The Walking Dead RPG

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- /!\ Under the veil of fears -
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Joann Cain
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MessageSujet: /! Under the veil of fears   Jeu 23 Nov 2017 - 21:11


Under the veil of fears 
Ft Swann


Soirée du 12 Novembre 2017

Son genou battait un rythme effréné depuis l'instant où on l'avait fait asseoir sur cette maudite chaise. C'était long, terriblement chiant, quant à la douleur que lui arrachait chaque passage de l'aiguille, Cain semblait s'y être habituée. Le pire était sans doute ce qui lui traversait l'esprit à l'heure actuelle. Ce que cet enfoiré d'Hispanique lui avait soufflé à l'oreille. Les mots résonnaient en elle comme une mélodie malsaine qu'elle ne pourrait plus jamais s'ôter du crâne. Ce n'était pourtant qu'une part des choses qu'il l'avait poussé à entrevoir, à ressentir à l'extrême, au point qu'elle se noyait – depuis – dans les méandres de la réflexion couplée à l'angoisse qu'il ne soit déjà trop tard... Il était avec elle désormais, cette blondasse sans esprit, cette conne sans intérêt. Si la jalousie la saisissait sur le vif, en imaginant les traits poupins de Collins ? Oui, cependant et n'étant guère habituée à pareille sensation, Joann mettait ça sur le compte du stress et de l'appréhension, le soulagement l'ayant malgré tout saisi dès lors qu'elle avait su que, tout comme eux, il était rentré. Ça ne s'était joué qu'à quelques minutes, dix peut être vingt, tout il advient qu'elle n'avait encore pu le voir ni s'assurer de son état étant donné la crise ayant saisi le camp durant l'absence des deux équipes sur lesquelles ils avaient été placés.

L'après midi même, les morts avaient profité d'une brèche dans la barricade et s'étaient infiltrés dans les rues. Fort heureusement, civils, militaires, ainsi que les équipes de retour de leurs missions, avaient réussi, après d'interminables heures, à éradiquer la menace. Pas sans pertes, pas sans avoir vu et fait couler le sang... La communauté était en deuil, pourtant Joann s'en fichait presque, n'avait d'importance que le fait que ses proches soient toujours là pour témoigner des horreurs vécues... Mieux encore, plus soulageant pour elle, Swann était en vie, mais son cœur n'était sans doute plus à elle, après tout ne l'avait elle pas vu s'inquiéter pour la blonde lors du tremblement de terre ? Bien sûr que si. Alors elle avait le choix, ne rien dire et réprimer tout ce qui l'envahissait depuis cet instant près de la Caserne, ainsi jamais ce connard – si par malheur elle recroisait sa route – ne lui ferait de mal ou, encore, attendre, et espérer que rien ne dure avec la pimbêche à cervelle atrophiée. Cependant lorsque le médecin lui banda le bras, après s'être occupé de la plaie au dessus de sa clavicule, et qu'elle la vit entrer dans le dispensaire à la recherche de Lucas, La  Canadienne se tendit d'un coup d'un seul.

- C'est fini bordel ?!! Siffla-t-elle en ancrant ses billes à celles du gars affairé à ses plaies.

C'était trop long, dix plombes pour des sutures non ! Cain se redressa d'une traite, sous les réprimandes du fameux médecin, et s'empressa de sortir en tirant sèchement sur l'ourlet de son pull. Sa tête luttait déjà mais pas son cœur lui - gorgé de vérités aussi dures étaient elles à admette - la dirigeait déjà vers l'endroit que cette fille venait de délaisser. Après tout pourquoi devrait-elle attendre ? Pourquoi lui laisserait-elle le champ libre ? Pourquoi ne pas agir et lui couper l'herbe sous le pied puis, si vraiment quelque chose d'intense le liait à elle, il le lui dirait directement et elle, même si rien ne voyait le jour, sentirait peut être un poids quitter ses épaules.

Néanmoins, Joann déglutit une seconde, croisant sur sa route les quelques ruines qu'avaient laissé le tremblement de terre, les marques de sang au sol, les cadavres encore étendus en attendant qu'on les dégage pour les brûler, les gens en larmes. Elle même était une ruine à l'heure actuelle, dévastée par la promesse qu'un enfoiré lui avait faite, droit dans les yeux, pour ensuite river ses lèvres aux siennes. Le dégoût l'immergea à nouveau dans sa noirceur au point qu'elle s'arrêta à quelques pas à peine de l'allée, puis passa la main sur sa bouche, les larmes aux yeux que de se sentir défaillir, faible, et vulnérable, à l'idée qu'on puisse un jour le lui arracher aussi vilement qu'elle avait saisi la vie de cette « puta ». Elle n'avait en rien regretté son geste, pas une seconde, jusqu'à ce qu'il lui promette lui faire vivre un enfer similaire dès leur prochaine entrevue. Figée dans la ruelle, son dos termina par embrasser le muret de la baraque voisine. Il lui semblait manquer d'air, elle ne sentait plus son corps et retournait inlassablement à l'instant où son cœur s'était débarrassé des cadenas dont elle l'avait affublé des années plus tôt. Jusqu'ici, tout avait été parfait, contrôlé dans le moindre détail. Pas de sentiment, pas d'attache, juste elle et ses petites manigances, sa manipulation, jusqu'à lui... Swann avait tout foutu en l'air en un battement de cils, en une fraction de seconde, en tirant par trois fois sur l'un de ceux qu'il avait sans doute recroisé ce jour. Elle le savait, nul autre que lui n'agirait de cette manière, à sa manière, au point de livrer de pauvres âmes en pâture à la faucheuse. Il était ce qu'elle était, vile, sombre, calculateur et...

