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 It's time to pay

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Swann Blackmore
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Jeu 30 Nov 2017 - 21:32

Son esquisse de sourire ne disparaissait pas. Jamais l’étudiant n’avait été si sûr de réussir. Ce n’était pas qu’un projet, c’était une prémonition. Son mari mourrait. Et ce n’était même pas pour s’assurer que l’escort-girl resterait sienne, se débarrasser de la bague n’avait rien à voir. C’était simplement pour briser les chaînes que ce type était capable de mettre à ses ailes d’un simple regard. Swann libérerait Joann, sans l’ombre d’une hésitation, sans l’ombre d’un doute. Avec eux ou contre eux, ce mantra était une réponse à toutes les situations et dans le cas de l’ex, il était définitivement contre eux. Il suivit des yeux sa petite-amie qui s’approcha, unit leurs mains, lui souffla qu’elle avait confiance. Non, rien ne se mettrait entre eux. Avoir survécu, c’était la damnation de cet homme dont il ignorait encore le nom. Car ici, il ne se reconstruirait pas : il venait de faire son entrée au purgatoire.

Le cadet Blackmore se sentit flatté lorsqu’elle l’appela son « petit génie » et souleva qu’il avant un coup d’avance. C’était ce qu’il essayait de faire. Comme quand il avait réussi à faire passer Lucas pour un forcené dans sa lutte pour Evelyn. La trentenaire avait raison : il n’attaquerait pas de front, il tisserait une situation et se contenterait de l’observer. Ça n’allait pas être simple de pousser quelqu’un d’autre à se salir les mains à sa place mais… les boucs émissaires ne manqueraient pas sur cette île. Sois doigts entrelacés à ceux de Joann, il se pencha légèrement pour que leurs fronts se rencontrent. Inutile de parler plus, inutile de rajouter des mots sur ce qu’ils s’étaient déjà dit. Leur pacte se scellait dans cette cuisine, à cet instant. Lui. Elle. Un sombre secret qui les unirait, plus fort que les liens « sacrés » du mariage.

***

29 novembre 2017

Quatre jours que Mark était arrivé. S’il n’avait pas brusqué son aînée en creusant trop loin, l’étudiant avait au moins demandé à connaître son nom. Il ne voulait pas regarder mourir un anonyme, il voulait l’humaniser, le personnifier, jusqu’à enterrer jusqu’à la moindre trace de son existence. C’était tout ce qu’il méritait et ce serait mentir de dire que ça ne l’obsédait pas. Chaque fois que Swann y songeait, ses entrailles étaient remuées d’un mélange de haine et de dégoût. Lui qui était si habitué à maitriser ses émotions, à se détacher du reste, c’était une brûlure insupportable dans son estomac. Même quand il essayait d’oublier, il sentait qu’une ombre planait toujours sur lui et Joann. Comme si cette arrivée surprise, juste après avoir évoqué leur passé, avait ouvert une boîte de Pandore. Et il n’y avait qu’un moyen de la fermer.

Juste avant d’aller dormir, le cadet Blackmore avait regardé par la fenêtre. Une habitude avant de fermer les rideaux ; et là, découpée par la lueur surnaturelle de la lune, il crut voir une silhouette. Une silhouette masculine qui s’éclipsa vite. Trop vite. Suffisamment pour lui faire croire qu’il l’avait imaginée. Il acheva alors son geste et se retourna. Un sourire sincère illumina son visage indéchiffrable. Son regard venait de se poser sur sa petite-amie, en débardeur et bas de coton. Va savoir pourquoi, elle lui apparaissait soudainement encore plus belle que d’ordinaire. C’était peut-être ça, l’effet grisant de la préméditation d’un meurtre ; ça décuplait les sens.

***

30 novembre 2017

Il n’avait pas parlé de sa vision de la veille. Pour ne pas effrayer Joann et pour tenter de garder le contrôle. En réalité, la tâche était bien plus compliquée que Swann l’avait imaginé et jusqu’à maintenant, le pavillon des Blackmore lui apparaissait comme un lieu sûr. Un endroit neutre où quel que soit l’état de la situation, ils pourraient se réfugier et réfléchir. Si Mark se mettait à rôder autour d’eux, ça lui laissait une désagréable sensation dans la colonne vertébrale. Celle de perdre le statut de prédateur et de se faire traquer jusque dans sa tanière. Tandis qu’il montait les marches de l’escalier, un plateau chargé dans les mains, le jeune homme essayait de chasser ce ressenti. Cette scène avait quelque chose de familier, sauf que l’alcool avait été remplacé par du café, quelques biscottes et un pot de mélasse.  

- On dirait que j’arrive juste à temps, souffla-t-il en voyant Joann se redresser du lit en poussant la porte de la chambre.

Le romantique qui préparait des petits-déjeuners au lit, ce n’était pas son genre ; mais il essayait de lui changer les idées, par tous les moyens. Ils deviendraient fous si ce type occupait leurs pensées du réveil au coucher, lui le premier.


