la fois. Ça l’enlevait rien à sa force, au contraire, ça lui donnait toute une nouvelle profondeur.

Il hocha la tête en suivant ses indications et en voyant qu’elle peinait à attraper un sac sur l’armoire, le jeune homme s’approcha et étira son corps fin pour lui rendre service. En baissant les bras avec sa trouvaille, il s’immobilisa devant l’intensité des yeux de la trentenaire qui le dévisageait. Est-ce que… est-ce qu’il avait encore fait quelque chose qui ne fallait pas ? S’était-il trompé de sac peut-être ? Il inspecta celui qu’il tenait comme s’il avait un problème. Si ce n’était pas ça, alors…

Elle lui livrait enfin une réponse. Surprenante. Une fois encore, il en eut le souffle coupé et ses paupières s’écarquillèrent en apprenant que c’était son anniversaire. Comment il avait pu passer à côté de ça ? Certes, il n’en savait rien et ne suivait plus de calendrier mais… enfin… c’était pas ce qu’on demandait en premier dans un couple ordinaire ? Dire que Swann était le genre de personne qui se fichait de fêter le jour de sa naissance comme de l’an 40, mais à propos de Joann, ça lui paraissait extraordinaire.

- Ok-je… je savais pas, je… euh… désolé, balbutia-t-il avant qu’un sourire hésitant ne précède un maladroit : joyeux anniversaire, oui, ça sonnait stupide, et… je veux dire… tu me plais aussi. C’est… ok, on va vite ranger tes fringues et… rentrer.

Ça ce serait simple. C’était bien plus à sa portée que ces déclarations décousues qui s’échappaient sans prévenir. L’un comme l’autre, c’était des aveux morcelés, incontrôlés, comme trop brûlant de sincérité pour être contenus. L’étudiant eut envie de l’étreinte, de serrer contre lui sa silhouette soudainement si gracile, mais ses bras étaient comme lestés de plomb avec ce sac entre ses doigts. Il se contenta de s’éclaircir la gorge et de poser son contenant sur le bureau pour avoir les deux mains libres. Ainsi ils pourraient commencer leur manège : vider le meuble, remplir le sac, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’ils puissent aller diluer ce malaise dans l’eau de la douche qui les attendait. Pas à pas, ils y arriveraient – ou en tout cas, ils essaieraient. Et leur parcours serait jalonné de moments intimes et privilégiés. Jusqu’à ce se connaître par cœur soit aussi facile que le reste.
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