Sa dernière pensée, au sujet du jeune homme, l'invita à reprendre une lourde inspiration signant la fin d'une longue angoisse. Il était le seul à le lui avoir dit, à être sincère même si ça lui coûtait. Ce souvenir inonda son esprit à lui en arracher quelques larmes qu'elle s'empressa de gommer d'un revers de main pour enfin s'approcher du battant et y loger le poing. « Elle » n'était pas là, il était libre, la voie était libre et même si ça ne débouchait sur rien, la Canadienne aurait au moins fait quelque chose de bien dans son existence depuis l'instant où elle s'était muée en garce sans scrupule. Comment ne l'avait-elle pas su plus tôt alors que, fatalement, lorsque son regard capturait le sien, elle voyait les similitudes de leurs âmes torturées par les épreuves et la mort ? Ce fut d'ailleurs le cas, une fois encore, lorsque la porte s'ouvrit.

Son cœur eut un raté monstre et ses prunelles le détaillèrent un long moment avant qu'elle puisse ouvrir la bouche. Tout était vrai, on se foutait bien de l'âge lorsqu'on était sur la même longueur d'onde, en permanence, lorsqu'on tombait sur l'âme sœur, plus rien n'importait ni n'avait de valeur... Pas même votre propre vie.

- Fais moi entrer. Lâcha-t-elle d'une voix nouée qui, elle en était certaine – même si à l'instant elle s'en contrefoutait – l'inviterait à imaginer le pire.

En un pas, elle fut de nouveau dans cet endroit, celui qu'elle avait fui à toute jambes des semaines plus tôt, et son regard dévia rapidement vers les marches qu'elle avait dévalé. Joy n'était pas là, habituellement la blonde répondait à qui désirait les voir. Bien...

- Tu vas bien. Ce n'était pas une question, elle s'assurait simplement de son état en promenant les yeux sur lui mais quand il ouvrit la bouche, sans doute pour se soucier d'elle, Joann secoua la tête. J'vais pas bien non. Physiquement c'est rien ça, ça laissera des cicatrices mais c'est rien ! C'est à l'intérieur que ça va pas du tout, et si j'dis rien ces.... ces trucs vont m'bouffer à petit feu alors, écoutes s'il te plaît. Le sang affluait dans ses veines, son cœur battait à tout rompre, tant qu'elle l'imaginait bien exploser d'une seconde à l'autre. Juste une question pour commencer... tu... Tu l'aimes ?

Malgré tout, elle esquissa un piteux sourire et logea une main dans ses cheveux. Depuis quand se souciait-elle des autres, des sentiments des autres lorsque ça la concernait elle ? Même s'il l'aimait cette conne, qu'en avait-elle à faire ? Il pourrait bien la dégager, ou pas, mais peu importait la réponse vraiment car si elle ne disait rien, s'il ne savait jamais, elle aurait subi tout ça pour keudal.

- Et moi ? Reprit-elle en deux billes scintillantes. Pas comme un ami Swann, pas comme ça... Autrement, plus fort... Même fort c'est pas assez. Lâcha-t-elle en un rictus emprunt de doutes et de nervosité. Ses yeux se noyaient dans les siens, et bien que les paroles lui coûteraient, Joann serait franche comme elle l'était avec lui depuis l'acte manqué du mois précédent. J'suis à toi. Souffla-t-elle en sachant quel impact auraient ces mots – choisis en fonction de ses dires passés – sur lui. Ça a toujours été le cas mais je refusais de le voir et... Et aujourd'hui c'est, Une larme quitta son œil et roula sur sa joue jusqu'à la commissure de ses lèvres. ça me fait mal, j'en crèverai, mais c'est le cas, c'est là j'peux pas le retirer, j'peux pas faire semblant... C'est toi et personne d'autre, y aura jamais plus personne d'autre que toi.







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MessageSujet: Re: /!\ Under the veil of fears   Jeu 23 Nov 2017 - 21:21
Il était encore prisonnier de ses pensées lorsqu'Evelyn l’avait quitté. Il revoyait le campement fantôme investi par les rôdeurs, les trois chimères mutilées par ces psychopathes et surtout : ces fanatiques qu'ils avaient fini par exterminer. Swann n'en ressentait ni honte, ni peur, simplement le sentiment grisant qu'une fois de plus, ils avaient fait leur job. Les blessures n'étaient rien comparées au sentiment de satisfaction qui le réchauffait et il réalisait que jamais, plus jamais, il ne saurait redevenir ce simple étudiant en économie.

Sur le camp, il restait encore tant à faire… leur ville si préservée avait été marquée une fois de plus et les stigmates seraient encore longtemps visibles. Rien qu'en ouvrant sa fenêtre, le jeune Blackmore avait la sensation de percevoir des relents de sang et de mort, mêlés à l'humidité automnale qui déposait sur Bainbridge Island un manteau grisâtre. Dans la salle de bain, il inspecta en grimaçant le bleu sur son ventre ainsi que ceux qui marbraient son visage grâce à Lucas. Le même Lucas qu'Evelyn était partie voir ce soir. Son cœur se mit à battre bizarrement : ils s'étaient encore embrassés avant qu'elle ne s'en aille, ses yeux gris avaient capturés son image juvénile et ingénue. Il s'attachait à elle, vraiment, mais elle l'avait déçue ; et ses songes restaient fidèles à l'escort-girl. Swann s'était justement changé pour ça : profiter que la blonde ne soit pas là pour aller s'enquérir de la santé de son amie. Accessoirement : en savoir plus sur les sauvages qui les avaient attaqués.

On frappa à la porte. L'étudiant acheva d'enfiler un pull aux motifs un peu vieillot par-dessus son t-shirt et descendit ouvrir. Il s'attendait à tout, depuis Donovan qui venait lui faire un sermon jusqu'à un voisin qui lui demanderait de l'aide, sauf à Joann. Automatiquement, il se crispa, plus encore lorsqu'elle lui demanda – ou lui imposa – d'entrer. Sa voix était brisée, elle le regardait si intensément que… qu'au final, des dizaines de scenarios tragiques lui passaient par la tête. En dépit de leur fameuse discussion où la trentenaire lui demandait de ne plus être si gêné devant elle, le jeune homme se sentit fébrile, voire coupable. Sans même savoir de quoi.