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Joann Cain
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Jeu 30 Nov 2017 - 22:40



It's time to pay 
Ft Swann
Si elle arrivait à se détacher totalement du fait qu' « il » fusse présent au sein même de l'enceinte fortifiée ? Non, c'était là, quelque part en elle... Parfois c'était muet, d'autre une sourdine malsaine qui lui tiraillait les entrailles, d'autre fois encore, lorsque l'étudiant n'était pas là, qu'ils n'élaboraient pas de plans pour parvenir à leurs fins, c'était pire. Joann ne pouvait faire fie de la situation, ce n'était pas anodin et ça n'avait rien de futile comme lorsqu'elle imaginait céder aux pulsions physiques ressenties à l'égard de Buchanan. Non, c'était en elle, comme un douleur maline qui n'attendait plus qu'à éclore pour se répandre dans la moindre de ses cellules. Elle n'en avait parlé à personne, peut-être trop préoccupée par les répercutions qu'un tel aveu pouvait avoir sur ses proches. Puis, elle avait déjà impliqué Swann alors qu'elle ne le désirait pas, mais par franchise, pour lui prouver – une fois encore – que ce n'était guère un nouveau jeu entre eux, elle s'était mise à table pour lui déballer ses angoisses. Lui être apparue faible, vulnérable étant sans nul doute la pire chose qu'elle ait eu à faire. Il l'aimait pour ce qu'elle était aujourd'hui, pas pour ce qu'elle avait été jadis... Elle ne doutait pourtant pas de sa sincérité, elle même n'aurait guère sut s'attacher à ce qu'il était autrefois, mais le passé n'avait plus lieu d'être. C'était ce à quoi il voulait qu'elle se raccroche et c'était se qu'elle s'attelait à faire depuis qu'elle avait croisé ce corps l'ayant maintes fois collé au sol pour se servir du droit que lui conférait l'anneau que son âme sœur avait détruit.

Personne n'avait à s’octroyer de tels droits sur elle, la Canadienne en prenait conscience au grès des jours depuis cette lugubre « surprise ». Swann n'était plus le même, il parlait de manière fluide, son ombre s'étendait sur elle à chaque regard, et cette possession étrange lui plaisait. Elle le savait vile, cruel et intense à ses heures autrefois mais, désormais, Blackmore avait laissé tomber le masque pour être plus vivant qu'il ne l'avait jamais été. Sans doute était-il torturé, autant qu'elle, sans doute imaginait-il – dans ces instants de mutisme – des choses auxquelles elle ne pensait pas forcément pour se sentir encore plus victime que bourreau, mais lorsqu'ils venaient à converser, dans leur bulle au creux de laquelle personne – sinon eux – n'avait de place, Joann sentait son cœur s'alléger pour se remplir de sensations plus galvanisantes.

Il avait changé en si peu de temps, désormais l'étudiant n'existait plus même s'il en avait encore les atours, ne subsistait qu'un homme sombre, entouré d'une aura tout aussi noire, capable de faire face aux pires épreuves qui soient. Elle semblait se peindre – de lui – un tableau changeant chaque jour, comme ces bagues étranges qu'on disait changer de couleur selon l'humeur. La veille d'ailleurs, alors qu'elle l'avait rejoint à l'étage, son sourire emplie de férocité lui avait arraché quelques frissons envieux...



30 Novembre 2017

Ce jour là, Joann plissa les paupières quand les rayons de lumière brisèrent l'obscurité plaisante de la chambre. Le jour était pourtant levé depuis un moment mais la plénitude de l'endroit, du simple fait d'être auprès de lui pour davantage qu'une nuit, l'avait poussé à jouer les marmottes. Pas de cauchemars, sans doute le jeune homme la préservait de ce qu'elle ne voyait pas cependant, elle avait rêvé à plusieurs faciès. Il en fallait un, ils se l'étaient dit, promis cinq jours plus tôt, aucun d'eux ne serait le projectile, c'était juré et gravé dans leurs âmes sans même qu'un document n'ait eu à être griffé.

Le corps chauffé par la chaleur des draps, la jeune femme glissa la main de son côté pour subitement rouvrir les yeux dès lors qu'elle eut saisi le vide et la fraîcheur mordante des fibres. Sa respiration se coupa nette, si soudainement que les idées néfastes, douloureuses et torturées, assaillirent son esprit encore engourdie. Puis, lorsque la porte bougea, immédiatement elle redressa le buste et sentit un immense soulagement envahir sa poitrine. Son cœur battait déjà trop vite, pourtant ce n'était que lui, lui et un petit quelque chose qui l'invita à sourire de coin. Il n'y avait pas loin à chercher pour songer à ce que lui rappelait le plateau qu'il ramenait. Certes aucune bouteille de Tequila n'y était logée, mais le souvenir resterait comme tous ceux – bons ou mauvais – vécus en sa compagnie. Pourtant, la Canadienne ne dit mot et le scruta tandis qu'il approchait. Une fois encore elle n'aurait su dire s'il était vraiment dans son rôle ou dans celui d'un autre, mille facettes, malgré tout, alors qu'elle se sentait bouffée du matin au soir, quasiment espionnée sans être certaine de l'être, les attentions de Swann, de la plus futile à la plus importante, avaient mérite d'apaiser sa conscience en pleine torture.

- Je dors trop. Souffla-t-elle en lui offrant un sourire gratifiant.

Il savait que la situation l'usait, inutile de le lui rappeler, elle espérait simplement que le jour où Mark crèverait comme le parasite qu'il était arrive vite. Lorsque Swann fut près d'elle, la brune se pencha pour agripper une tasse fumante - avant de déposer les lèvres à la commissure des siennes - qu'elle ramena à ses pétales sans relâcher son regard. Le silence pouvait durer ente eux désormais, ils savaient simplement ce qu'il évoquait. Depuis des jours, lorsqu'ils s'observaient de la sorte, généralement le « Casting » revenait sur la table en quelques minutes. Un sourire véridique – mais mesquin à d'autres yeux que les siens – étira ses traits tandis qu'elle avalait une gorgée de caféine.

- J'ai pensé cette nuit... J'ai peut-être trouvé. L'escort savait piquer sa curiosité et inversement, elle ne doutait pas qu'il saurait rebondir et envisager les différents traits lui étant passés par la tête durant la nuit. A toi d'me dire, mais celui qu'on a évoqué me semble parfait pour ça, pas d'attache, rien à perdre, et même s'il avait à perdre, temps que ça ne t'éclabousse pas j'm'en contrefous...

