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 It's time to pay

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Joann Cain
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Mar 28 Nov 2017 - 9:02



It's time to pay 
Ft Swann
Joyeux anniversaire... Ça faisait des années qu'elle n'avait pas entendu ça. La dernière en date remontait certainement bien avant la fin du monde, quand elle était encore avec son... Mari. En songeant à ça, une léchée de frissons lui dévora l'échine au point que ses cils papillonnèrent, accompagnant le sursaut vif de ses épaules. Elle n'avait jamais divorcé, elle n'en aurait pas eu l'occasion. Fuir avait été plus simple, creuser de distance entre eux tout autant, et, de toute évidence, Mark ne l'aurait certainement pas laissé le quitter vivante. Elle était sa chose, son petit trophée personnel, quand bien même il s'envoyait en l'air avec d'autres, elle était en somme celle qui restait à sa place et qu'il avait sous le coude quand ses poings – ou le reste – le démangeait. Maintenant, alors qu'elle s'agenouillait de nouveau pour reprendre là où ils s'étaient stoppés plus tôt, en un vague sourire qui lui certifiait qu'elle ne lui en voulait pas de ne guère avoir poussé la curiosité jusqu'à connaître sa date de naissance, Joann l'avait « lui ». Il était le contraire du type auquel elle était encore liée du moins si - comme elle l'espérait -, il n'était pas mort sous les crocs d'une charogne.

Différent de lui, différent d'elle, jamais rien n'aurait dû les pousser à se heurter l'un à l'autre et... pourtant, c'était le cas. L'envie de lui parler d'un gars qui n'était peut-être même plus de ce monde lui serrait la gorge, mais quand on songeait à ce qu'ils venaient d'échanger, ayant crée le malaise entre eux, Joann imaginait parfaitement qu'il ne la verrait plus comme celle l'ayant fait fantasmer plus qu'à son tour. Jadis elle était faible, pas amoureuse mais attachée à ce que cet enfoiré de première était capable de lui faire miroiter. Naïvement, et pour n'avoir aucun véritable repère ni modèle, la Canadienne avait pensé que l'amour c'était comme ça. Dur, violent, abusif, et que les seuls instants de calme n'étaient autre que l'union des corps. Elle appréciait le confort, les présents qu'il lui faisait pour « pardonner » ses sautes d'humeur de la veille, mais au grès du temps ça ne suffisait plus et cette sorte d'incendie en elle, de jalousie et d'attachement, s'était éteint pour ne laisser que des cendres. C'était sans doute pour ça, et parce que la différence était immense, qu'elle ne désirait pas vivre que ce qu'elle avait connu avec Swann.

Chassant ses pensées, murée dans un silence de plomb, Cain plongea les bras dans les restes de l’armoire pour dégager les vêtements et lui tendre jusqu'à s'arrêter net, les doigts sur une chose qu'elle avait presque oublié posséder. Elle l'emportait partout avec elle, elle l'avait embarqué et collé ici dès lors qu'elle avait rejoint le Fort. Joann n'eut guère à ouvrir le coffret pour savoir ce qu'il contenait cependant elle le fit dans la précipitation pour coller son contenu, rappel à l'ordre de ce qu'elle ne devait jamais plus faire, dans la poche de son jeans. Inutile de piquer la curiosité de l'étudiant, inutile de rester un instant de plus dans cette baraque, aussi, lorsqu'elle entendit le zip du sac, la brune se redressa et soupira pour s'en retourner sur le seuil après avoir empoigné le bagage. Un court instant, elle songea à cette fuite continuelle, au fait qu'autrefois aussi elle fourrait précipitamment des fringues dans un sac pour changer de ville, mais balaya ce souvenir en replaçant brièvement ses mèches tandis qu'elle dévalait les marches en se méfiant du bordel qui les obstruait. Pas un mot, pas un regard, simplement une lutte pour se taire jusqu'à ce que le fraîcheur extérieure emplisse ses poumons. Une impression de légèreté l'inonda jusqu'à ce que des timbres éloignés ne la ramènent sur la terre ferme.

Le groupe était déjà revenu ? A priori oui... Visiblement les personnes qu'ils devaient récupéré n'étaient pas loin de l'île... Alors qu'elle sourcillait en tentant de dépeindre les traits des nouveaux arrivants, persuadés qu'ils ne seraient guère plus utiles que les abrutis sauvés depuis des mois, l'un d'eux se retourna et l'invita à reculer d'un pas pour buter le dos contre Swann. Ce regard, elle ne l'avait guère oublié, elle ne l'oublierait jamais. En une fraction de seconde, elle n'était plus là mais à des années lumières de l'apocalypse, de retour au passé et à ce qu'il lui avait fait endurer. Ce n'était pas possible, ni même réel, elle se trompait.... Ce n'était pas lui.... Pourtant, et tâchant déjà de se persuader qu'elle devenait barge – ce qu'elle aurait préféré d'ailleurs -, le sourire qu'il lui offrit, à elle, fit s'emballer son cœur tandis que le groupe s'approchait d'eux. Une envie de tout lâcher et de retourner à l'intérieur la pris, néanmoins elle ne s'attendait pas à ce qu'il soit si... Fourbe.

- Swann et Joa, Entama l'un des leurs.

- On a pas l'temps... Le coupa-t-elle.