- Heu… je…

L'escort girl ne l'avait de toute façon pas laisser dire s'il allait bien. Elle embraya immédiatement sur un discours qui trancha sa colonne vertébrale en deux d'un frisson glacée. A l'intérieur, ça n'allait pas ? Quelque chose la bouffait ? Swann ouvrit la bouche sans être capable d'en faire sortir le moindre son. Est-ce qu'elle allait lui dire que c'était fini ? Qu'elle n'en pouvait plus de cette amitié avec un nabot qui fantasmait sur elle au point de la suivre et de l'espionner ? Est-ce qu'elle n'en pouvait pas de croiser ses prunelles et de se souvenir de cette fameuse nuit sombrée dans l'oubli ?

- Heu… tu veux dire… Evy ? questionna-t-il en bafouillant, pris de court, je… enfin… je l'aime bien mais…

Il n'eut pas le temps de s'embourber dans sa réponse, destinée à expliquer à la femme pour laquelle son cœur battait qu'il avait jeté son dévolu sur une autre, par défaut, mais qu'il s'attachait finalement à elle. Swann n'avait jamais vu son aînée comme ça : si à fleur de peau, si fragile, si torturée. Elle qui était comme lui ordinairement : décrochée de ses émotions, comme si leurs pensées avaient assujetti leur cœur depuis longtemps. Son palpitant à lui, battait irrégulièrement et se décrocha au moment où Joann prononça les mots fatidiques. « Elle était à lui ». Sa respiration se bloqua aussi, l’espace étroit de l'entrée lui parut basculer. Le jeune homme regretta de ne pas les avoir fait s'asseoir parce qu'il risquait de tomber à la renverse.

Les membres en coton, il se repassait en boucle les aveux de Joann. Est-ce que c'était ce qu'il croyait ? Une déclaration ? Après tout ce temps passé à fantasmer, à rêver, à imaginer des films honteux entre elle et lui… il n'avait sincèrement pensé s'approprier son icone. Au mieux, l'approcher, gratter cette amitié si singulière à laquelle il s'était résigné mais ça, c'était… il n'y croyait pas. Il n'avait pas de mot. Il les revoyait clairement, dans son salon, évoquant les sentiments qu'ils avaient l'un pour l'autre et… le cadet Blackmore n'avait pas menti. Pas plus qu'il n'avait menti en se disant qu'Evelyn était un second choix. Son cœur avait toujours été fidèle à cette attirance presque glauque, presque mystique, presque malsaine. Il se souvenait du petit jeu de la trentenaire qui le cherchait, de ses remarques comme quoi il était trop jeune, de tous ces détails si soudainement insignifiant quand son cœur s'emballait.

Swann était littéralement figé sur place. Etourdi. Abasourdi. C'était trop inespéré pour y croire et en même temps, elle était là, devant lui. Belle malgré les blessures, charismatique malgré le trouble, une larme s'échappant de ses yeux si intense. Ce n'était plus un jeu. Ce n'était plus un faux-semblant. Et ils n'étaient pas soûl. Alors puisque ses mots s'étiolaient dans sa gorge, l'étudiant ne put que lever doucement un bras pour venir chasser du pouce la perle salé qui dégringolait sur les traits de Joann. C'était un rêve. Ses doigts s'affirmèrent, sa paume épousa sa joue. Sa poitrine allait exploser. Sa tête aussi. Sans plus réfléchir, il se pencha vers elle, laissa leurs lèvres flirter pendant un instant d'hésitation… et céda – une fois encore – à cette pulsion refoulée.
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Joann Cain
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MessageSujet: Re: /!\ Under the veil of fears   Jeu 23 Nov 2017 - 21:28


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Aucune réaction, pas la moindre sinon l'air étrange qui maquillait ses traits. A l'instant, Joann déglutit, son cœur se serrait déjà à l'idée qu'il l'envoie paître, qu'il lui préfère la gamine avec laquelle – elle en était certaine même si ce n'était guère très objectif – il aurait des problèmes. Richardson était un gars impulsif, en témoignaient les marques de coups sur les traits fins de Swann, il finirait par le tuer si, comme elle l'imaginait, Blackmore jouait trop avec la blondinette.

Car c'était bien ça non ? Rien ne le reliait à Collins sinon ce qu'elle même lui avait fait dès lors qu'elle l'avait rencontré ? L'étudiant s'amusait avec cette gosse, cette dernière n'en avait peut-être pas conscience car elle en était dingue, mais n'était-ce pas la réalité sous l'aveu – pourtant douloureux - qu'il venait de lui faire ? Il l'aimait bien, mais... A l'instant, et parce que son cœur tonitruait dans sa poitrine, Joann voulait connaître ce qu'il y avait après ce « mais », elle voulait savoir, creuser si profondément, histoire de ne rien louper, de ne rien manquer qui l'invitait à se sentir si mal face à lui, si désemparée alors que, quelques semaines plus tôt, elle n'aurait eu qu'à prononcer les mêmes mots et tout aurait été différent. Même si elle ne frémissait pas, son âme se déchirait peu à peu à la simple évocation d'un « non » qu'il n'avait pourtant pas lâché. Swann était plongé dans un mutisme capable de lui faire froid dans le dos. Pourtant, même si la souffrance reviendrait la saisir et l'enlacer avec ferveur s'il la repoussait, après tout ce n'était que justice, elle s'y plierait et serait celle qu'il voudrait qu'elle soit... uniquement pour ne pas le perdre totalement.

Manipulation, mensonges, séductions de son côté, elle n'avait eu aucun scrupule à se servir de lui. Quant à lui, dans le regard duquel ses prunelles s'enlisaient, le fantasme lui avait permis de tenir bon et de résister à toutes ses attaques sans jamais baisser les bras sinon lorsqu'elle le lui avait demandé. Blackmore lui avait obéi et, à l'heure actuelle, la Canadienne ne désirait plus être maîtresse des actions du jeune homme, ni même tenir fermement les rennes de sa vie, elle voulait simplement qu'il soit lui même, régisse son existence et... même si elle ne le reconnaissait pas de vive voix... La sienne avec.