Son regard semblait scintiller d'une lueur perverse, ce n'était pourtant qu'un mélange de manigance affreuse et de lubricité – cette dernière poussée par le simple fait de le dévorer du regard en sachant qu'ils pensaient les mêmes choses.

- C'est le reste qui m'chiffonne, quand et comment ? Reposant la tasse sur le chevet, Joann se rapprocha de lui, prenant garde à ne rien renverser, souleva l'un de ses bras et vint écouter la mélodie joueuse de son cœur. Dis moi bientôt... S'il te plaît Swann. Chuchota la jeune femme en fermant les yeux une minute avant qu'elle songe au sourire étrange qu'il lui avait dédié la veille. Hier, tu as pensé à quelque chose, j't'ai trouvé... enfin tu n'étais pas... "normal". Elle tiqua volontairement sur le mot après tout, lui comme elle, étaient-ils ordinaires ? Pas vraiment...

Attendant ses réponses, Joann reprit son écoute en songeant à ce fameux jour. Dans sa tête, les choses se déroulaient comme un film, orchestré, millimétré, il fallait juste être sûr que le scénario n'avait aucune faille. Elle avait confiance, ils étaient assez tenaces l'un et l'autre pour respecter un plan à la lettre, il fallait simplement trouver chaque scène, une à une et dessiner le story-board.





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Swann Blackmore
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Jeu 30 Nov 2017 - 23:49

Il savoura son baiser avant de s’installer à ses côtés. Ça, il commençait à s’y habituer de nouveau. Joann était si différente d’Apple qu’avec elle, il avait la sensation d’être en couple pour la première fois. Chacun de ses effleurements charnels était perçu comme un appel à « plus », comme si son corps était un condensé d’hormones contenues trop longtemps. Tout en écoutant son aînée, Swann tartinait sur une biscotte un peu du contenu du pot sans étiquette, à l’allure de miel noir. Celui qu’ils avaient évoqué ? Il souleva un sourcil avant de se souvenir de qui elle voulait parler. Oui, c’était un bon choix. Au final, l’étudiant avait hésité entre lui ou Merl, sans savoir lequel des deux serait le plus facilement manipulable ; car là était le cœur du problème.

- Hum, approuva-t-il avec réserve en commençant à manger.

Comment amener une autre personne à commettre un meurtre ? Sur le papier, c’était simple. Dans la réalité, le cadet Blackmore n’était qu’un étudiant, pas un génie psychologique. Ce genre de plan, il n’en avait jamais mis à exécution. Manipuler quelqu’un pour obtenir une information ou un petit service, c’était facile. Tuer un être vivant c’était… ça représentait forcément quelque chose, même pour ceux qui y étaient habitués. Il s’empressa de terminer sa bouchée engluée dans la mélasse avant d’affirmer :

- O-oui, bientôt.

Il ne voulait pas attendre de toute façon. Surtout depuis ce qu’il avait vu hier, ça devenait urgent. Ils devaient chasser avant d’être chassés. Cette pensée lui donna un frisson et l’espace d’une seconde, il songea à Joy. Si Mark passait à l’acte et cherchait à s’introduire dans leur maison, est-ce qu’elle ne risquait pas d’être le dommage collatéral d’un sociopathe ? C’était en tout cas comme ça qu’il percevait le bonhomme, ne fusse-il qu’un mari sadique et violent. Sans rien laisser paraître, Swann sentait peser sur ses épaules le poids des deux promesses qu’il s’était faites : protéger sa sœur et sa petite-amie. Cette dernière bifurqua vers un autre sujet alors qu’il avait posé la joue contre le haut de son crâne, inspirant de longues bouffées de son odeur.

- Oh, c’est… c’est rien, répondit-il en espérant esquiver, mais le timbre de sa propre voix ne le persuada pas lui-même, c’est juste… je t’ai vue arriver et…, jouer la semi-sincérité, ça marquait ? Je t’ai trouvée… belle. Encore plus je veux dire, il souffla un éclat de rire embarrassé par le nez, c’est bête je sais.

Complètement. Trop fleur bleue. Ça ne lui ressemblait pas, ni à elle, mais il ne pouvait décemment pas lui dire qu’il avait aperçu Mark en train d'essayer de les espionner par la fenêtre – car la nuit passée, il était sûr que c’était lui. Joann peinait suffisamment à vivre normalement depuis cinq jours pour lui infliger une source de stresse supplémentaire qui l’empêcherait de dormir. Ce sentiment de passer pour un gamin était préférable ; pourvu qu’elle mettre ça sur le compte de sa jeunesse et passe à autre chose. Pour donner un coup de pouce dans la bonne direction, Swann attrapa sa tasse de café et relança la discussion initiale :

- J’ai pensé à Czarek aussi… je veux dire : je sais, il n’a jamais eu à tuer personne et il est… il débute. Mais c’est le seul « ami » que j’ai, ce serait plus facile de pousser quelqu’un qui nous apprécie, non ? Enfin, il avait l’impression. Miser sur quelqu’un d’autre, c’était prendre le risque qu’il se détourne simplement sans s’intéresser au chemin balisé, enfin… il y a Stan aussi, souleva l’étudiant de qui les proches se comptaient visiblement sur les doigts de la main, mais… hors de question qu’on lui fasse ça.

Il ne doutait pas qu’il parlait pour deux en prenant cette décision. La trentenaire estimait beaucoup le militaire et c’était bien parce que ce dernier et Casey semblaient vivre un amour – quasiment – idyllique que le cadet Blackmore n’était pas jaloux. Sans compter que son aîné n’était pas bête, il les connaissait, et comprendrait très certainement que le couple tirait les ficelles d’un plan sombre. Le pire dans tout ça, c’était que son mentor serait capable d’aller au bout, pour la sécurité de son amie, mais il n’oublierait pas. Donc non, pas Stan.