Non, si on lui demandait d'accompagner ce connard quelque part, qu'il s'en prenait à Swann et qu'il.... Non, elle était incapable de faire face, pas maintenant alors que son cœur se retournait sur lui même et manquait de lâcher. La nausée lui monta en bouche, si fort qu'elle se crispa à la sangle du sac et tenta vainement de garder son calme. Un moment, en restant proche de son petit ami, ses doigts libres cherchèrent les siens mais elle réprima l'envie de le faire. Elle ne devait pas lui donner pareil occasion... Lui la regardait avec intérêt, parfois il sondait les traits de Swann tandis que l'autre abruti, n'ayant conscience de rien, pas même de ce qu'elle venait de lui dire, continuait sur sa lancée en le présentant.

- J'ai pas qu'ça à faire... Un autre jour, plus tard...... pas maintenant. Reprit-elle d'un timbre sifflant avant de le contourner, les yeux au sol. Le regard vide, Joann jeta un œil derrière elle avant de rouvrir la bouche, la gorge sèche et le cœur en branle, à l'intention de Blackmore. Faut rentrer, tout d'suite.

Ses pas furent plus rapides, comme si une horde la poursuivait, ce n'était pourtant que pour s'assurer qu'il ne la suivait pas. Une fois à l'intérieur, Joann gravit les marches sans attendre, sans même s'assurer de la présence de Joy. En un rien de temps, blême comme un linge, les doigts tremblants, elle relâcha le sac et s'empressa vers la douche sans même ôter ses fringues. Elle avait besoin d'air, de virer l'effet désagréable qui semblait lui brûler la peau. Le pommeau déversa la pluie artificielle et maladivement elle se laissa bercer par le bruit et la chaleur du liquide. Swann allait lui demander, il allait la pousser à parler... Elle ne pouvait pas pourtant, quand elle rouvrit les yeux et croisa les siens, trempée de pied en cape, les traits mortifiés, Joann lui agrippa rapidement la main pour la ramener à elle et virer précipitamment ce qui le couvrait, sans attendre, sans tendresse aucune, sans but aucun sinon celui d'oublier, d'effacer, tandis que les fibres qu'ils portaient pesaient lourds sous le poids de la flotte, et qu'elle n'avait plus qu'un besoin maladivement puissant, se prouver qu'il pouvait appuyer sur « reset » pour l'apaiser...





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Swann Blackmore
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Mar 28 Nov 2017 - 13:33

Swann n’avait rien vu du geste dissimulateur de sa petite-amie. Il était trop occupé à fermer le sac gonflé de vêtement, trop occupé à se torturer les méninges, trop occupé à se demander « comment » réussir. Ils durent redescendre l’escalier, avec tout autant de précaution, et quitter cette baraque fendue. C’était tout un symbole, comme le début d’une nouvelle vie ; pour elle comme pour lui. Le temps avait filé sans qu’ils ne le voient passer. L’étudiant se creusait pour savoir comment reprendre un fil qui lui donnait l’impression de glisser entre ses doigts, celui d’une discussion légère et saine. Il décrocha de ses efforts en se heurtant le nez au crâne de Joann.

- Qu’est-ce qu’il y a ? Demanda-t-il avec la sensation que sa question se perdait dans le néant.

A défaut d’avoir une réponse alors, il suivit son regard pour fixer le groupe qui revenait. Il était guidé par Ray qui, visiblement, avait rapatrié quelques inconnus. Les yeux du cadet Blackmore se firent perçants alors qu’il examinait les silhouettes. Il n’avait jamais eu d’emblée confiance aux nouveaux arrivants et plus ils débarquaient tard, plus il avait de mal, parce que cela signifiait qu’ils avaient passé plus de temps à vivre comme des animaux. Il ne manquait pas l’individu qui sourit ouvertement à l’escort-girl mais comment pouvait-il deviner la vérité ? Ça ne devait qu’être un mâle qui n’avait pas vu une femme propre et décente depuis des mois. Une ébauche de sourire en coin fit frémir les lèvres de Swann, un brin méprisant, devant ce ramassis de types dont il se sentait déjà supérieur.

La réaction de la trentenaire le surprit. Encore. Il délaissa les nouveaux pour la regarder, elle, et cette expression qu’il ne lui connaissait pas. Jusqu’à ce jour, il l’avait trop étudiée – notamment à son insu – pour ne pas voir que quelque chose clochait dans ses pupilles vides tournées vers le sol. Elle était soudainement pressée, repartie même immédiatement en direction de la maison, et le jeune homme suivit après avoir glissé un « désolé Ray » à l’afro-américain qui guidait la troupe.

Il peinait à la suivre, encore plus à obtenir une réponse. L’escort-girl ne l’entendait pas : elle filait, entra dans la baraque, lâcha le sac, se réfugia dans la salle de bain, alors que son petit-ami était encore sur le perron. Celui-ci était définitivement perdu. Avait-il… fait quelque chose dont il ne s’était pas rendu compte ? Est-ce… une lumière s’alluma dans son esprit : est-ce que ce type qui avait souri était celui qu’elle avait rencontré deux semaines plutôt ? Celui qui avait essayé de lui faire peur ? C’était un peu tiré par les cheveux, mais il avait la sensation que tout était parti de la rencontre avec les nouveaux, alors…

- Joann ? Joann, qu’est-ce qui…

Il s’interrompit, la découvrit sous la douche, toute habillée. A n’y rien comprendre. Swann voulut lui demander ce qui se passait, mais c’était juste… trop. Trop pour lui et son incapacité à assimiler – puis gérer – des émotions sincères. Ce qui lui crevait les yeux, c’était que la brune n’avait jamais été dans cet état là – jamais – et il l’observait depuis suffisamment longtemps pour être formel. Sa bouche s’ouvrit, sa langue balbutia des syllabes inintelligibles, mais sa petite-amie fut plus rapide. Il se retrouva lui aussi sous le jet, proie de ses gestes désordonnés et impérieux pour le déshabiller.