- Rép... « ond », la dernière syllabe mourut dans sa trachée à l'instant même où son pouce glissa à l'endroit de la rigole qu'avait tracé cette larme.

Ses cils vibrèrent mais elle désira capturer la lueur dans son regard celle qui, malgré tout ce qu'ils avaient enduré, tout ce qu'ils s'étaient infligés ensemble, tout ce qu'elle lui avait fait subir, balayait ses doutes aussi vite qu'ils l'avaient possédé. Ni supplique, ni douleur, rien sinon une tendre chaleur s'insinuait dans son ventre au rythme des lèvres qu'il rapprochait des siennes. Sur le coup, les pulsations de son palpitant devinrent lourdes, aussi pesantes qu'une tonne de plomb, mais elle n'entendait plus que ses inspirations se mêler aux siennes. Si ça n'avait tenu qu'à la Joann des jours précédents, à cette fille qui n'avait cure de rien, ne désirait plus aimer quiconque et simplement profiter de la vie, sans doute aurait elle brisé ces secondes la séparant de lui et de la saveur exquise de ses lèvres. Elle s'en souvenait parfaitement pour les avoir déjà senti épouser les siennes, c'était doux et suave, comme une soie jamais touchée. L'impatience la gagnait donc, tout comme son être s'emplissait de la noirceur adverse. Parce que Swann n'avait rien d'une personne lumineuse capable de vous faire penser qu'il était le soleil qui brillait dans votre cœur non... Pour elle il était l'obscurité qui la protégeait du reste du monde et l'étreignait dans une chaleur étouffante de laquelle elle ne désirait se défaire.

Et l'espace se brisa, tout comme il fit se fêler les derniers morceaux de la cuirasse qu'elle portait. Le baiser se scella dans le silence brisé par l'écho de son cœur qu'elle sentait vibrer entre eux. Joann ferma les yeux, ensevelie dans cette douceur qui lui courrait les veines. D'abord inerte, sa main valide termina par empoigner les fibres des vêtements qui couvraient son buste, et elle serra si fort que l'étoffe sembla craquer sous ses doigts tandis qu'elle le rapprochait d'elle, comme si la proximité n'était pas assez encore, comme si rien n'était suffisant avec lui et qu'elle en désirait toujours plus... Simplement comme si, Cain enviait uniquement rattraper le temps perdu par sa seule faute. Ce n'était pas comme ce geste « volé » du mois précédent, c'était plus langoureux, plus intense si bien qu'elle se tendit contre lui en serrant sa prise pour ne pas le voir fuir. Le sang filait dans ses muscles, ravivant des artères asséchées par la froideur, il poudrait ses joues en signe d'impatience et de légèreté. Swann n’hésitait plus, et bien que jusqu'ici la brunette avait été maître de son existence, et de celle de celui capable de lui faire ressentir pareille chose, elle baissait les armes et s'en remettait totalement à lui.

Il n'y avait plus aucune différence, les chiffres n'étaient qu'une connerie inventée par une société qui n'existait plus et même s'il y avait de quoi juger ici bas, Joann voyait simplement les rôles s'inverser entre eux. Lui était un homme coincé dans le corps d'un étudiant, elle était une adolescente ayant tout raté dans l'enveloppe d'une femme qu'il désirait. Fatalement, indéniablement et pour le reste de leur existence, ils étaient semblables plus qu'on ne pouvait l'entrevoir en les croisant du regard.

Une léchée de frissons parcouru son épiderme à l'instant où sa main libre chercha la sienne, que ses doigts se glissèrent entre les siens et qu'elle serra, - sans lui infliger de mal – pour lui faire comprendre toutes les choses qui la traversaient. Elle l'aimait et ce n'était pas oui ou non cette fois, c'était simplement évident, instinctif. Swann avait logé son empreinte sur elle dans cet hôpital, cette dernière n'avait fait que s'étendre pour emprisonner l'organe qui battait dans sa poitrine. Alors peu importait que le monde s'écroule à nouveau, comme en 2015 ou comme la veille. Ne demeuraient plus qu'eux, ne subsistait que leur attache unique et sans comparaison, quelque chose à laquelle elle ne s'attendait plus mais qui, indéniablement, la ramènerait toujours auprès de lui dans cette vie ou la prochaine.

Le souffle court, Cain recula lentement les traits, son front épousant le sien tandis que ses cils s'inclinaient pour percevoir les fibres qui blanchissaient ses phalanges. Elle pinça les lèvres sans sourire encore, marquée sans plus pouvoir faire machine arrière, pas même sans désirer le faire. Puis ses prunelles empruntèrent le chemin de son cou, de sa mâchoire, de ses traits fins jusqu'aux billes fiévreuses devenant son repère.

- Toi et moi... Lui sourit-elle le regard brillant de tout ce qu'elle avait refoulé jusqu'à présent. La fièvre au corps et à l'âme. on est pas comme les autres... on s'appartient l'un l'autre et on se contrefout du reste. Murmura-t-elle à quelques centimètres de ses lèvres. Y a que nous... Y aura toujours que nous, on sera plus fort ensemble... Ses lèvres capturèrent les siennes une fois encore, plus chastement, comme pour lui jurer les mots suivants, qu'il n'en doute jamais. Je t'estime... Bien plus qu'elle n'en est capable, c'est pas assez fort pourtant car tu mérites plus que n'importe quel autre... Son cœur brûlait de devoir dire ces mots et pourtant, pour lui, elle les lui céderait à n'importe quel prix. L'âge c'est surfait quand on aime à c'point là... Tu avais raison, j'avais tort Swann. Conclut-elle malgré les nouvelles douleurs qui saisissaient son âme à l'idée qu'un jour - qu'elle espérait le plus tard possible – le croque-mort mettrait son plan à exécution. A cet instant, Joann le savait, elle échangerait volontiers sa vie pour la sienne... Sans même hésiter.