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Joann Cain
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Ven 1 Déc 2017 - 10:39



It's time to pay 
Ft Swann
Il avait pensé à quelque chose la veille, elle le connaissait désormais suffisamment pour capturer ses songes sans pourtant lire à travers lui, lui demander n'était donc qu'une sorte de curiosité visant à se pencher sur son état. Cependant, quand elle sentit son visage vibrer suite au rire, et malgré le poids agréable de sa joue contre ses cheveux, Joann plissa le front en redressant les cils vers ses traits. S'agissait-il d'une véritable esclaffe ? Pas de celle qu'il laissait échapper simplement pour donner le change ? Sa réponse - néanmoins - l'invita à sourire à son tour. Ça n'avait rien de bête, et même s'ils n'avaient rien d'un couple ordinaire dont les deux parties étaient dégoulinantes d'attentions trop douces, Joann n'avait aucune intention de lui certifier ses derniers dires. C'était même flatteur, si bien qu'elle se lova davantage contre lui en un regard différent sur leur relation. Elle qui n'avait plus l'intention de se laisser emprisonner dans pareils sentiments, devait s'avouer – en toute honnêteté – qu'elle se sentait mieux avec lui qu'avec n'importe qui d'autre.  L'entendre se « blâmer » lui même n'était pas ce qu'elle adorait. Swann était unique, pas du style à s'encombrer de choses et sensations inutiles, à ses yeux il n'avait ni besoin de rosir, ni d'avoir honte de ce qu'il disait ou pensait. Cependant, lorsqu'elle ouvrit la bouche dans le but de lui assurer que ça n'avait rien de bête, qu'au moins son aveu avait mérite de redorer son blason – s'étant jusqu'ici satisfait des bonnes qu'elle avait mille fois entendu à son sujet, l'étudiant rebondit sur le sujet principal de leur conversation en évoquant un gamin. Le polonais, celui là même qu'ils étaient prêts à évincer si leur petit raid – à la recherche de l'asperge – avait mal tourné.

- C'est ton ami. Lâcha-t-elle en plissant le front.

C'était bien ça non, Swann appréciait ce gosse, ou se trompait-elle ? Bon certes il était prêt, tout comme elle, à faire passer leur duo avant la vie de ce mioche, mais elle peinait à comprendre pour quelles raisons il avait songé à lui. Finalement s'il le lui proposait c'était que l'amitié n'était pas aussi réciproque que le Polonais devait bien le croire, après tout elle n'en savait pas plus sur ce qui reliait Swann à ce mioche n'ayant pour expérience qu'une sortie en leur compagnie.

Consciente qu'elle l'avait coupé dans son argumentaire, Joann pinça les lèvres en s'imaginant le déroulé de la chose si Czarek devenait leur chair à canon, puis mordilla son pétale inférieur. Son petit ami n'avait pas tort, il était plus simple de manipuler quelqu'un de proche, quelqu'un qui – pauvre de lui – avait confiance en eux et qu'ils n'estimaient pas avec suffisamment pour ne pas le sacrifier sur l'autel de leurs manigances. Ça se tenait, comme quoi, une fois encore, il pointait des évidences auxquelles elle n'avait pas forcément pensé. La présence de Mark l'empêchait de réfléchir posément, alors oui elle n'avait pas l'intellect tranchant du jeune homme contre le thorax duquel son profil reposait, mais habituellement la Canadienne était bien plus capable d'élaborer quelques stratégies malsaines.

Prête à rebondir de nouveau, lorsque Swann évoqua le militaire, son cœur eut un raté magistrale au point qu'elle arrondit les yeux en se redressant pour l'observer, incrédule, pour ensuite soupirer en un rictus de soulagement quand il revint sur cette idée plus que tordue.

- Tu m'as fait peur ! Lâcha-t-elle, semi rieuse, une main sur la poitrine comme pour tempérer les pulsations trop vives de son palpitant. On n'fera jamais un truc pareil à Stanley, oui. Trancha-t-elle sur le même timbre que lui. Doucement, déjà redressée face à lui, Cain se plaça en indienne sur la couche avant de reprendre. J'aime Stan... En sondant rapidement les prunelles de son amant, elle esquissa un sourire sincère. j'l'aime pas comme toi mais, lui et Casey ont une valeur que d'autres n'ont pas à mon regard.

Puis là, une sensation désagréable, presque gênante, s'infiltra dans ses entrailles, pour rejoindre son cœur, lorsqu'un visage, auquel ils n'avaient guère songé, marqua son esprit. Elle ferait d'une pierre deux coups, la sacrifier et se débarrasser d'elle... Après tout elle lui avait confié que bien qu'il n'en ait plus l'utilité cette courge pouvait encore servir. Peut-être aurait elle sont utilité pour ce qu'ils avaient envisagé et travaillaient encore afin de parfaire leur projet.

- Collins. Siffla-t-elle d'un ton qu'elle ne maîtrisa pas suffisamment pour éluder cette pointe de jalousie ressentie à l'égard de la gamine superficielle.

Cain ne l'aimait pas, ça ne datait pas d'hier, mais sans doute que l'avoir vu se damner pour l'étudiant avait intensifié les choses. Pire encore quand elle s'imaginait ce qu'il avait pu lui dire ou lui faire faire juste pour ses beaux yeux. Pas qu'elle n'était guère satisfaite qu'il ait pu user des cartes qu'elle lui avait donné – sans le désirer de base – en l'ayant manipulé avant qu'il le fasse sur une autre, simplement que l'imaginer coller ses lèvres – ou plus encore - à celles  de cette mioche sans intérêt lui filait la nausée.