- Attends, écoute, je, Joann, explique-moi.

Rien. Il n’eut rien d’autre que cet échange froid, brusque, presque impersonnel. L’étudiant finit par abandonner l’idée d’en tirer quelque chose, alors il suivit simplement les désirs de son aînée. Ce serait mentir de dire que son corps n’en avait pas envie mais ce serait aussi mentir de dire que ça avait vraiment été agréable. La réalité était que le fantasme de l’amour sous la douche n’était bon que pour ce qu’il était… un fantasme. L’eau ne lubrifiait pas et dans ce cas précis, elle rendait toute la scène plus compliquée et maladroite qu’elle ne l’aurait été enveloppée de tendresse. Au bout du compte, Swann se sentait confus, empoté et plus nul qu’il ne l’avait jamais perçu. Son cœur battait presque douloureusement mais le silence était pire encore. Il n’y avait que leurs souffles et le bruit de l’eau qui coulait, encore et encore ; froide désormais. Sans regarder Joann dans les yeux, il attrapa une serviette qu’il tendit à son amante avant de s’enrouler dans une autre.

- Je… je vais… je vais m’habiller et… et je… ils n’ont peut-être pas coupé le courant encore… pour faire un thé.

Sa voix était blanche et il ne l’avait toujours pas regardant en quittant la pièce. Qu’est-ce qui venait de se passer ? Pour la toute première fois depuis qu’il s’était juré de devenir fort, il avait envie de pleurer.


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Joann Cain
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Mar 28 Nov 2017 - 14:39



It's time to pay 
Ft Swann
Elle ne l'entendit pas protester, elle ne pouvait même dire si ses mains avaient cerclé les siennes pour l'empêcher de virer les fibres qui la séparaient de son corps. Elle en avait besoin, comme l'eau lavait tous les pêchers, comme si sa seule présence, le fait de ne faire plus qu'un lui ôterait les horreurs subies de la tête. Pour le moment, Swann devenait un palliatif à la douleur, aux ressentis terribles qui faisaient pulser son cœur sur des notes lourdes, sanglantes, au point qu'elle ne maîtrisait plus grand chose sinon ses gestes secs et dénués de tendresse. Il était là, elle avait besoin de lui, besoin de le sentir contre elle, peu importait le reste, il fallait qu'elle oublie « sa » présence, qu'elle en fasse fie ne serait-ce que quelques minutes, qu'elle se sente entière, désirée, chérie mais pourtant l'acte en lui même, cette pression soudaine qu'elle lui collait, cet empressement maladif, n'avait rien de ce qu'elle lui avait offert jusqu'à présent. Sans le réaliser encore, s'accrochant à lui de toute ses forces, les ongles plantés dans sa peau humide sur laquelle perlait l'eau, Joann faisait de son amant un simple objet. Ce qu'elle avait elle même été jadis, ce qu'elle ne voulait plus être et ce qu'elle n'espérait jamais faire subir à quiconque...

Son souffle ne se tempéra pas même quand les choses s'achevèrent dans un silence morbide, pas même lorsqu'elle rouvrit les yeux en espérant croiser son regard qu'il lui refusa en un coup de poignard dans la poitrine. Elle ne réalisait pas, ne comprenait pas, mais quand elle réceptionna la serviette, captura ses mots et le vit disparaître, la boule formée dans sa gorge, partie de ses entrailles pour mourir à son cœur, explosa à l'en faire perdre pieds. Son dos glissa contre la paroi, La Canadienne se recroquevilla et retint ses larmes. Pourtant personne n'était témoin de ses faiblesses, pas même celui qui pouvait tout voir d'elle, elle venait de le blesser, de lui retourner l'horreur qu'elle vivait pour s'en débarrasser.... Lui qu'elle désirait protéger, venait d'absorber son mal être soudain sans comprendre de quoi il retournait. Discuter n'était pas son genre, ça ne menait à rien, elle n'avait pas les mots, pas les explications pour lui faire part de ce qui lui dévorait l'âme à l'instant.

Pourtant, quand les premières perles rejoignirent l'eau froide étalée sur ses traits, Cain se tira de la cabine pour croiser son reflet. La buée du miroir virée d'une main malhabile, elle se revit aux prémices de son mariage, aux premiers coups, aux premiers abus et dû se précipiter vers les toilettes pour vomir une quantité de bile qui termina de lui arracher brûlures et contractions. Autant Mark l'apeurait, la terrifiait, autant sa présence l'avait changé en un claquement de doigts, autant le pire fut qu'elle se soit servi de Swann, qu'elle aimait plus que tout, pour calmer quelque chose qui, indéniablement, ne quitterait guère son organisme le temps qu' « il » serait présent dans le Fort. Frémissante, Cain resta à stagner une seconde, pleurant... Les valves étaient ouvertes et elle n'avait aucune manière de le lui dire du moins, jusqu'à se rappeler avoir emporté un objet, un petit rien qui n'avait plus de valeur jusqu'à présent, qui pourrait ouvrir la conversation. Elle n'avait plus le choix et après s'être rafraîchie les lèvres, attachée négligemment ses cheveux et enfilé une paire de fringues à la va vite, ses pieds nus embrassèrent enfin les marches qui la mèneraient vers lui.