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MessageSujet: Re: /!\ Under the veil of fears   Jeu 23 Nov 2017 - 21:39
Ça ne ressemblait pas au baiser qu'ils avaient échangé le mois précédent. Lorsqu'il avait mal interprété ses signes ou plutôt… qu'il avait été trop vite ? Trop tôt ? Trop audacieux ? Joann lui répondit, fiévreusement, l'attirant à elle, agrippant les fibres de son pull démodé. Il avait senti ses ongles griffer son torse, ça lui avait procuré un agréable frisson. Comme si la douleur faisait partie de leur package, avec leurs sombres ambitions et leur cruauté sans limite. Sentant que la trentenaire répondait, l'étudiant osa être un peu plus aventureux, glissant une main – néanmoins trop maladroite – le long  de sa taille. C'était étrange, comme gagner à une loterie millionnaire. Il ne se sentait pas complètement à la hauteur, dépassé, déphasé, assommé.

Le cadet Blackmore était essoufflé quand l'escort-girl s'écarta légèrement. Il avait cessé de respirer, submergé par une émotion indicible, grisante. Front contre front, leurs respirations se mélangeaient. Jamais il n'aurait cru. C'était une ritournelle dans son crâne ; depuis leur dernière explication à cœur ouvert, il s'était résigné. Alors aussi troublé et fébrile qu'il était, Swann ne put empêcher un léger sourire indéchiffrable quand son aînée lui annonça qu'ils étaient différents, qu'ils s'appartenaient l'un à l'autre. Ça voulait tour dire. Nul besoin de déclaration d'amour ou de mots délicats, parce qu'ils n'étaient pas comme ça. Il savait qu'à dater de ce moment, ils seraient exclusifs, se garderaient jalousement et se défendraient férocement.

Leurs lèvres s'épousèrent encore, capturant au vol une promesse qu'il comptait bien tenir. Elle et lui. Ensemble. Ils auraient le monde à leurs pieds. Le jeune homme sourit encore en entendant que Joann répétait une phrase qu'il lui avait dit, signe qu'elle avait fait son bonhomme de chemin depuis, implantée comme un virus. La main qui enveloppait sa joue glissa à son tour jusqu'à sa taille, ses doigts s'enfoncèrent dans la peau qu'il devinait chaude à travers les vêtements, en simple signe de possession.

- Les autres… ne comprendront jamais totalement…, souffla-t-il sans préciser s'il parlait de leur relation ou de leur façon de penser qui outrepassait l'extrémisme de l'idéologie du camp, et mes… mes sentiments pour toi n'ont pas changé. Malgré…, il songea un instant à Evelyn, à sa candeur, à ses trains fins, à ce qu'il lui avait assuré, je te choisis toi, affirma-t-il en baissa la voix d'un ton, je te choisirai toujours toi.

Et qu'importe les ragots, les opinions, ou même les états d'âme de celle qu'il avait ensorcelée par défaut. Le cadet Blackmore ne pouvait refouler cette attirance pour les principes d'une civilisation qui n'existait plus. Il avait Joann dans la peau, incrustée sans sa chair et imprimée dans ses nerfs. Ça devait être pour ça qu'il la serrait si fort. Parce qu'il avait trop peur que ce soit un mirage et qu'elle ne disparaisse dans un écran de fumée.

- Qu'est-ce qui s'est passé, demanda Swann alors que son corps n'aspirait qu'à s'unir au sien, qu'est-ce que… qu'est-ce qui ne va pas ?

Il la connaissait assez maintenant pour savoir que l'escort-girl ne donnait – ni ne craquait – pas pour rien. Elle était à son image : une glace sans teint derrière laquelle se cachaient des émotions que trop peu de gens étaient digne de lire. Alors Swann ne voulait ni briser cet instant, ni la braquer, mais ses yeux gris cherchaient dans les siens. Ils parlaient là où il n'avait plus les mots. Elle pouvait tout lui dire, tout avouer, tout lâcher, même le plus atroce des secrets. Avec elle, il signait sans hésiter l'aller simple pour l'enfer qu'on lui avait promis.
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MessageSujet: Re: /!\ Under the veil of fears   Jeu 23 Nov 2017 - 22:02


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Ft Swann
Elle se fichait bien des autres, elle n'avait cure de leurs jugements ou de leur sale manie de se mêler d'autres choses que de leur propre vie. Swann et elle étaient bien au delà de ça, et bien qu'elle l'avait toujours ressentie, plus précisément d'ailleurs lorsque le Polonais lui avait certifié être capable de leur ressembler, Joann avait réprimé tout ce qui pouvait véritablement l'associer à lui. En un sens, ce n'était pas contrôlé ou voulu, ou peut-être que si. Peut-être qu'à force de repousser les moindres petites choses capables de vous faire ressentir, aussi futiles soient les sensations, vous étiez simplement convaincue de n'être qu'un morceau de chair et de sang inatteignable. Mais à l'instant, alors que sa main rejoignait l'autre à sa taille, qu'il la serra avec ferveur et une certaine poigne qu'elle ne lui soupçonnait guère, Cain jeta un regard envieux à ce geste pour ensuite revenir s'enivrer aux lueurs sombres de ses prunelles. Il la choisissait elle, il la choisirait toujours et quoi qu'il advienne. L'assurance dans sa voix lui fit l'effet d'une bombe en plein cœur, une détonation sublime qui fit s'éparpiller quelques éclats dans l'organe qui lui appartenait désormais. Si elle avait pu, pour signer ce pacte aussi délicat qu'il était sombre, la Canadienne se le serait sans doute arraché pour le lui remettre. Entre ses paumes il serait en sécurité, plus en sécurité qu'ailleurs...