- Beurk.... Lâcha-t-elle instinctivement.

Une grimace non contrôlée, plutôt risible d'ailleurs, étira ses traits en la faisant rouler des épaules avant qu'elle ne continue.

- Puis non, elle est pas douée, elle s'tirerait dessus avant d'avoir atteint l'objectif.... Trop niaise, trop... gourde. Malgré les insultes qu'elle sortait, cette sensation de jalousie ne tarit pas au point qu'elle reprit la contemplation de ses prunelles pour y trouver des réponses. Tu... toi et elle ?

Elle espérait bien que non, s'il lui avouait quelque chose qu'elle ne savait pas elle recevrait une lame dans le bide en imaginant des choses, des scènes et clichés, qui feraient bouillir son sang. Néanmoins, et parce que la jalousie était une sale sensation – plutôt conne et égoïste – Cain en oubliait que, lui aussi, avait dû être assaillit de clichés désagréables où il n'était pas son partenaire.

- Laisse tomber... Non, Evelyn servira à autre chose. Uhm... lèvres à l'oblique, les yeux suspendus au plafond comme pour mieux réfléchir, Joann changea le protagoniste en s'imaginant ce que ça donnerait. J'aurai bien dit Elias mais, Elle haussa une épaule en faisant la moue. il m'fait rire, puis il est trop impulsif, on peinerait à gérer la suite. Trop dangereux ! Il a quand même lécher la poire d'une otage, pour ça qu'les autres sont partis en live total. Sourit-elle presque amusée par ce souvenir marquant de leur altercation avec les connards dont faisait parti cette saloperies d'Hispanique.





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Swann Blackmore
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Ven 1 Déc 2017 - 13:28

Swann faillit avaler de travers lorsque sa petite-amie prononça le nom de Evelyn. Vraiment ? Elle ? Pour le coup, il ne pouvait s’ôter de la tête ses pleurnicheries – d’une part – et puis… l’éclair d’une fraction de seconde, il se souvint du goût de ses lèvres sur les siennes. Il avait effectivement pensé à se servir d’elle mais pas pour ça, pas si vite. Leur ébauche d’union était encore trop fraîche et s’il avait reconnu sans honte qu’elle n’avait été qu’une – brève – passade, il préférait ne pas mêler les deux femmes à la même histoire. Et puis la jeune fille était trop fragile, trop instable. Quand bien même elle réussissait, l’étudiant l’imaginait vite cracher le morceau à quelqu’un. Non. Ils devaient être hermétiques pour que jamais personne ne sache ce qui se tramait réellement.

Il fut donc soulagé que l’escort-girl abandonne d’elle-même l’idée mais fronça légèrement les sourcils. Pas à cause des insultes qui lui passaient largement au-dessus. Depuis le temps, il avait compris que Joann avait du mal avec pratiquement toutes ses consœurs et que Casey était l’exception qui confirmait la règle. Du coup, il ne percevait absolument pas les pointes de jalousie qui transformaient sa voix, jusqu’à ce qu’elle l’interroge indirectement en le fixant dans les yeux. Un frisson descendit dans sa nuque. Il était bien heureux de ne rien avoir à cacher car il se demandait de quoi elle était capable si lui et la blonde avaient effectivement… conclu.

- Il… il n’y a rien eu de… euh…, il cherchait à finir avec des mots qui ne lui vrillaient pas les oreilles dans le moment présent, elle et moi on a jamais… y’a eu qu’avec toi, avoua-t-il finalement.

Certes, il aurait pu laisser planer le suspens, jouer de cette jalousie, en profiter pour tisser un mythe et se rendre important. Après tout, la trentenaire avait connu bien des lits avant le sien, rien que sur le camp – et elle avait été mariée bon sang – mais ce n’était pas son genre. Stan lui avait conseillé d’être lui-même et ça tombait bien car c’était la seule personne qu’il réussissait à être. Swann s’éclaircit la gorge, un brin gêné par le sujet, mais Joann elle-même dévia vers Elias. Le temps de chasser son malaise en le noyant dans une gorgée de café, il réfléchit à son tour sur l’ancien aide-soignant.

- Hum-non, tu as raison. Je crois qu’on trouvera pas mieux.

D’autres noms lui venaient encore : Lawrence, qu’elle savait proche de l’ecort-girl, Graham, qui avait les compétences pour la tâche, Abraham, que personne ne soupçonnerait, et même cette abruti de Kenny, qui pourrait mourir dans la manœuvre que ça servirait la communauté. Mais tous étaient, pour une raison différente, de mauvais candidats. Son intuition lui dictait qu’ils avaient déjà le bon numéro. Restait maintenant à trouver la mise en scène.

- Tu viens au mur avec moi aujourd’hui ?

C’était pratiquement une question rhétorique parce que même sans vouloir la commander, il ne supporterait pas l’idée qu’elle soit seule sans lui plus de quelques minutes. Surtout pas après la nuit passée. Au moins lorsqu’ils montaient bosser à la reconstruction de la barricade, Ils étaient à plusieurs mètres des habitations et entourés d’autres personnes. A priori, les nouveaux n’avaient pas encore pris part aux travaux et dans tous les cas, Mark ne pourrait rien tenter là-bas. Swann poussa un déposant pensivement ses lèvres sur le front de son amante. Le plus difficile, c’était de continuer à faire semblant de vivre normalement quand son esprit était obnubilé par l’élaboration d’un assassinat.