En bas, elle s’accrocha une seconde à la rambarde, peu sûre d'elle – pas du tout même- et jeta un dernier coup d’œil à la porte d'entrée vers laquelle elle s'empressa pour tourner le loquet et s'en éloigner comme si la clinche lui brûlait les doigts. Un battant ne le retiendrait pas.... Il la chopperait dès qu'il en aurait l'occasion non ? Il l'étranglerait, l’éviscérerait, la tuerait.... Peut-être même qu'il la torturerait longuement, qu'il ne lui laisserait même pas une chance de crever en paix et.... Des pensées noires et floues plein la tête, Joann sursauta en entendant le cliquetis – pourtant faible – de la porcelaine dans la cuisine, puis logea les doigts à ses bras. Faible.... victime, faible..... inutile.... Ces mots lui tournaient en tête comme une mélodie assourdissante. Mais quand elle posa les yeux sur sa silhouette, qu'elle approcha doucement du comptoir, l'une des mains ancrées à ses membres déposa « l'anneau » sur la surface lisse.

- Faut..... faut qu'on parle.... Quand il se tourna, qu'elle chercha son regard sans le capturer, Joann lui offrit un faible sourire avant d'observer le bijou. S'il te.... plait ?

S'il refusait, sans doute d'autres larmes perceraient son regard pourtant, quand elle le vit croiser l'anneau contre le plan de travail, son cœur loupa un battement et sa poitrine s'ouvrit comme un coffre trop longtemps cadenassé.

- J'me.... j'me suis mariée après.... Je l'aimais pas, j'aimais juste l'espèce de protection qu'il m'offrait et..... le reste. Des mots brutes ne serviraient à rien ici, Swann était suffisament intelligent pour comprendre ce qu'elle évoquait d'une voix terne et emplie de sanglots. Elle avait peur, peur de sa réaction, peur du jugement au point d'en oublier qu'il l'aimait. Le..... le gars dehors, avec Ray et les autres il..... c'est lui. Reprenant une lourde inspiration, sans s'approcher plus, regardant même ailleurs pour avoir le courage de poursuivre, Joann pinça les lèvres. Là haut.... j'ai... je suis désolée mais, j'avais besoin de... de contrôler ce que je n'ai jamais contrôlé avec lui et.... Je suis désolée Swann je suis tellement désolée.

Les larmes fusèrent, impossible de les retenir, impossible d'arrêter de trembler où de faire fie du fait que Mark était plus proche d'elle désormais, qu'il n'avait qu'à passer le seuil pour la faucher quand il trouverait judicieux de le faire. Puis, elle ouvrit grand les yeux, la gorge sérrée, douloureuse de pleurs, sifflante, à la simple idée qu'il s'en prendrait à lui aussi.

- C'était affreux, même les morts c'est rien à coté de ce quelqu'un peut faire subir à une autre personne alors, j'suis partie, j'ai fui et j'ai fais qu'ça durant des années... J'pensais que, que j'avais enfin la paix et..... Dans un élan de crainte, elle relâcha ses propres bras et s'approcha pour greffer les mains à sa nuque afin de saisir son regard. T'approche pas d'lui..... Jamais, ne lui parle jamais ne lui fais jamais confiance mais, j't'en supplie si tu m'aimes, si tu m'aimes encore ne fais rien..... ne fais jamais rien !






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Swann Blackmore
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Mer 29 Nov 2017 - 1:39

Peut-être que ce n’était pas pour lui. Les sentiments. L’amour. Joann. Peut-être que les railleries de sa sœur étaient fondées, peut-être qu’il n’avait juste rien à attendre de la gente féminine. Le pouvoir de la trentenaire sur lui était absolu : elle pouvait le rendre confiant et combatif ou bien le briser en une poignée de secondes. Heureusement que Joy n’était pas là, elle mettrait très certainement son grain de sel dans cette histoire trop délicate, trop sordide, trop douloureuse. Il croyait la comprendre puis elle l’avait perdu en route. C’était là le ressenti de Swann : celui d’un chiot jeté sur le bas-côté sans même que la voiture n’ait daigné ralentir. Et il ne pouvait en vouloir à sa maîtresse, non ; les os brisés et la truffes en sang il se demandait… qu’est- que j’ai fait de mal ?

Il se sécha alors à la va-vite, sans s’attarder sur ses cheveux qui s’égouttaient sur sa nuque. Le tee-shirt enfilé sous son pull était à l’envers et il ne mit qu’une chaussette sur deux avant de se réfugier dans ses chaussons. Le monde était en sourdine dans ses oreilles, alors l’étudiant n’entendit pas sa petite-amie filer aux toilettes ; il redescendit et fila à la cuisine. Le teint blafard, les mains tremblantes, une désagréables sensation fourmillant sur tout son corps. Il ne comprenait pas. Quelque soit le sens dans lequel il retournait la scène, il ne comprenait pas.

Avec des gestes lents et mécaniques, le jeune homme s’assura que le courant n’était pas encore coupé. Il pu alors sortir tasses, casseroles, et quelques sachets de thé vert d’une marque industrielle. Pourquoi cette boisson en particulier ? Il n’en savait rien. Son cerveau avait sauté dessus comme unique refuge, pour s’occuper les mains et les méninges. Swann ressentit la présence de Joann avant de l’entendre et malgré tout ce qu’il ressentait pour elle, il n’arrivait pas à se retourner pour lui faire face.

Sa voix l’implorait. Si fragile. Si différente. Ils devaient parler. Mais de quoi bon sang ?! Etait-ce pour lui dire que c’était terminé ? Et d’où sortait cette souffrance insupportable ?! Il avait pourtant bazardé toutes ces émotions depuis Apple. Plutôt que de s’élever vers l’escort-girl, ses yeux gris glissèrent sur le plan de travail, butèrent sur l’anneau lourd de signification. Le scénario se dessinait sous son crâne avant que la trentenaire n’entame son récit fébrile.