Dans ses veines chaque sensation débridé s'échappait librement, comme si tout ce temps elle n'avait jamais vécu pleinement son existence comme si, subitement, la pièce manquante rejoignait le puzzle qu'elle était et l'achevait pour la plus grande satisfaction de son auteur. Ils seraient liés, ils l'étaient déjà sans doute depuis le premier regard échangé néanmoins, si cette vie n'avait guère était leur, si le monde ne s'était guère écroulé, sans doute ne l'aurait elle jamais rencontré... A cette pensée alors qu'elle dénotait les diverses teintes de ses yeux, comme elle l'avait fait sous les brumes alcoolisés du mois précédent, Joann lui rendit l'esquisse qui disparaissait de ses lèvres. La mort, l'obscurité, tout cela les avait rapproché alors que pour d'autres, au dehors et à s’apitoyer sur leur pauvre sort inutile, se morfondaient sur leur existence d'antan. Grignotés par les regrets, les remords, ces abrutis ne voyaient pas que là où la lumière ne s'étendait pas, il était bien plus simple et agréable de perdurer. On se cachait dans l'ombre, on se complaisait dans la pénombre, les pires choses, les émotions les plus fortes, comme l'hystérie, la folie meurtrière, ou même la sexualité, prenait un tout autre sens dans l'obscurité. C'était malsain oui, mais sans doute plus palpitant encore que de se cantonner à des règles et une bienséance sans plus d'utilité. L'univers leur avait dit merde, et alors ? Les faibles s'agenouillaient tandis que les forts s'élevaient, quant à eux... Swann et Joann, non content de s'être affirmés dans cette survie infernale, ils avaient eu la chance inouïe de se trouver, et se complaisait à leur manière dans ce que la vie, similaire à l'enfer sur terre, avait à leur donner.

Blackmore l'avait emporté dans son monde, et elle dans le sien, leurs empreintes mutuelles marquaient leurs esprits et, désormais, il était inutile de songer à les séparer de quelques manières que ce fut... Malgré tout, en y songeant, alors qu'il lui quémandait ce qui l'avait poussé à venir, à vider son sac de façon si vive et inattendue, Joann ferma les yeux une secondes. Elle le revoyait parfaitement ce type, elle sentait encore la brûlure de sa propre lame, là, juste au contour de sa clavicule droite. Elle entendait ses mots, sa promesse lugubre, résonner dans son crâne et à l'instant où elle rouvrit les  yeux pour ne plus voir que lui, Swann, la jeune femme déglutit tandis que son regard se chargeait de désolation. En un sens, même si elle l'aimait à s'en faire péter les veines, elle venait peut-être de le condamner. Ce n'était pas elle que cet enfoiré voulait achever, bien qu'il lui avait affirmé vouloir l'autopsier vivante, mais c'était lui, lui qui, par chance et même si ça l'avait désolé aux prémices de l'affrontement, n'était guère sur les lieux. Pas un mot ne fila ses lèvres alors qu'elle logeait une main dans la sienne pour l'attirer dans le salon et le pousser à prendre place sur le sofa. Ses phalanges ne brisèrent pas le lien une seconde, pas même lorsqu'elle s'installa à même la table basse pour lui faire face et ancrer ses yeux aux siens.

Premièrement, Joann lui expliqua la situation, la présence de ce groupe, la manière dont tout s'était déroulé, jusqu'à parler de son rôle dans l'histoire. De sa froideur implacable quand elle avait saisi cette femme, avec quel sadisme elle l'avait poussé à s'agenouiller face à la mort, face à l'homme qui la suppliait de lui laisser la vie sauve. Jusqu'au moment où tout avait dérapé, où la vie... cette vie si inutile tant elle était faible, avait quitté les yeux bruns de cette Mexicaine. Swann l'observait avec attention, ne se doutant pas qu'au fond, même si elle n'avait rien regretté en appuyant sur la détente, qu'en somme elle débarrassait le monde d'un futur parasite qui s'en prendrait à l'un des leurs, à l'instant où elle suivait le mouvement de ses iris, elle aurait souhaitait revenir en arrière en sachant tout ce qu'elle savait désormais. Ainsi, la brune serait en vie, peu importait, et personne ne lui aurait promis de l'arracher à elle un jour prochain.

- J'ai jamais eu de remord. Lui sourit-elle piteusement avant de dégager le col de son top pour lui montrer les points qui s'étalaient le long de sa clavicule.

La cicatrice resterait, le médecin lui avait dit plus tôt, rien ne pourrait l'en débarrasser et chaque jour elle aurait ça sur la conscience. Ça la hanterait, ça serait douloureux oui, mais lorsqu'il crèverait, de la même façon qu'elle avait achevé ce fameux cadavre suite à leur fuite, elle serait libre...

- J'ai tué sa petite amie. Reprit-elle en lui intimant, sans devoir en dire davantage, que l'auteur de cette balafre n'était autre que l'amant de cette pétasse. Et j'm'en veux parce que... Au delà d'avoir compris qu'il n'y avait que toi, qu'il est à l'origine de ce revirement, il m'a promis qu'il te tuerait pour que je ressente ce qu'il ressentait. Ses yeux brillaient, pour autant elle ne lâcha aucune perle, se contentant d'étreindre sa main tandis que son autre paume glissait à la nuque de son âme sœur. Mais ça n'arrivera jamais... Jamais j'te l'promets. Siffla-t-elle d'une voix plus cynique et dénué de douceur. J'le crèverai avant, comme le premier qui te touchera.

Sur ses mots, Joann songea au baiser ignoble que le croque-mort avait imprimé sur ses lèvres et sentit le besoin irrépressible de noyer cette image en la remplaçant par celle des minutes précédentes au point que son cœur roula dans la loge en bien plus de ferveur. Un nouveau sourire illumina ses traits, ce dernier plus complice, plus léger afin que la tension entre eux ne retombe pas.

- Qu'est-ce que tu veux faire maintenant ? Elle savait qu'elle employait la même phrase que lorsqu'ils s'étaient mis à boire mais, aujourd'hui, elle avait bien plus de sens qu'elle n'en avait à cette époque...






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MessageSujet: Re: /!\ Under the veil of fears   Jeu 23 Nov 2017 - 22:14
Les doigts qui s’unirent aux siens lui donnèrent un frisson. Un autre. Il ne pouvait se détacher de son regard, ni se soustraire à son charme. Fût-elle une succube qui dévorerait son âme, il avait accepté le marché depuis longtemps. Swann se laissa guider vers son propre salon, s’assit sur son canapé, suivit des yeux son geste alors qu’elle s’asseyait face à lui. Tout était comme posé sur du coton. Fragile. Instantané. Ce moment de fébrilité était une parenthèse, l’une des rares que Joann s’accordait, alors il l’écouta sans mot dire. La mission à laquelle elle avait pris part, les complications, ce groupe de survivants qui leur avait tenu tête et ce… ce type qui avait osé porter la main sur elle. Ses mâchoires s’étaient serrées, un léger tic agitait le coin de ses lèvres. Il regrettait de ne pas avoir été là-bas… dans une équipe comme dans l’autre, tout aurait été mieux s’ils avaient été ensemble.