***

1er décembre 2017


La nuit était déjà tombée, heureusement que le courant était revenu. Joann était dans la salle de bain et Joy lui donnait l’impression de fuir la maison depuis que la brune avait emménagé. Quand on frappa à la porte, l’étudiant ne s’était pas méfié. Pas une seconde. Tout juste changé après une journée de plus à s’activer sur les chantiers, il tira le battant pour se retrouver face à…

- Mark ?! Première erreur. Ça lui avait échappé alors que techniquement, ils n’avaient jamais été présentés. Pas lui en tout cas.
- Euh… oui, bonsoir. Swann, c’est bien ça ? Le cadet Blackmore hocha brièvement la tête. L’escort-girl lui avait dit qu’il était sournois et sincèrement, il jouait bien son rôle, enchanté, officiellement ! En fait… voilà : j’essaye de m’intégrer, trouver ma place. C’est pas facile d’arriver dans une… véritable « ville » qui a survécu à toute la merde de l’extérieur, il souriait, toujours ce sourire si enrôleur, si faux quand on savait ce qu’il dissimulait, on m’a conseillé de faire un peu de porte à porte, pour faire connaissance avec mes voisins, en apprendre plus sur ici… désolé, ça doit paraître stupide, même son rire était astucieusement calculé, mais il parait que vous êtes là depuis longtemps. Avec votre sœur, c’est ça ?

Il s’était renseigné. Comme un bon prédateur qui souhaitait isoler sa proie. Les yeux acier de Swann le fixait, presque sans ciller. Il se tenait droit comme un i, la main crispée sur la poignée, mais un vent glacial le balayait de l’intérieur. Six jours ; ils étaient trop lents avec Joann, le mari attaquait le premier. Réprimer la crispation de ses mâchoires était pratiquement impossible et au moment où il allait ouvrir la bouche pour – globalement – l’envoyer paître, il décela un changement dans le regard de Mark. Une étincelle, lueur angoissante, alors qu’il fixait un point dans son dos, où se trouvaient les escaliers.

- Oh, bonsoir ! Joann, c’est bien ça ?


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You got no place to hide and I'm feeling like a villain ; got that hunger inside. One look in my eyes and you're running 'cause I'm coming ; gonna eat you alive. Your heart hits like a drum, the chase has just begun. Monsters, stuck in your head. Monsters, under your bed. We are monsters ♪
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Joann Cain
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Ven 1 Déc 2017 - 21:38



It's time to pay 
Ft Swann
Elle se fichait bien qu'Elias ait léché goulûment la joue de cette blonde, au contraire, il lui semblait même que ça n'avait fait que prouver le peu de cran, et de retenue, du groupe adverse. Certes elle avait tenu le Bridé dix secondes, histoire de ne pas enclencher directement les hostilités, mais lorsque Boucles d'or avait sorti son flingue, les choses dégénéraient déjà. Joann s'était simplement servie de leurs failles – car ils en avaient tous - pour s'engouffrer vers celles-ci et retourner la faute contre eux. Quant au Polynésien, il n'avait fait que mettre un terme à des négociations sans intérêt. Cette Arizona, Adrian même, pensaient-ils vraiment ramener pareilles personnes chez eux ? Même après les menaces, même après que cette Sarah ait impunément pris le risque de se la jouer Princesse guerrière ? Swann avait raison sur toute la ligne lorsqu'il les avait injurié de sauvages... C'était le cas, ils n'étaient que des parasites, rendus à Dame Nature, et à leurs bassesses infectes de faiblards apeurés par la mort... Ils n'auraient jamais survécu ici, ils se seraient révoltés, ils ne se seraient jamais adapté et eux - lui comme elle - ne se seraient jamais rabaissés à leur niveau pour leur facilité la tâche.

Un sourire sombre et lointain aux lèvres, malgré les frissons désagréables que lui prodiguait le souvenir d'un baiser – d'une promesse même – dont elle ne voulait guère, Joann glissa deux doigts contre ses pétales puis revint saisir les précieuses prunelles de son amant. Le choix était donc fait. Une chose en moins à penser, ne restait donc plus qu'à poser les bases, les affiner, et faire en sorte que le plan n'ait aucune aspérité capable de le retourner contre eux. De plus, ses réponses concernant Evelyn avaient poussé le calme à saisir ses entrailles. La jalousie, Cain ne connaissait pas vraiment ce terme autrefois mais, aujourd'hui et avec lui, elle serait capable d'évincer – à sa manière - quiconque tentait de se l'approprier. Pourtant, quand Swann l'interrogea sur ses intentions de le suivre près de la barricade en travaux, un sourire ravi prit possession de ses lèvres et les quelques songeries plus obscures s'évaporèrent d'elles mêmes.

- Oui. Certifia-t-elle en fermant les yeux quand il baisa son front.

Elle aimait ça, plus qu'elle n'aurait cru d'ailleurs, ces petites attentions sur lesquelles personnes n'avait d'yeux sinon eux. Ils n'étaient certes pas fleur bleue, ni même romantiques dans l'âme, cependant leur manière de se séduire, charmer, et de se prouver l'importance qu'avait l'autre, était peut-être plus intense que d'avoir à se tenir la main face aux autres qui – dans leur univers sombre – ne méritaient guère leur estime.



1er Décembre 2017

Bosser ne lui déplaisait pas, clairement ça l'occupait et Swann n'était jamais très loin, Stan tout autant même s'ils se gardaient bien de lui parler de ce qu'ils envisageaient faire dans les jours à venir. La date exacte n'était pas encore fixée pour autant, lorsqu'elle croisait ses billes grises entre deux manipulations de corps putrides – échoués sur la plage – ou de ramassage d'immondices en tout genre, Joann savait qu'ils n'étaient plus très loin d'arrêter leur choix. Pour le moment, Mark se tenait à distance. Il n'avait guère fait parler de lui, chose dont elle s'assurait, pour eux et leur projet, en laissant bien souvent traîner ses oreilles. Cet enfoiré savait s'y prendre pour s'attirer la symphatie des autres, et plus simple était la manœuvre encore lorsque les gens – tous cons et aveugles – n'avaient aucune idée de qui elle était pour lui, ni même ce qu'il avait pu lui faire endurer.