Son regard se releva alors inévitablement vers elle, pour envelopper toute entière sa silhouette de verre. L’étudiant comprenait que son aînée était une lame taillée dans les traumatismes. Dures. Violentes. A double tranchant. Il l’avait toujours admirée sans chercher à comprendre « pourquoi ». Pourquoi Joann Cain avait-elle cette aura si particulière ? Et aurait-il pu imaginer une telle chose ? Une fois de plus, leur différence d’âge lui cinglait le visage. Elle avait passé trente ans, elle avait vécu, elle s'était marié. Mais… ce ne fut pas ce qu’il retint. Ni ça, ni le fait d’avoir été utilisé. Dans ce que la brune ne disait pas, Swann déchiffrait les coups, la domination et l’humiliation dont elle avait fait l’objet. Ce n’était pas explicite, c’était juste là, sous ses mots, et le responsable était chez eux.

Un froid immense s’empara de lui. Une sensation qui lui donna l’impression de faire vibrer sa peau. Des tics nerveux agitèrent les traits décolorés de son visage alors que quand Joann le prit à la nuque, il parut aussi rigide qu’une poupée de glace. Il mit un instant avant de la fixer. Ses souvenirs recréaient les images de cet homme – celui qui avait souri. L’étudiant aurait pu la rassurer de mille manières, lui dire qu’il lui pardonnait, lui dire qu’il l’aimait, lui dire qu’il comprenait – car c’était vrai. Mais le premier mot qui fila de sa gorge nouée fut :

- Pourquoi ?

Le malaise s’estompait, balayé par autre chose. Une rage brute. Froide. Telle qu’il ne l’avait jamais ressenti. Maintenant qu’il avait les clefs, les actions de son amante étaient oubliées ; il s’en remettrait, car il savait ne pas avoir été le responsable d’un quelconque mal-être. Mais ce type… il n’avait aucune place entre leurs murs, il l’avait décidé.

- Pourquoi je ne l’approcherait pas ? Précisa-t-il laconiquement, je le tuerais pour toi, tu le sais ? Il la fixait, jusqu’au plus profond de ses prunelles, tu n’as qu’à me demander et je lui ferai regretter toutes les fois où il t’a touchée.

Et qui le blâmerait ? Une fois mort, ce serait la parole d’un membre du camp présent depuis le début contre celle d’un nouvel arrivant qui ne pourrait même pas plaider sa cause. Un crime qui ne ferait pas de vague et partirait immédiatement aux oubliettes. On brûlerait le corps et ainsi, les souvenirs de Joann. Swann leva alors les bras pour prendre son visage entre ses mains, ses pouces caressant délicatement les joues de sa petite-amie. Ses yeux étaient grands ouverts, dilatés, comme en proie à une vision qui le galvanisait déjà.

- Je ne le laisserai pas te faire du mal. D’accord ? Je ne t’en veux pas, assura-t-il dans un murmure, je ne t’en veux pas…


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Joann Cain
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Mer 29 Nov 2017 - 22:18



It's time to pay 
Ft Swann
Elle cherchait son regard, l'accroche de ses iris, simplement pour se rassurer quant à ce qui venait de quitter ses lèvres. Partagée entre la crainte qu'il lui arrive quelque chose, tout comme la peur de l'entendre lui dire qu'il lui en voulait, qu'il préférait en rester là, Joann resserra doucement les phalanges suspendues à sa nuque. A l'instant, Swann était rigide comme une pierre, le regard perdu ailleurs, sans nul doute aux quelques images qu'il s'esquissait mentalement. Elle n'avait aucune main là dessus, n'était même pas foutue de lui expliquer clairement la situation, c'était déjà trop dur d'avoir eu à s'ouvrir, à se soumettre de la sorte, si bien que quand il ouvrit la bouche, elle ne fixa plus que celle ci sans véritablement comprendre ce pourquoi. Pourquoi s'était-elle servie de lui plus tôt ? Pourquoi ne lui avait elle rien dit avant ? Pourquoi avait-elle si peur ? Des tas de questions assaillaient son crâne et, ses yeux, eux, ne faisaient que vibrer à la recherche des siens. Puis, quand il poursuivit sur un ton sombre qu'elle lui connaissait depuis l'hôpital, depuis sa chambre, Joann fronça les sourcils en se laissant inonder par l'intensité morbide de ses prunelles.


Il ne devait pas s'approcher de lui, elle ne lui demanderait jamais pareil sacrifice, certes il était capable de grandes choses, de se monter cruel et sadique autant qu'elle l'était, pour des causes qu'ils soutenaient mutuellement, mais juste pour elle... Tuer juste pour elle. Ça ne faisait pas parti des choix qu'elle ferait. Jadis, quand il n'était encore qu'une marionnette à ses yeux, Cain l'aurait sans doute laissé faire, aurait profité de la situation mais, depuis que son cœur pulsait plus pour lui qu'il n'avait jamais pulsé – ni ne cognerait jamais – pour un autre, l'inviter à mettre à exécution ce plan lui faisait froid dans le dos. Néanmoins, quand sa main vint encadrer sa joue, qu'elle fondit davantage dans le sérieux glacial de ses prunelles grises, les mots de Stanley lui revinrent en tête. Il aurait fait n'importe quoi pour la femme qu'il aimait à l'époque, ferait encore plus pour Casey... Swann désirait uniquement l'aider, mais l'idée même qu'il lui arrive quelque chose, que la raclure de l'extérieur sache pour eux, et termine par planter ses griffes dans la silhouette qu'elle adorait plus qu'une autre en ce monde, la terrirait plus que s'il fallait qu'elle meurt elle même.