Ses orbes d’orage étudièrent la blessure sur l’épaule de la trentenaire. Si nette. Si évocatrice. La preuve qu’ils devaient faire le tri plus férocement encore, que trop nombreux étaient ceux qui ne méritaient pas de les rejoindre. Pour lui, il n’y aurait pas de deuxième chance, pas de rédemption possible. Pour avoir abîmé la femme qu’il admirait, cet homme paierait au centuple. Un jour. Car leur monde était destiné à s’agrandir, encore et encore. Si cette ordure était encore vivante lorsque leur armée viendrait frapper à sa porte, l’étudiant l’écharperait lui-même.

- Je…

Il allait lui dire qu’il n’avait pas peur, que ce n’était qu’une promesse grandiloquente lâchée dans le vent par un individu qui n’avait ni le courage, ni la force, ni l’audace de se venger lui-même. Les mots n’avaient jamais tué personne ; au mieux, ils empoisonnaient, et c’était exactement ce qui arrivait à l’escort-girl. Elle glissa une main dans sa nuque, Swann se sentit électrisé. Imperceptiblement, il se penchait en avant ; subjugué, attiré, ensorcelé. Le sourire en coin qui avait fendu ses lèvres au moment de sa promesse s’élargit encore plus lorsque Joann lui demanda ce qu’il voulait faire. C’était primal, animal, mais les hormones le rendaient fou – il en avait envie depuis bien trop longtemps.

- Euh… je… et bien…

Les mots mettaient bien trop de temps à s’assembler dans son esprit embrumé. Les gestes étaient bien plus parlants, plus instinctifs, plus intuitif. Tirant doucement sur la main unie à la sienne, le jeune Blackmore lui fit comprendre qu’il voulait qu’elle approche. Qu’elle se détache de la table basse pour venir au-dessus de lui, l’enfermant entre ses cuisses. La trentenaire le dominait alors d’une tête, une position sensuelle qui enflamma les sens encore amateurs de l’étudiant. Les yeux à hauteur de la poitrine de la brune, il rougit et pencha la tête en arrière pour se forcer à trouver son regard. Il adorait ça. Qu’elle soit capable de l’allumer à lui en faire perdre le fil de la conversation. Sa bouche s’ouvrit trop tôt, brassant l’air quelques secondes, pour qu’il parvienne enfin à laisser sortir sa tirade.

- Tu ne devrais… pas t’en vouloir…, souffla-t-il dans leur cocon dessiné par la proximité, ce qu’il t’a dit… ce n’est que la parole d’un sauvage qui… a perdu de vue la civilisation depuis longtemps, son expression devint carnassière, une étincelle cruelle se mêla à la lumière lascive de ses pupilles, ils méritaient tous une balle dans la tête. Avec nous ou contre nous, c’est comme ça que ça marche. Crois-moi, il marqua une pause, je ne mourrai pas. Et quand on retrouvera ce troupeau de sous-hommes… si ce type n’est pas encore mort, je m’en occuperai. Il regrettera de ne pas avoir fini comme sa…, il grimaça comme si la simple idée que quelqu’un extérieur au camp puisse avoir des sentiments le révulsait, « petite-amie ».

Et alors, ça n’aurait été que des paroles en l’air. Tout son charabia, réduit à une incantation de conte pour enfant. Swann lui montrerait : le monde réel ne s’arrêtait pas aux promesses. Il s’arrêtait là où leur ville l’aurait décidé.
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MessageSujet: Re: /!\ Under the veil of fears   Jeu 23 Nov 2017 - 22:57


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En un clignement de cils, il lui semblait lire dans ses pensées avec clarté. Plusieurs fois déjà Joann avait cru déceler ce qui passait par la tête du jeune homme, cependant aujourd'hui tout était plus sensé, véritable, ça n'avait plus rien des fantasmes qui le parcouraient et qu'elle imaginait à ses heures perdues pour savoir de quelle manière agir – plus tard – afin de garder main basse sur lui. Swann désirait qu'elle approche, qu'elle soit sienne physiquement, elle n'en désirait pas moins et en un écho de son cœur, sa silhouette abandonna la table au profit de son corps brûlant. Ses doigts ne relâchèrent pas sa nuque, ils savourèrent davantage ce contact en glissant entre ses mèches tandis que ses yeux sillonnaient son visage où la roseur s'étendait sans malgré tout lui nouer la trachée. L'étudiant avait changé en si peu de temps, non content d'être devenu plus résistant, plus fort et acerbe, il se trouvait une assurance – encore timide – qui lui promettait qu'à l'avenir ils seraient l'un et l'autre sur un même pied d'égalité.

Ici et contre lui, tandis que son bras meurtri s'élevait vers sa mâchoire, la jeune femme fit dévaler les phalanges contre sa gorge à l'instant où l'envie irrépressible de river ses lèvres aux siennes lui arracha de lourds engourdissements. Elle devait attendre encore, le laisser parler, le laisser s’accommoder à sa présence et à ce changement entre eux puis, quand tout serait dit, il n'y aurait plus qu'eux et l'expression physique des sentiments qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre, l'impatience était parfois au moins aussi lancinante que le passage à l'acte, elle le savait bien même si, présentement, son état fiévreux dépassait l'entendement, murmurant au creux de son oreille que rien ne serait jamais ainsi avec un autre. Des juges les auraient enfermé pour trouver quelconque plaisir à évoquer la mort de pauvres parasites sans valeur sinon celle qu'ils s'accordaient, Cain, elle et à chacun des mots prononcé y trouvait son compte et une satisfaction malsaine qui ne faisait que faire s'élever la chaleur dans son organisme. Ses joues aussi rosissaient, elle l'enviait plus qu'elle n'avait envier quiconque dans son existence et être à un cheveu de se l'approprier totalement galvanisait son âme tout autant que ses mots, cette promesse sadique et meurtrière, l'enivrait. Il l'aimait à ce point là, au point que tuer n'était qu'une broutille... Elle en ferait de même, si quelqu'un pouvait un jour la briser ce serait lui et vice et versa. Pourtant, quand elle captura ses derniers mots, un sourire étrange, teinté de cynisme malgré l'air mutin qu'il lui donnait, l'invita à ramener les deux paumes contre sa nuque.