La plupart du temps, Cain longeait les murs et quand elle n'était pas auprès de l'étudiant – après tout il avait encore sa liberté, elle s'arrangeait pour se rapprocher de quelques personnes dont elle se fichait éperdument. Des boucliers humains, une sorte d'assurance vie de sang et de chair, rien de plus. Ce soir là, usée par les travaux extérieurs, Joann n'avait pas eu le temps de songer et fort heureusement car elle ne s'attendait guère à ce qui allait se produire alors qu'elle terminait de se rafraîchir. Affairée à passer un coup de brosse dans ses cheveux, la Canadienne termina par les relever en un chignon non élaboré, d'où quelques mèches s'échappaient, enfila sa tenue de nuit, un gilet à longs pans par dessus et s'observa dans le miroir dix secondes. Chaque jour, depuis l'arrivé de son Connard en puissance, la jeune femme se répétait mentalement la même chose. Ils étaient fort, ils étaient le haut du panier... Avec ou contre eux, contre eux la mort, avec eux l'assurance de ne jamais être trahis si vous aviez suffisamment d'importance pour vous offrir leur estime. Certes  c'était catégorique, présomptueux et même très prétentieux, mais aux yeux bruns qu'elle fixait intensément dans ce reflet qu'elle trouvait changé, aussi bien par l'impatience que par l'angoisse d'imaginer – parfois – échouer avant l'heure, c'était parfaitement normal, la simple et stricte vérité. Swann et elle, le peu de proches qu'ils avaient auraient toujours droit à leur considération, les autres n'étaient que quelques fourmis tout juste bonne à servir de boulet de canon lorsque les choses tourneraient mal... Silencieuse, fixant la cicatrice résorbées à sa clavicule, puis l'autre qu'elle devait au points de sutures effectuées par Rogers senior – ces derniers ayant cisaillé son sourcil gauche, Joann inspira profondément puis quitta la pièce.

Swann ? Interrogea-elle en fixant la chambre vide puis, quelque chose l'invita à froncer les traits.

Une voix... Un timbre qu'elle pensait avoir oublié depuis le temps, qu'elle avait enterré si profondément dans sa mémoire qu'il lui était presque impossible de s'en remémorer les intonations l'ayant longuement hanté. Sur le coup, l'escort ne se méfia pas suffisamment et s'invita rapidement vers les marches. A pas vifs, elle dévala la moitié des escaliers, souriante en capturant l'esquisse se sa silhouette sur le seuil, pour subitement se figer lorsque cet autre corps, celui qu'elle n'envisageait guère capable de tant de cran, se détacha devant l'étudiant.

Elle était là, face à face avec lui pour la première fois depuis des années et son prénom, résonnant entre ses lèvres carnassières, l'invita à se crisper des orteils à la pointe des cheveux. Sa main sur la rambarde serra le bois de cette dernière, si fort qu'elle le sentit grincer sous ses doigts, si fort car il lui fallait un courage titanesque pour ne pas remonter et s'enfermer à double tours. Il était là, pire encore il faisait face à celui qu'elle aimait. Il pouvait tout aussi bien jouer le jeu à la minute, feindre ne pas la connaître comme il s'en targuait auprès des autres, mais les secondes, ces futiles petites secondes qui la séparaient de lui... le temps qu'elle mettrait pour descendre et éviter le pire – ce pire qui lui assaillait l'esprit –, n'étant autre que le fait qu'il puisse l'achever là, sans vergogne, de suite et sans scrupule aucun avant de la saisir pour la cogner ou pire encore, la poussa à déglutir et à terminer sa descente.

Le cœur en vrac, les idées en plein chamboulement, Joann s'approcha de la porte en tirant maladivement sur les fibres du gilet qu'elle portait. Ses yeux restaient fixés sur les mains qu'il avait collé dans sa veste. Comme un automate, dictée par le désir d'épargner celui qui se trouvait entre eux, la jeune femme s'approcha de Swann et entrouvrit les lèvres en tâchant de mesurer les vibrations alarmantes qu'invitait la crainte contre ses cordes vocales. Mark jouait avec eux, plus précisément avec elle et l'idée qu'il puisse sortir un arme, une lame ou quelque chose de ses putains de poches l'invita à paniquer plus encore que si elle s'était retrouvée seule ce soir. Il aurait été simple d'intimer à Swann de reculer, de referme sèchement la porte pour autant, cet enfoiré, la raclure sournoise face à eux aurait compris que l'étudiant avec plus de valeur que n'importe qui d'autre à ses yeux. Elle ouvrit et referma les lèvres à plusieurs reprises, aspirant de l'oxygène sans parvenir à sortir le moindre son, le moindre mot, ni même à tempérer l'écho du rythme cardiaque qu'elle entendait battre dans ses tempes.

- Vous êtes... Elle connaissait d'avance sa question, il suffisait de fixer le regard acerbe, aux allures innocentes et plein de fausse sincérité, qu'il baladait contre eux. Puis là, sa main gauche quitta la poche de son blouson au point qu'elle se tendit. Pourtant pas d'arme, mais l'assurance qu'il ne l'avait guère oublié malgré son petit jeu du parfait amnésique. Il la portait encore, il ne l'avait sans doute jamais retiré sinon pour baiser les garces qui, elles, avaient la chance de n'avoir juste qu'à écarter les cuisses pour le combler. Son regard captura le cercle de métal à son annulaire puis elle revint fixer sa bouche. Incapable de soutenir son regard sans frémir. Il les pointa tour à tour de l'index, un sourire quasiment complice à la commissure des lèvres. ensemble ?