Joann désirait ça pourtant, quelqu'un capable de faire n'importe quoi pour elle, de la plus belle chose à la pire bassesse. Son cœur se remit alors à battre plus fort, plus fort que quand elle avait comprit que celui qu'elle désirait était auprès d'elle depuis plus de deux ans, qu'elle n'avait jamais posé le bon regard sur lui, qu'elle l'avait inlassablement repoussé. Quand le militaire lui avait raconté son histoire, la Canadienne s'était prise à imaginer ce que serait son existence si elle avait la chance de celle qu'elle appréciait plus que quelconque autre fille... Elle l'avait, face à elle, prêt à tuer pour ses grands yeux noisettes. En un sens, le voir s'élever au plus haut rang où elle désirait le loger aurait du la faire frissonner, l'inviter à le pousser dans ce sens mais malgré l'adoration subite dans ses billes sombres, malgré la contemplation divine que de saisir à nouveau cette noirceur enfouie en lui, Joann sentait son monde, cet univers qu'elle espérait construire peu à peu auprès de lui, se dérober sous ses pieds au point de cercler doucement – en dix phalanges fébriles et froides – ses poignets.

- Méfies toi de lui. Murmura-t-elle sans répondre à cette demande pourtant capable de faire rougir les cendres qu'il avait ravivé deux semaines auparavant. J't'aurais poussé à le faire y a pas un mois de ça... Égoïstement, en m'fichant bien des répercutions qu'ça aurait sur toi, sur ta place ici. Tu aurais pu disparaître que je m'en serai fichue.... Pas aujourd'hui.

Elle était franche, peut-être trop, mais le cadenas de son coffre secret venait de se briser, l’honnêteté n'était elle pas une des clés de la réussite ? Ne lui avait-on pas servi ça autrefois... Son père, qu'elle adorait ne lui avait-il pas dit, répéter, en espérant que sa petite fille devienne l'être droit qu'il espérait voir éclore ? Il lui avait soumis l'idée, jusqu'ici elle ne s'en était jamais servie que pour piquer les autres, leur cracher des vérités désagréables au visage mais, à l'instant et face à lui, ce que lui avait dit le seul homme dont elle manquerait toujours, prenait un tout autre sens, plus véridique, plus sensé. Elle désirait qu'ils y parviennent, elle devrait ne rien lui cacher, quant à Mark.... Il fallait s'en charger mais lui ne s'y risquerait pas non.... Elle finirait par trouver. Ce regain d'espoir soudain, l'allure sombre de l'étudiant pour lequel elle se serait damner plus qu'à son tour, tout cela fit s'envoler les doutes. Enfermée dans cette bulle qu'eux seuls connaissaient et pouvaient apprécier à sa juste valeur, Joann oubliait le reste et redevenait, malgré les instants à venir – pénibles et stressant – celle qu'il avait connu, envié et qu'il possédait désormais.

- Tu n'es pas de la poudre... Tu n'es pas une balle.... Ses mains glissèrent dans ses mèches tandis qu'elle sondait ses yeux pour être certaine qu'il comprenait. Tu n'es pas quelqu'un qu'on sacrifie, tu es celui qui pousse les autres à le faire pour toi. Ne fais rien, on le fera pour toi et moi. N'avait-il pas évoqué ce puissant désir d'un monde qui leur appartiendrait ? Oui, alors si tels étaient ses projets, qu'il s'y tenait, qu'elle demeurait à ses côtés... Les forts se servaient des faibles pour obtenir gain de cause... On trouvera... Lui sourit-elle malgré le mal être qui grignotait ses entrailles. Ne le tue pas.... parce qu'il le fera avant toi Swann et tu sais c'qui arrivera ensuite,

Les yeux brillants, Joann tenta de garder ce reflet froid qu'il appréciait d'elle, mais dans les tréfonds de son âme dévorée par l'idée qu'il puisse mourir avant elle, la jeune femme perdait doucement pieds.






Showing no mercy
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Swann Blackmore
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Jeu 30 Nov 2017 - 0:27

Trop d’émotions entraient en collision. Fulgurantes. Contradictoires. Il avait envie de l’écouter, de se méfier de cet homme, de ne pas l’approcher – sans doute au fond, savait-il déjà que c’était ce qu’il choisirait. Mais dans l’ombre de chaque seconde qui s’écoulait, il voyait se dessiner des images qui le révoltaient. Ce n’était pas des souvenirs, ni des emprunts. C’était des scènes de violences fabriquées par son cerveau pour justifier le meurtre qu’il projetait. Qu’importe que ça date, qu’importe que l’épidémie eût remit les pendules à zéro. Certaines horloges n’étaient pas faites pour être remontées. Les mains de Joann autour de ses poignets, puis dans ses cheveux, diffusaient à son organisme une chaleur enivrante. Swann en oubliait l’épisode sordide de la douche, complètement focalisé sur autre chose. Il ne s’offusqua même pas de son aveu sans détour sur la façon avec laquelle elle le manipulait ; non, l’étudiant fut bien plus marqué par le fait qu’elle sous-entende que son mari le tue, lui, avant de l’atteindre.

- Hey, Joann…

Il sentit – il devinait – qu’elle avait peur. Que derrière ses apparats glacés, la guerrière était fracturée de l’intérieur, comme un vase de porcelaine au bord de l’explosion. Ses mains replacèrent quelques mèches humides derrière ses oreilles et un vague sourire étira ses lèvres. Lointain. Sûr de lui. Cruel. Pour la première fois, il était prêt à ne pas suivre aveuglément ce qu’elle dirait. Ce n’était pas pour lui porter préjudice, bien au contraire. Et d’ailleurs, une boule bardée d’épine s’était invitée dans ses entrailles depuis que la trentenaire avait involontairement implanté dans son esprit un scénario où elle se retrouvait seule face à son démon. Et qu'il la désarticulait.