- Il aurait du m'achever. Murmura-t-elle en penchant les lèvres à sa gorge.

Déja la pointe de son nez suivait les battements vifs de sa carotide jusqu'à ce qu'elle se hasarde à l'embrasser. Son corps se tendait sous ses propres gestes, Joann ne maîtrisait pas grand chose alors qu'ordinairement cela n'était qu'une pulsion animale. Qu'elle se fichait des répercutions et du reste dès l'instant qu'elle y trouvait un certain plaisir. C'était simplement différent mais quand elle logea une main à son cœur, une sensation familière l'envahit en lui apportant quelques clichés d'une soirée dont elle n'avait aucun souvenir jusqu'à lors. Cette mélodie, même si pour l'instant les basses embrassaient simplement sa paume et qu'elle ne l'entendait pas séduire son oreille, elle l'aimait.

Rien ne lui pendrait au nez à l'heure actuelle... Termina-t-elle par sourire, un sourcil arqué, en sachant parfaitement que Swann serait capable du pire pour ses beaux yeux.

Et subitement une autre évidence la marqua si cruellement qu'elle se tendit davantage. Stanley lui avait parlé de soulever des montagnes pour celle qu'il aimait, à l'instant elle avait simplement éprouvé le désir de connaître pareille chose, d'être adorée si fiévreusement que rien n'en serait jamais bon ou mauvais. Blackmore venait simplement de lui affirmer que ce serait le cas. Son regard se planta alors dans le sien, ses doigts resserrèrent leur prise sur ses mèches qu'elle tira doucement afin que sa gorge soit à portée de lèvres.

- J'aurai pu rester aveugle longtemps... Mais c'est plus l'cas. Lâcha-t-elle en se penchant sur lui, à quelques millimètres de ses lèvres. J'pensais bêtement que j'avais une quelconque emprise sur moi, mais non... Suspendit-elle en laissant audace à leurs pétales de flirter sans jamais se sceller. toi tu en as sur moi, sinon comment tu expliques que je n'me sois pas éloignée, jamais... ?

Cette question resterait peut-être sans réponse mais peu lui importait, Cain était convaincue de ses dires comme lui l'avait convaincu qu'il la méritait plus qu'un autre type de leur ville. Rien n'avait plus d'importance que lui à ses yeux noisette, dans son cœur et l'entièreté de son corps, au sein même de ses entrailles, il n'y avait plus que lui qui comptait. Cela pouvait paraître fou ou dénué de sens aux regards extérieurs, mais pas pour elle qui, bien qu'elle n'estimait pas sa liberté pour la savoir trop coûteuse depuis sa malheureuse expérience passée, trouvait grisant, sensuel même, d'appartenir à une personne tel que lui. Il n'y avait besoin d'aucun document pour le spécifier, d'aucun anneau, d'aucun oui prononcé à la va vite devant quelqu'un d'assermenté, tout cela n'avait aucune valeur, aucun sens, lorsqu'elle l'observait avec la certitude profonde que leur promesse était bien au delà des conneries spécifiées par des lois révolues. Eux, des amants qui n'auraient jamais pu poser les yeux l'un sur l'autre dans une vie régit par des textes imbéciles, étaient comme des intrus sur cette terre bouffée par la mort. Même Casey, même Stanley qu'elle estimait comme sa propre famille, celle qu'elle s'était choisie, ne pourraient jamais vraiment les comprendre. Peut-être étaient-ils fous, ou peut-être étaient-ce eux qui étaient normal et le reste du monde ravagé par la situation... Personne ne le saurait jamais mais ça n'avait aucune sorte d'importance le temps qu'ils se comprenaient sans avoir à ouvrir la bouche.

Joann pinça la lèvre entre ses dents et déposa la tempe contre son épaule. Cette sensation l'apaisait, bien mieux que la nicotine dont elle avait indéniablement besoin en temps normal, bien plus que n'importe quel alcool capable d'altérer ses sens et de lui brouiller l'esprit. Là où par son absence elle se sentait incomplète, sa présence devenait comme un palliatif à toutes choses. Un bouclier contre le mal et ses horreurs. Swann devenait son ombre, l'ombre dans la lumière trop vive, cet endroit où il était fascinant de se perdre sans plus vouloir en ressortir...

- Tu les as tué ? Sourit-elle en redressant les cils pour capturé l'esquisse de son profil. Elle parlait de ces hérétiques, ces cinglés ayant eu l'audace de lui tirer dessus. D'ailleurs, quand Donovan lui avait spécifié qu'il gagnerait l'hôpital avec lui, Joann n'avait eu qu'une envie, se joindre à eux. Le fait que le chef des troufions lui refuse l'avait pincé, pire encore lorsqu'elle avait su avec qui elle serait dépêchée à la caverne pendant que Swann ferait face aux ravagés de la clinique. La réponse lui parvint et la chaleur combla ses veines avec hardeur. J'suis déçue de n'pas avoir été conviée à m'joindre à vous, mais finalement c'est un mal pour un bien non ? L'interrogea-t-elle en se redressant suffisamment pour sentir sa respiration se mêler à la sienne.

Les choses étaient dites, les actes passés, désormais l'avenir leur tendait les bras et elle se fichait du reste le temps que le cœur, qui battait à sa gorge et contre lequel ses phalanges s'éternisaient, battait encore, tout lui était égal...






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