- Non. Lâcha-t-elle si rapidement qu'il n'en douterait pas.

Elle n'avait droit qu'à une chance, il la connaissait parfaitement et savait que lorsqu'elle hésitait, ne serait qu'un millième de seconde, elle mentait. Cet enfoiré opina du chef et émit un rictus qui lui arracha une nuée de frisson alors qu'elle jetait un œil à la blancheur des phalanges de Swann contre la clinche. Il fallait faire cesser ce petit jeu et vite... Ils n'avaient pas l'avantage et avaient trop longuement muri la chose, pourtant ce n'était pas prêt, ce n'était ni l'instant ni le lieu et la panique ne faisait guère parti de ce qu'ils avaient élaboré. Il les avait pris de court, sur leur terrain... Pourtant Joann fut incapable de dire autre chose, pressée par le temps et la tension immonde qui gravissait les échelons en elle. Son autre main, celle encore au creux de sa poche, l'invitait à imaginer le pire alors qu'il entamait un discours juste à son attention.

- Pourtant, on vous voit souvent ensemble... J'pense même que la première fois que je vous ai aperçu c'était le cas. Joann fixa le profil de son amant une seconde puis revint dépeindre les traits capables de l'inviter aux pires cauchemars. Elle esquissa un sourire, replaçant son masque sans avoir de choix. J'ai cru, peut-être parce que j'ai ce petit côté nostalgique concernant celle que j'aimerai retrouver... Il rit, un rire qui aurait pu faire penser à n'importe qui d'autre qu'il était sincère. J'vois des couples partout du fait... C'est extrêmement con j'vous l'accorde... ça m’obsède.

Ces dernières syllabes, Mark les lui dédia personnellement sans plus se soucier du jeune homme capable du pire à son flanc. Bien, il l'oublierait et se focaliserait sur elle. Même avec crainte, même la peur au ventre, elle était parvenue à retourner la chose en leur faveur, cependant il n'avait guère encore bougé mais ça, seul Swann et la fausse innocence dont il saurait faire preuve, pouvait l'inviter à dégager de là rapidement.





Showing no mercy
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Swann Blackmore
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Sam 2 Déc 2017 - 10:21

Il avait la sensation de marcher sur le fil d’un rasoir. Pourquoi ce type lui inspirait-il une telle méfiance ? Ce n’était qu’un homme pourtant, un seul, et Swann en avait déjà rencontré des plus grands, des plus armés, des plus fous. Peut-être était-il contaminé par la terreur de sa petite-amie car à l’instant, il avait cette désagréable sensation que Mark pourrait rentrer et faire de lourds dégâts. A un contre deux. La question fatidique ne tarda pas. S’ils étaient ensemble ? A vrai dire, Joann ne laissa pas à l’étudiant le temps de répondre et le concernant, il aurait approuvé. Il se força un sourire, ses appréhensions recroquevillées derrière ses iris grises, bien forcé de jouer le jeu de son aînée désormais. Elle cherchait à le protéger, sans doute, mais c’était aussi une façon d’admettre qu’ils avaient peur. Si le mari n’était pas trop bête, alors il découvrirait qu’elle avait menti et saurait alors qu’elle était effrayée et souhaitait préserver ses proches. Le cadet Blackmore aurait préféré une autre stratégie : le confronter, le pousser à la jalousie. Dieu sait comme cette émotion pouvait rendre stupide et un homme stupide fait des erreurs.

- Je suis navré pour votre… épouse, rétorqua d’une voix impeccablement hypocrite, en fait, Joann vit ici depuis quelques jours. Le séisme a fait s’effondrer son toit, elle a été relogée chez nous. Peut-être qu’on cessera de vous obséder maintenant, il avait feint un sourire complice mais son intonation était glaciale.
- Oh, je vois… mais comment saviez-vous que j’étais mar-
- Votre alliance, interrompit Swann, vous l’avez encore.
- Ah oui, c’est vrai…, admit Mark avec l’air de celui qui venait de s’en souvenir, je peux pas l’oublier. Elle… elle était unique, une fraction de seconde, son regard perçant dévia vers Joann, j’aime croire qu’elle est en vie et qu’on pourrait… reprendre là où on en était restés. Elle et moi.

Le jeune homme ne répondit pas. Presque inconsciemment, il s’était décalé pour se trouver en travers du chemin entre les deux époux. Il devrait lui passer dessus s’il souhaitait ne serait-ce qu’effleurer l’une de ses mèches de cheveux. A aucun moment il ne songea que l’individu en face de lui s’était repenti, qu’il l’aimait réellement, qu’il souhait s’excuser. De toute façon, se montrerait-il si sournois si c’était le cas ? Que savait-il ? Que ne savait-il pas ? Là était la question. Depuis combien de temps les espionnait-il ? Est-ce qu’il les avait déjà vus tous les deux ? Croirait-il qu’il n’était pas en couple ?

- Je suis désolé pour elle, répéta Swann d’une voix laconique, et… je suis navré, je ne peux pas vous faire entrer ce soir, il commençait réellement à faire froid dans l’entrée, nous sommes épuisés, nous allions dormir sous peu. Si vous souhaitez vous intégrer, rapprochez-vous des frères Rogers, il réussit à contenir son rictus de mépris cette fois, ils donnent des concerts de temps en temps, beaucoup de gens y vont, c’est l’occasion de faire connaissance.
- D’accord, je comprends, céda Mark après un instant d’hésitation, les frères Rogers, c’est noté. Peut-être à une autre fois ?
- Peut-être, répondit sèchement l’étudiant, bonne soirée.

Et il referma la porte. Le regard que le jeune homme leva vers sa petit-ami était lourd de signification. Il venait les titiller jusque sur leur territoire alors… ils allaient devoir agir. Plus vite.


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