- Il ne me tuera pas, assura-t-il d’une voix laconique, il ne me tuera pas et il ne te fera rien.

Il libéra son visage pour l’accompagner jusqu’à la table. Une fois assise, l’étudiant prit le temps de servir des tasses d’eau chaude et y glissa machinalement des sachets de thé. Ses doigts tremblaient un peu. Non pas de crainte mais d’une haine mal contenue. Plus féroce encore que celle qu’il ressentait à l’égard des sauvages. C’était plus fort que lui : il visualisait les sévices qu’il pourrait faire subir à cette brute. Avant même de connaitre toute l’histoire, il était prêt à lui écorcher la peau, centimètre par centimètre, avec une lame de rasoir.

- Mais… on doit se débarrasser de lui, il posa les boissons devant Joann sans avoir même l’intention de boire et la détailla de ses yeux gris, on a pas le choix.

Son timbre était le même que celui qu’il utilisait avec Evy quand il voulait la forcer à intégrer une idée. L’escort-girl n’était pas de la même trempe et il ne cherchait pas à en faire un jouet mais… il voulait titiller l’amazone en elle. Celle qui savait prendre les armes, celle qui savait prendre les vies. En quelque sorte, c’était un exorcisme : il fallait arracher du corps de sa petite-amie le fantôme d’une peur passée qui n’aurait bientôt plus lieu d’être. Plutôt que de s’asseoir, il retourna vers le plan de travail et attrapa délicatement l’alliance. Il la souleva légèrement pour l’observer à la lumière du jour. Etait-ce dans sa tête cette impression qu’elle lui brûlait la paume ?

- On peut… amener quelqu’un à le faire si tu veux, mais… je veux le voir mourir.

Il voulait le voir oui. Le toiser sans ciller et s'assurer qu’il quittait ce monde. Sans briller, sans raison, sans soutien. Il crèverait en anonyme et personne ne le pleurerait. Swann n’avait même pas besoin de demander des détails et sans doute n’en demanderait-il jamais. Les mots que Joann utilisait – et ceux qu’elle n’utilisait pas – suffisaient à lui donner une image assez nette du tableau. Par contre, il pouvait faire quelque chose : quelque chose qui marquerait le départ de cette nouvelle vie. Une vie sans peur. Le cadet Blackmore admira un instant la trentenaire puis… il tendit la main au-dessus de l’évier et lâcha la bague. Celle-ci rebondit, une fois, avant de tomber dans le siphon et pour faire bonne mesure, le jeune homme ouvrit à fond le robinet pour que le débit de l’eau l’emporte.

- Et pour commencer : tu n’es plus à lui.


We are monsters
You got no place to hide and I'm feeling like a villain ; got that hunger inside. One look in my eyes and you're running 'cause I'm coming ; gonna eat you alive. Your heart hits like a drum, the chase has just begun. Monsters, stuck in your head. Monsters, under your bed. We are monsters ♪
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Joann Cain
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MessageSujet: Re: It's time to pay   Jeu 30 Nov 2017 - 11:06



It's time to pay 
Ft Swann
Le crâne empli de clichés aussi sanglants qu'ils étaient sordides, la Canadienne ferma les yeux. Ce film rougit par l'hémoglobine défilait pourtant encore sous ses paupières closes, elle voyait avec clarté ce qu'y finirait par arriver s'ils ne faisaient rien. Pas question de l'abandonner à son désir cuisant d'éradiquer – seul - ce problème majeur, non... Elle devait agir, à hauteur des moyens qu'elle possédait encore. Le temps ne l'avait-il pas rendu plus froide, plus dure, plus amère ? Bien entendu que si. Son prénom résonna alors sous le timbre étrangement « serein » de l'étudiant. Déjà ses mains glissaient entre ses mèches, replaçant ces dernières comme pour s'obtenir toute l'attention qu'il désirait d'elle. Joann rouvrit les yeux pour capturer l'étincelle certaine, noire et assurée, qui pulsait dans ce gris tempétueux. Swann avait l'assurance qu'elle n'avait plus depuis qu'elle avait croisé ce sourire, cette preuve qu'il n'avait rien oublié et n'attendait qu'une chose : pouvoir se venger. Mark n'avait guère paru surpris de la revoir mais ce n'était qu'un jeu, un rôle parmi tous ceux qu'il jouait, pour s'offrir l'innocence qu'il n'avait guère.  Malgré son mutisme concernant le calcul, la rancoeur et ce que son mari était capable de faire, Blackmore semblait enfin capable de lire en elle comme dans un livre ouvert. Il comprenait, ne jugeait que celui qu'elle aurait apprécié avoir véritablement achevé à l'époque. Les flics, les juges, la peine qui c'en serait suivie, tout cela n'aurait eu aucune valeur à côté de cette sensation grisante, bienfaitrice, d'être enfin débarrassée du poids qui pesait en elle.

Ils se comprenaient là dessus mais peinaient à s'apprendre sur leur passé respectif... Encore une fois le morbide les liait plus qu'autre chose... Quand il l'y invita, elle s'installa sur une chaise et l'observa. Ses gestes étaient fébriles, semblables à ceux qu'elle avait vu à l'hôpital, pourtant cette fois aucune balle ne venait lui arracher de souffrance non... C'était simplement brut, l'autre facette haineuse qui l'avait poussé à l'envisager autrement, à se rapprocher de lui peu à peu. Elle l'aimait ce trait particulier, elle l'adorait ainsi comme elle l'admirait même quand il peinait à s'exprimer sans temps de latance. C'était un tout qui faisait de lui l'être le plus important à son regard. Joann lui trouvait des qualités aux défauts qu'il avait, parfait... La perfection n'existait pas ? Foutaise, elle était simplement ce qu'on désirait qu'elle soit, quelque chose de personnel et différent pour chacun sur cette terre pourrie jusqu'au noyau.

Les tasses de thé fumantes devant elle, Joann fixa un instant la surface du liquide qui prenait la teinte du sachet y étant plongé, elle était comme ce breuvage, il était comme ce breuvage et il avait raison : Ils n'avaient pas le choix. Clair en apparence, sombre en définitive mais quand elle le vit s'emparer de l'anneau qu'elle avait gardé tout ce temps, simplement pour se remémorer de ne jamais plus faire la même erreur, son cœur se serra bien qu'ils fussent sur la même longueur d'onde. Quelqu'un s'en chargerait pour eux, ils y travailleraient et rien ne les mettrait en cause, cependant il avait une condition qui l'invita à sonder le sérieux malsain dans ses prunelles encore attachées aux contours du bijou. Une envie de lui répondre la prit mais lorsqu'elle vit l'alliance quitter ses doigts, qu'elle l'entendit rebondir pour ensuite filer dans la canalisation – aidée par l'eau qu'elle avait cru capable de l'apaiser plus tôt – Joann se tendit en redressant les cils sur sa silhouette.

Ses mots résonnèrent en elle comme une réponse, une première solution, un premier présent de sa part que la faire changer de mains, véritablement... Cet anneau n'avait pour valeur que celle qu'elle lui donnait, les documents autrefois signés n'existaient plus, ça n'avait plus de valeur... Uniquement celle que Swann désirait lui faire assimiler en s'émancipant face à elle. La Canadienne le contempla de longues secondes, envahie par une certitude aussi étrange que chaleureuse. Il n'avait jamais été aussi sûr de lui, aussi persuadé de réussir. Elle y croyait, elle misait sur lui plus que d'ordinaire, il la tirerait vers la surface et bientôt ces horreurs ne seraient plus qu'un vague souvenir n'ayant plus aucune emprise sur elle... Sur eux. Joann avait raison, il était le décideur, l'esprit, l'intellect à contrario d'elle qui, bien que perfide et capable de retourner les choses à son avantage, face à pareille situation devenait une simple coquille vide. Les rôles s'inversaient, et l'obscure aura qui l'entourait, qui donnait d'intensité à son être, sa voix, le moindre de ses gestes, termina par s'emparer d'elle. Il la poussait simplement, la poussait à faire fie, oublier et à imaginer que tout était simple dès l'instant qu'ils en étaient à l'origine. Tout était simple avec lui, clair net et précis. Mark mourrait, Swann l'observerait rendre son dernier soupir mais ne le lui arracherait pas. Ils trouveraient la balle et ne feraient que tenir l'arme pour presser sur la détente le moment venu.

- Aussi simple que ça... c'est plus facile avec toi. Lâcha-t-elle en observant l'évier dans lequel un symbole d'erreur venait de disparaître. J'étais déjà à toi. Pas besoin de quoi qu'ce soit pour en être certaine, mais il faut qu'il crève pour qu'il n'y ait plus le moindre lien. Reprit la brune en glissant ses doigts, encore fébriles, autour de la porcelaine chaude. Sans tête, le corps meurt... Le cœur a beau battre, sans cervelle il n'y a pas de vie.

Sans le lui dire, elle lui prouvait une fois encore qu'il avait beau être jeune, à des années lumières des types qu'elle avait trouvé attrayant à ses heures, il était bien plus douée qu'elle et qu'eux réunis. Avec lui, tout prenait une dimension plus directe, envisageable et cette aura sombre, néfaste, ce sourire mesquin gorgé de cynisme et de certitudes acerbes le rendait beau à en crever.

- J'ai confiance en toi, et il mourra... tu le regarderas et rien ne se mettra plus entre toi et moi. La Canadienne se releva pour lui faire face et glisser les mains aux siennes. Même pas les morts.... Ni les autres, pas même cette putain de promesse.... Il la tirait vers le haut, lui donnait l'estime qu'elle venait de perdre en un simple sourire à l'extérieur, de vulgaires souvenirs auxquels elle devrait ne plus accorder tant d'importance. Ce serait facile avec lui près d'elle, mais parce qu'elle n'était pas du genre à lui interdire quoi qu'ce soit, ni même à le supplier de lui tenir la main en permanence, dans son absence elle savait qu'il lui faudrait plus de courage pour ne pas devenir folle à l'idée qu' « il » puisse frapper avant eux... Mon p'tit génie, tu m'rendras toujours plus forte, j'serai plus forte avec toi et je t'aime encore plus pour tout ça. J'me suis trompée, tu auras toujours un coup d'avance... même sur moi Swann.

Il suffisait de comprendre qu'elle le fascinait bien avant qu'elle ressente quelque chose à son égard, qu'il l'aimait bien avant qu'elle l'aime, qu'il était plus intelligent que tous ceux qu'elle connaissait, plus capable de faire bouger les choses... Il la précéderait encore à l'avenir, jamais prévisible... Jamais ennuyeux. Une simple promesse que même gorgée de doutes, de regrets passés, Cain ne s'éloignerait jamais de lui.





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